DE CONVENTU APUD WORMATIAM HABITO
ceps erga Karolum conservare vellet, omnia que in illum actenus deliquerat remitti et omne regnum absque Baioaria inter illum et Karolum dividendum ; que quoniam Lodhario et suis rata videbantur, utraque ex parte sic velle ac sic se perficere juraverunt.
[.] Ergo ad urbem Vangionum conventu indicto convenerunt', in quo Lodharius humillime ad pedes patris coram cunctis procidit dicens : « Novi me coram Deoet te, domine pater, deliquisse ? ; non regnum sed indulgentiam et ut gratiam tuam merear queso. » Idem autem, ut pius ac clemens pater, et delicta postulanti indulsit ? et gratiam roganti concessit, eo scilicet pacto, ut deinceps nihil quolibet modo contra suam voluntatem nec in Karolum nec in regnum alicubi egisset. Dein benigne illum excoepit ac deosculans gratias Deo pro fillo quem aversum reconciliaverat egit. Ad prandium deinde conversi sunt, in crastinum de ceteris que sui juraverant, deliberaturi. Die autem altera concilium ineunt. Hinc pater, ut sui juraverant, perficere cupiens® : « Ecce, fili, ut promiseram, regnum omne coram te est : divide illud, prout libuerit. Quod si tu diviseris, parcium electio Karoli erit ; si autem nos illud diviserimus, similiter parcium electio tua erit *. »
Quod idem [cum]° per triduum dividere vellet, sed minime posset, Josippum atque Richardum ‘ ad patrem direxit, deprecans ut ille et sui regnum dividerent parciumque electio sibi concederetur ; insuper vero in ea fide,
a. si 4. — b. indulxit corrigé en indulsit 4. — c. Fol. 4 v®, col. x, de À. — d. promisseram 4.— e. Mot omis dans À, mais qu'il faut évidemment rétablir.
1. L'assemblée de Worms se réunit le 30 mai 839. Cf. Annales de Saint-Bertin et Annales de Fulda ; l’Astronome, cb. LxII ; Bœhmer et Mühlbacher, 2° éd., n° 993 c, p. 403.
ASSEMBLÉE DE WORMS (30 mai 839) 31
pour lui promettre que, si dorénavant, il acceptait de respecter la volonté de son père à l’égard de Charles, on lui ferait remise de tout ce qui lui manquait encore et que l'empire entier, à l'exception de la Bavière, serait divisé entre lui et Charles. Les propositions paraissant acceptables à Lothaire et aux siens, des deux parts on jura qu’on y consentait et qu'on s’y conformerait.
[7.] Une assemblée fut réunie à Worms!, où Lothaire se prosterna en public très humblement devant son père, disant : « Je reconnais, mon seigneur et père, que j’ai péché envers Dieu et envers toi?; je ne te demande pas l’empire, mais ton indulgence et ton pardon. » Et, père plein de piété et de clémence, Louis lui pardonna ses offenses et lui accorda la grâce demandée, à cette condition toutefois que désormais il n’entreprendrait plus rien nulle part contre sa volonté ni contre Charles ni contre l'empire. Ensuite, il le reçut avec bienveillance et, l’embrassant, rendit grâces à Dieu pour sa réconciliation avec ce fils égaré. Enfin ils allèrent dîner ensemble, remettant au lendemain les délibérations sur les autres conditions de l’accord. Le jour suivant, ils se réunirent en conseil. Là le père, désirant accomplir ce que les siens avaient juré : « Voilà », dit-il, « mon fils, comme je te l’avais promis, tout l’empire devant toi : divise-le comme il te plaira. Mais, si tu le divises, Charles choisira les parts ; si, au contraire, c'est nous qui le divisons, ce sera toi qui choisiras les parts ?. »
Après s’y être essayé vainement pendant trois jours, Lothaire envoya Joseph et Richard ‘ à son père pour le prier de procéder avec les siens à la division de l’empire, en lui laissant le choix des parts ; ils témoignèrent en outre, par la foi qu’ils
2. Cf. Luc, 15, 21 : « Pater, peccavi in caelum et coram te. »
3- Sur cette procédure de droit germanique, cf. J. Grim, Deutsche Rechtsaltertümer, 4° éd., t. I, p. 660.
4. Richard est qualifié d’huissier (« ostiarius ») impérial dans un diplôme de Louis le Pieux du 26 juin 839 (Dom Bouquet, Recueil des historiens de France, t. VI, p. 625 ; Bæœhmer et Mühlbacher, 2€ éd., n° 995, p. 405).