‹ Histoire des femmes médecinsChapitre 37 sur 181 · Das Weib · texte numérisé non relu

Das Weib

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que les conséquences de cette situation se firent encore sentir après la chute de l’indépendance. La nation hellène subsistait malgré tout et ni la bataille deChéronée, ni la prise de Corinthe ne terminèrent son histoire. Certes, la Grèce héroïque qui arrêta l’immense armée des Perses et produisit des Miltiades,' des Thémistocles, des Léonidas, des Epaminondas, et des Philomèles avait cessé ^l’exister ; mais l’autre, celle qui porta si haut le flambeau de la science, celle qui enfanta tant de chefs-d’œuvre littéraires et qui par le pinceau et par le ciseau surprit la divine beauté de la forme, cette Grèce qui frayait pour l’humanité la route vers le beau et le bien existait encore.

C’est elle qui a civilisé Rome et qui jusqu’à l’origine du moyen âge, a exercé sur le monde, alors connu, une influence considérable. Son génie s’est développé d’une façon très régulière ; toutes ses grandioses productions étaient contenues en germes dans l’esprit des premières époques. Il en est de même pour le développement que prirent l’étude et l’exercice de la médecine par les femmes.

A l’époque gréco-romaine les femmes médecins devinrent très nombreuses, les faits que nous citerons l’établiront suffisamment. Si nous en cherchons les causes, naus voyons qu’il n’y a aucune analogie entre les raisons qui motivèrent alors ce mouvement et les raisons actuelles.

Aucune révolution économique ou sociale, pareille à celles du XIX siècle, n’appellait les femmes aux occupations de l’homme, et, le développement de l’institution des femmes médecins apparaît simplement comme un fait normal, comme la conséquence nafere/Ze de la phase d’indépendance dont nous avons parlé.

Il est ppssible que la « Grande Grèce » (Italie méridionale) habitée par les Doriens ait joué un rôle considérable. C’est là que nous retrouverons plus tard l’école de Salerne

et c’est surtout là que devaient se préparer les médecins et les femmes médecins grecques qui se rendaient à Rome.

D’ailleurs, aussi bien dans la période alexandrine que dans la période gréco-romaine, la femme grecque, née n’importe où, en Asie Mineure, en Egypte, en Grèce ou en Italie, présente un haut degré de développement intellectuel. Ainsi, nous rencontrons parmi les femmes grecques de cette époque de grands peintres (par exemple Lalla de Gyzique), des philosophes, comme Asclépigénie, fille de Plutarque le jeune ou Arrie, la Platonicienne, des historiennes comme Pamphilé, des mathématiciennes, comme cette Hypatie, la plus célèbre des femmes de son siècle, professeur d’astronomie et d’algèbre à Alexandrie, victime de la haine aveugle des moines orthodoxes contre la science.

Les premiers renseignements que nous ayons sur les femmes médecins de cette époque se trouvent dans Pline, Il en mentionne plusieurs dans son histoire naturelle : Olympias la Thébaine, auteur de plusieurs prescriptions contre les maladies des femmes (les mauves mélangées avec la graisse d’oie doivent provoquer l’avortement (i); comment provoquer les règles?) (2). Salpé, laquelle avait écrit sur les remèdes dans les maladies des femmes (3), et dont Pline donne : un emméxragogue, un remède contre les affections des yeux, un Uniment contre l’insolation (4) et un mélange épilatoire (5) ; Sotira, une iatromaïa grecque à laquelle il attribue un traité sur le traitement des fièvres (on la croit aussi l’auteur d’un manuscrit de la bibliothèque de Florence, intitulé « Gynaecia ») (6) ; enfin, Lafs, qui,

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