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CHAPITRE XII

L’Espagne

Son haut niveau intellectuel au xve et au xvie siècle. Beaucoup de femmes excellent dans les lettres et dans les sciences. — Le xviie et le xvm° siècle. — La comtesse Chinchon introduit la quinine dans la thérapeutique. — Madame Oliva Sabuco; Son livre : Nueva filosofia de la naturaleza del hombre (Nouvelle philosophie de la nature de l’homme).

Après l’Italie," ce fut l’Espagne qui brilla du plus vif éclat au XV® et au xvi® siècle. Les guerres d’Italie lui avaient

I. Islria (Dora) : Des femmes, I, 260. Mazzetti ; Répertoria etc., p. 108-109.

donné le goût des lettres anciennes^ le culte de la forme s’y était introduit, et le développement de la puissance gouvernementale avait secondé ces tendances rénovatrices.

Depuis la Renaissance jusqu’au premier quart du.xvii® siècle, l’Espagne a produit un si grand nombre de talents en tous genres, et de si remarquables, qu’elle ne redoute la comparaison avec aucune des nations les plus éclairées.

Sans crainte d’exagération on peut dire que l’Espagne doit en bonne partie cette grandeur au tact et à l’intelligence d’une femme : Isabelle de Castille. Cette fondatrice de la puissance espagnole était aussi une des femmes les plus instruites de son pays. Elle apprit le latin, et appela auprès d’elle des savants de premier ordre pour faire l’instruction de son fils Jean, et de ses deux filles, Jeanne et Catherine. Les deux infantes étudièrent avec ardeur et Vivès rapporte avec admiration que Jeanne était capable d’improviser des harangues en latin ; tandis qu’Erasme dit des merveilles de la science de Catherine (i), femme d’Henri VIII d’Angleterre.

Avant Isabelle, les femmes consacraient déjà avec prédilection leur temps à l’étude.

La féodalité qui régnait alors en Espagne, avait développé^ l’instruction chez les femmes, et l’une d’elle : Dona Beatrix Galindo, professeur de latin et de philosophie à l’université de Salamanque (2), avait enseigné le latin à la reine. L’exemple royal contribua beaucoup à développer ce goût pour l’instruction; et, jusqu’au xviiie siècle, nous voyons des femmes exceller dans les lettres, dans les sciences, et conquérir même les titres scientifiques des Universités.

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