RÉVOLTE DE LOUIS LE GERMANIQUE
En même temps, on apprit que Louis s'était éloigné de son père et qu’il voulait obtenir pour lui tout ce qui était situé au-delà du Rhin!. A cette nouvelle, son père convoqua une assemblée à Mayence, s’y rendit?, fit passer le fleuve à son armée et força Louis à s'enfuir en Bavière; puis il revint triomphant à Aix}, car, partout où il s'était tourné, par la volonté divine il avait obtenu la victoire. Mais il approchait de la vieillesse et la décrépitude le menaçait, conséquence des chagrins variés qu'il avait éprouvés ; aussi la mère de Charles et les grands qui avaient travaillé pour lui, selon la volonté de l’empereur, craignant, s’il venait à décéder avant que tout fût terminé, d’encourir la haine mortelle de ses frères, jugèrent bon que Louis s’assurât en outre l'appui de l’un de ses autres fils, afin que si, après sa mort, les autres ne voulaient pas demeurer d'accord ÿ, que deux du moins pussent s'entendre pour résister au parti des envieux.
Comme sous la menace de la nécessité on méditait assidûment sur ce choix, de l’avis unanime il fut décidé que, si Lothaire voulait se prêter sincèrement à cette combinaison, c'était avec lui qu’il faudrait conclure une alliance. En effet, comme on l’a vuf, c’est lui qui avait juré au père, à la mère et à Charles qu’il consentirait à ce que Louis lui donnât la partie de l’empire qu’il voudrait et qui s'était engagé à le protéger sa vie durant contre tous ses ennemis.
On désigna donc des messagers qu’on envoya à Lothaire7
n’y eut pas de combat. Voir les références de la note précédente. L’Astronome (ch. LxI) ajoute que Louis le Germanique vint en suppliant faire sa soumission sur les bords du lac de Constance, à Bodman.
4. Nithard est le seul à mentionner ce séjour à Aix-la-Chapelle en 839. Cf. Bœhmer et Mühlbacher, 2° éd., n° 989 a, p. 401. Les Annales de Saint-Bertin et celles de Fulda parlent d’un retour à Francfort.
5. Il ne faut pas oublier ici que Pépin était mort dès l’année précédente (Annales de Saint-Bertin et de Fulda, année 838), ce que Nithard ne rapporte que plus loin, au ch. vix. Cf. Simson, owvr. cité, t. II, p. 202-205.