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i492-i494-i495-i496“i49o- Une femme-médecin juive. Elle était étrangère, mais probablement assez aimée, puisque, pour qu’elle restât, on lui diminua son impôt de nuit (somme payée par chaque juif d’une autre ville pour chaque jour passé à Francfort). Au contraire, on rejeta la demande qu’elle présenta pour pouvoir vivre hors de la rue des juifs (Judengasse).
En 1494, on défend à une femme médecin juive anonyme de traiter les malades, et quand elle demande la permission de soigner « les femmes honnêtes », on le lui défend aussi. Dans les Beedbücher de i495, 6 et 9, on cite « la médecienne de la rue des Juifs. »
1495. Une vieille médecienne. Il faut faire appeler la « vieille médecienne et lui demander, en présence des médecins, ce qu’elle a donné à la femme. » ,
Wiener (i) signale, au commencement du xv® siècle, une femme médecin à Wurzbourg :
Le 2 mai i4i9j l’évêque de Wurzbourg, Jean II, donna à la femme-médecin juive Sara la permission d’exercer dans l’évêché de Wurzbourg, à la condition de payer 10 florins d’impôt annuel. L’impôt que payaient les juifs allemands tous les Noëls (dit goldener Opferpfennig) fut réduit pour elle à deux florins. Vingt jours après, le nom de la même femme-médecin se rencontre de nouveau dans les actes. Le chanoine de Wurzbourg,’dom Reinhart voii Masspach, lui donne la permission d’entrer en possession des biens de Frédéric von Riedern, achetés par elle (2).
1. Wiener : Regesten zur Geschichte der Juden in Deutschland wahrend des Mittelalters. Hannover, 1862, p. 189 (cité in Landau : Gechichte der jüdischen Arzte. Berlin, 1896, p. io3).
2. Nous venons de rencontrer parmi les femmes médecins des juives. Ceci est assez naturel : les juifs, au moyen âge, s’occupaient beaucoup de médecine. Quant à l’éducation des femmes israélites. il faut reconnaître avec Abrabams que, si les femmes juives ne pouvaient pas pré-
Les deux grands Etats qui avoisinaient la France et l’Allemagne, soit l’Angleterre à l’ouest et la Pologne à l’est, possédaient aussi des femmes-médecins. Pour l’Angleterre, nous en avons la preuve dans le recueil des lois ecclésiastiques d’Edgar, roi d’Angleterre. On y lit :
Possunt et vir et fœmina medici esse (L’homme et la femme peuvent être médecins) (i).
En Pologne, les documents contemporains signalent à Posnanie (Posen), en 1278, une medica Johanna (2). En 1871, on en rencontre une autre à Gracovie. « Si ce n’est pas une faute du copiste, dit le docteur Swiezawski dans son travail sur les médecins en Pologne au temps de Casimir-le-Grand, c’est-à-dire si le copiste ne s’est pas trompé en mettant medicae au lieu de Medicae^ce, qui serait un nom propre, Gracovie eut, en 1871, une femme-médecin. Je lis, en effet, dans les actes de notre ville que cette année-là « l’échanson (pincerna) Gatharinæ medicae (de Gatherine la médecienne) fut chassé de la ville pour coups et blessures (8). Les faits cités font que nous ne pouvons y croire à une faute de copiste.
L’histoire de la Pologne a conservé encore le nom d’une femme qui s’est occupée de médecine sans l’exercer cependant ; c’est Elisabeth, sœur du roi Gasimir-le-Grand et femme de Gharles P’', roi de Hongrie. On lui attribue l’intendre, comme les femmes chrétiennes, à un degré d’instruction plus considérable que celui de leurs maris et de leurs frères, néanmoinsi elles étaient parfois très instruites et versées dans les sciences (Abrabams : Jewish life in the middle âges. London, 1896, p. 342).