‹ Histoire des fils de Louis le Pieux, éditée et traduiteChapitre 29 sur 113 · En avril · texte numérisé non relu

En avril

5. Judith fut reléguée au monastère de Sainte-Croix de Poitiers.

6. Les deux frères de Judith furent, en effet, enfermés dans des monastères d'Aquitaine sous la garde de Pépin, fils aîné de l’empereur Louis le Pieux, qui, nous l’avons vu (p. 5), avait reçu de son père, en 817, le gouvernement de ce royaume.

7. Sur cet Herbert, voir J. Calmette, De Bernardo sancti Guillelmi filio (1902), p. 66.

8. Il y a ici quelque confusion dans le récit entre les faits qui suivirent chacun des deux soulèvements de 830 et de 833 contre l’empereur Louis. C’est en 833 que l’on fit pression sur Louis le Pieux pour tâcher de lui faire abandonner la vie du siècle.

12 DE LODHUWICI RESTAURATIONE (oct. 830)

Res autem publica, quoniam quisque cupiditate illectus sua querebat, cotidie deterius ibat. Quamobrem tam monachi, quos supra memoravimus, quam et ceteri, qui quod factum fuerat dolebant, illum percontari* ceperunt, si res publica eidem restitueretur, an eam pro viribus erigere ac fovere vellet maximeque cultum divinum, quo omnis ordo tuetur ac regitur. Quod quia facile confessum, in restauratione ejus otius consensum est ; assumptoque Guntbaldo quodam monacho', sub specie? religionis in hoc negotio ad Pippinum Ludovicumque filios ejus occulte direxit, promittens, si‘ in sua restitutione una cum his qui hoc cupiebant adesse voluissent, regnum utrisque se ampliare velle. Ac per hoc per facile cupideque paruere ; conventuque ? condicto#, regina et fratresejuseidem restituuntur ac plebs universa ditioni ejus se subdidit. Hinc hi qui cum Lodhario senserunt in concilium deducti et ab ipso Lodhario ad mortem dijudicati aut, vita donata, in exilium retrusi sunt. Lodharium quoque, sola Itaha contentum, ea pactione abire permisit ut extra patris voluntatem nihil deinceps moliri in regno temptaret à.

Cumque se haec ita haberent et res publica paululum respirari videretur, confestim Guntbaldus monachus, quem supra memoravimus, quia multa in restitutione ejus laboraverat, secundus in imperio esse volebat ! ; quod

a. percuntari corrigé en percontari À. — b. specie 4. — c. Fol. 2 n, col. 2, de À. — d. conventumque conditio À.

1. Nithard est le seul à indiquer le rôle important du moine Gombaud dans la restauration de l’empereur. Ce personnage doit probablement être identifié avec l’abbé de ce nom mentionné dans les notes tironiennes d’un diplôme délivré par Louis le 25 février 831 en faveur du monastère de Kempten (Bœhmer et Mühlbacher, Regesten, 2° éd., n° 883, p. 352).

2. Cette assemblée se tint à Nimègue au mois d'octobre 830 (voir

RESTAURATION DE LOUIS LE PIEUX (octobre 830) 13

L'état de l'empire, dans lequel chacun, guidé par sa cupidité, cherchait son propre avantage, s’aggravait de jour en jour. C’est pourquoi les moines que nous avons mentionnés plus haut et tous ceux qui déploraient ce qui avait été fait demandèrent à l’empereur s’il consentirait, dans le cas où on lui restituerait le pouvoir, à relever de toutes ses forces, à ranimer l'empire et principalement le culte de Dieu, par lequel tout ordre est garanti et maintenu. Comme il acquiesça volontiers à cette demande, on s’entendit bientôt sur sa restauration. À cet effet, ayant choisi un moine appelé Gombaud comme messager', il l’envoya secrètement, sous couleur de religion, à ses fils Pépin et Louis, pour leur promettre d'augmenter leurs royaumes, s'ils voulaient s’associer à ceux qui désiraient lui restituer le pouvoir. A cette condition, ils acceptèrent très facilement et même avec enthousiasme. Une assemblée ayant donc été réunie, la reine et ses frères lui furent rendus et tout le peuple se soumit à sa domination. Ceux qui avaient conspiré avec Lothaire furent traduits en justice et condamnés à mort par Lothaire lui-même, puis graciés et envoyés en exil. Lothaire dut se contenter uniquement de l’Italie, et il lui fut permis de s’en aller, à condition de ne jamais plus rien tenter contre la volonté de son père dans l’empirei.

Sur ces entrefaites, les difficultés paraissant un peu calmées, voici que le moine Gombaud, que nous avons mentionné ci-dessus, demanda à tenir la seconde place dans l’empire, parce qu’il avait beaucoup contribué à le restaurer‘. Or

Simson, Jahrbücher des fränkischen Reichs unter Ludwig dem Frommen, t. I, p. 360 et suiv. ; Bœhmer et Mühibacher, Regesien, 2e éd., n° 876 c, p. 347) ; mais c’est seulement lors de l'assemblée d’Aix-la- Chapelle, en février suivant, que Judith reparut aux côtés de son mari (Bœhmer et Mühlbacher, ouvr. cité, n° 881, à la fin, p. 350).

3. Ceci à la suite de l'assemblée d’Aix-la-Chapelle de février 831. Voir Bæœhmer et Mühlbacher, op. cit., n° 882, p. 351, et le nouvel acte de partage intervenu à cette date dans les Capitularia regum Francorum, éd. Boretius et Krause (collection des Monumenta Germaniae, in-4, t. II, n° 194, p. 20).

4. Toujours aucune trace ailleurs de ces prétentions du moine Gombaud.

Nithard. 3

14 DE LODHARIO ITERUM IN PATREM INSURGENTE (833)

quoniam Bernardus, uti praemissum est, olim fuerat, summa industria iterum esse certabat. Pippinus quoque et Lodhuwicus, quamquam® eis regna sicut promissum fuerat aucta fuissent, tamen in? imperio ut post patrem primi essent uterque laborabat ; at 1lli, per quos tunc res publica tractabatur, voluntati eorum obsistebant.

[4.] Per idem tempus Aquitania, Pippino dempta, Karolo datur, et in ejus obsequio primatus populi, qui cum patre sentiebat, jurat'. Quod quidem°‘ hi, quos supra retulimus, graviter ferentes ut res publica inutiliter tractaretur, divulgant populumque quasi ad justum regimen sollicitant ?; Walanam3, Elisachar*, Mathfridum ceterosque, qui in exilium retrusi fuerant, custodi emittunt #6, Lodharium ut rem publicam* invadat compellunt ; insuper autem et Gregorium Romane summe sedis pontificem}, ut sua auctoritate liberius quod cupiebant perficere possent, sub eadem specie/ magnis precibus in supplementum sue voluntatis assumunt 8.

Quamobrem imperator, una cum omni quod habebat imperio, tresque reges, fili# ejus, adversus eum cum ingenti

a. quaquam corrigé en quanquam 4. — b. ut À, qu'il faut évidemment corriger en in. — c. Folio 2 9, col. 1, de A. — d. custodie mittunt 4.— e. plublicam 4. — f. specie À. — g. tres reges filiique À ; la conjonction que doit évidemment être reportée après tres.

1. En l’année 832. Cf. Annales de Fulda, année 832 : « Pippinum filium regno privavit » ; Bœhmer et Mühlbacher, Regesten des Kaiserreichs unter den Karolingern, 2° éd., n° 906 b, p. 359.

2. Au début de l’année 833. Cf. 1bid., n° 919 a, p. 363, d’après les Annales de Saint-Bertin, Thégan, ch. xLrn1, l’Astronome, ch. xLvir, et Paschase Radbert, Épitaphe d'Arsenius, li v. I, ch. xvi, éd. Pertz, dans les Monumenta Germaniae, Script., t. II, p- 560.

3. L'abbé de Corbie, fils de Bernard, fils naturel de Charles-Martel. Voir Himly, Wala et Louis le Débonnaire (1849), in-89, p. 24.

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