‹ Histoire des femmes médecinsChapitre 4 sur 181 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Le travail que nous présentons est l’œuvre de plus de quatre années d’investigations et de recherches. Toute jeune, quand déjà nous songions à la carrière médicale et rêvions de la suivre, nous ne pouvions entrevoir toutes les difficultés qui se dressent devant une femme. On nous prévint, d’abord, qu’une femme médecin n’était plus une femme : mais un être à part, hors nature ou tout au moins excentrique. Nous avons néanmoins persisté dans nos intentions et malgré tout poursuivi jusqu’au bout nos études médicales.

Parmi nos maîtres nous en avons rencontrés de bienveillants ; d’autres pour lesquels il n’existait pas de différence éntre étudiants et étudiantes, leur sympathie allant aux plus méritants; d’autres enfin, faisant appel aux étudiants de préférence aux étudiantes plus avancées dans leurs études. Ces derniers n’admettaient pas qu’une femme puisse être aussi bon médecin qu’un homme et déclaraient quelquefois très catégoriquement, qu’ils étaient opposés aux études médicales des femmes.

Parmi les prosecteurs et les internes nous avons également rencontré d’excellents camarades ; mais, il s’en est aussi trouvé d’autres, dont les trop grandes prévenances

étaient aussi blessantes que la brusquerie de certains. Aussi, bien souvent, avons-nous été amenée à nous poser cette question : « La femme est-elle une intruse à l’École de médecine? »

A cette question obsédante, nous avons voulu donner une réponse et nous avons été ainsi conduite à écrire VHistoire des femmes médecins.

Nous n’avions prévu ni l’étendue du travail, ni les recherches qu’il nous faudrait faire dans les bibliothèques, parmi manuscrits et imprimés, ni l’enquête personnelle à laquelle nous devions nous livrer, le seul livre traitant de la question, celui de Schacher {De feminis ex arte medica Claris) datant de lySS.

Ce premier essai d’une histoire des femmes médecins, doit donc forcément être très incomplet et nous accepterons avec gratitude toutes les indications qui pourront nous aider à combler les lacunes.

En signalant l’article de Beaugrand dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales de Dechambre (Femmes-Médecins) qui nous fut d’un grand secours, nous tenons à remercier ici tous ceux qui nous ont aidée de leurs travaux, de leurs conseils et de leurs documents. Qu’il me soit permis de nommer M. le docteur Bureau, bibliothécaire de l’Académie de médecine, dont la bienveillance est bien connue de tous les lecteurs de la bibliothèque, MM. Bugiel et Jean Jullien sans lequel — je l’avoue sans fausse honte, — je n’aurais jamais pu mener à bonne fin ce travail.

Que mes maîtres des hôpitaux reçoivent également mes sincères remercîments et spécialement MM. Ballet, Berillon, Brissaud, Brocq, Ghevallereau, Louis Jullien, Landouzy, Launois, Maygrier, Pinard, Pozzi, Raymond, Thoinot, Walther. Merci encore à mes correspondants et correspon-

dantes, à mes amis, à mes camarades, à tous ceux qui m’ont encouragée et soutenue dans les moments difficiles de l’existence. J’espère arriver par mon travail à leur prouver toute ma reconnaissance et leur montrer que j’étais digne de leur sympathie et de leur bienveillance.

Mélanie LIPINSKA.

PREiVllÈRE PARTIE

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