Mathfrid (ou Maffre), comte d'Orléans
10 DE LODHARIO IN PATREM INSURGENTE (830)
hinc inde quod pater statuerat Lodharius diruere, etsi non manifeste, occulte studebat. Ad quod Bernardum quendam, ducem Septimanie, pater in supplementum sibi sumens, camerarium constituit' Karolumque eidem commendavit ac secundum a se in imperio praefecit. Qui dum inconsulte re publica abuteretur, quam solidare debuit, penitus evertit.
Per idem tempus Karolo Alamannia per edictum traditur 2. Tum tandem Lodharius®, quasi justa querimonia reperta, tam fratres quam ? et universam plebem veluti ad restaurandum: rei publicae statum animabat $. Quamobrem, pariter cum omni populo, patri ad Compendium superveniunt *, reginam velaverunt ÿ, fratres * ejus Cunradum et Rodulfum * totonderunt atque in Aquitaniam servandos ‘ Pippino commiserunt ÿ. Bernardus quoque, fuga lapsus, in Septimaniam se recepit ; Eribertus frater ejus, captus ac luminibus privatus, in Italia custodiendus traditur #7. Et Lodharius quidem, eo tenore re publica adepta, patrem et Karolum sub libera custodia servabat. Cum quo monachos, qui eidem vitam monasticam traderent et eandem vitam illum assumere suaderent, esse praeceperat *.
a. Lodhatrius 4. — b. Fol. 2 n°, col. 1, de A. — c.restaurandam corrigé en restaurandum À. — d. fratribus 4. — e. Rudulfum corrigé en Rodulfum 4. — f. servando À. — g. traditus corrigé en traditur À.
1. En août 820. Sur le rôle de Bernard, cf. J. Calmette, De Bernardo sancti Guillelmi filio [thèse de la Faculté des lettres de Paris], Toulouse, 1902, in-8°. Sur l’importante charge de « chambrier » au 1x° siècle, consulter G. Waitz, Deuische Verfassungsgeschichte, t. III, p. 502 et suiv. ; P. Viollet, Histoire des institutions politiques et administratives de la France, t. IT, p. 238; Hincmar, De ordine palatu, publ. et traduit par M. Prou (Bibliothèque de l'École des hautes études, sciences historiques et philologiques, fasc. 58), p. 56-58.
2. Lors de l’assemblée générale de Worms, au mois d’août 820.
RÉVOLTE DE LOTHAIRE (avril 830) II
Charles ; aussi Lothaire s’efforça-t-il désormais, tout en dissimulant, de ruiner par ses manœuvres occultes ce que son père avait décidé. C’est pourquoi Louis prit comme appui un certain Bernard, duc de Septimanie, qu’il créa chambrier!, lui confia Charles et lui donna le second rang dans l'empire, aussitôt après le sien. Mais Bernard, abusant inconsidérément de son pouvoir dans l'État, bouleversa de fond en comble ce qu'il aurait dû, au contraire, consolider.
En même temps, le pays alaman fut attribué par édit à Charles?. Alors Lothaire, sous le prétexte, enfin trouvé, d’un juste sujet de mécontentement, se mit à exciter ses frères et tout le peuple en alléguant la nécessité de restaurer l’État3. C’est pourquoi ils allèrent, suivis de toute une foule de gens, surprendre leur père à Compiègne’, forcèrent la reine à prendre le voileï et firent tonsurer ses frères Conrad ét Raoul, qu'ils confèrent à la garde de Pépin, en Aquitaine. Bernard prit la fuite et se réfugia en Septimanie ; Herbert, son frère, fut arrêté, privé de la vue et envoyé sous bonne garde en Italie’. Et Lothaire, s'étant ainsi emparé du pouvoir, gardait dans une demi-captivité son père et Charles. Il avait ordonné à des religieux de vivre auprès de ce dernier, pour l’initier à la vie monastique et l’engager à l’embrassers$.
Cf. Bœhmer et Mühlbacher, Regesten des Kaïserreichs unter den Karolingern, 2° éd. (1908), n° 868 a, p. 341. En réalité, le lot attribué à Charles comprenait aussi l’Alsace, la Rhétie et une partie de la Bourgogne.
3. On trouvera dans Bœhmer et Mühlbacher, op. cit., 2° éd., n° 874 a, p. 344-346, toutes les références sur ce vaste soulèvement de l’année 830.