À sept heures du matin
2. Le mardi 18 octobre 841, à huit heures vingt-six du matin. Cf.
BATAILLE DE FONTENOY (25 juin 841) 77
surplus il chercherait volontiers à ménager leurs intérêts. Toutefois les envoyés, interrogés sur le point de savoir si Lothaire voulait accepter quelqu’une des propositions qui lui avaient été faites ou s’il envoyait quelque réponse définitive, répondirent qu’on ne les avait chargés d'aucune communication de ce genre.
Aussi, comme tout espoir de justice et de paix paraissait évanoui de son côté, ils lui mandèrent que, s’il ne trouvait rien de mieux, il eût à accepter l’une de leurs propositions ou qu’il sût que le lendemain, qui était, comme on l’a dit, le 7 des calendes de juillet, à la deuxième heure du jour, ils s’en remettraient au jugement du Dieu tout-puissant, qu’il réclamait contrairement à leur volonté. Lothaire, selon son habitude, méprisa insolemment leurs avis et répondit qu’ils verraient ce qu'il ferait.
(Pendant que j'’écrivais ces lignes, étant à Saint-Cloud, sur la Seine, à la première heure!, le mardi 15 des calendes de novembre, une éclipse de soleil se produisit dans le Scorpion.)
Tout étant ainsi rompu, Louis et Charles se mettent en marche au lever du jour et occupent, avec le tiers environ de leur armée, le sommet d’une colline contiguë au camp de Lothaire, en attendant son arrivée et la deuxième heure, comme les leurs s’y étaient engagés par serment. Puis, lorsque les deux armées furent en présence, ils en vinrent aux mains sur le «ruisseau des Bourguignons »5, et ce fut une grande bataille À.
la Chronologie des éclipses de Pingré, dans l'Art de vérifier les dates (éd. de 1783), t. I, p. 68, et Th. von Oppolzer, Kanon der Finsternisse (Denkschrift der hænigliche Ahkademie der Wissenschaft; math. naturw. Klasse, t. LIL, Vienne, 1883), p. 356. Ce synchronisme nous fait connaître que Nithard rédigea le récit de la bataille de Fontenoy quatre mois après y avoir pris part.
3. Sans doute le petit ruisseau, affluent de l’Ouanne, qui coule près de Fontenoy, aux confins de l’ancien royaume burgonde : d’où probablement le nom qu’on lui donne ici.
4. Les Annales de Saint-Bertin (éd. Waitz, p. 25), de Fulda (éd. Kurze, p. 32), d'Angoulême (Mon. Germ. hist., Scriptores, t. XVI, p. 486) et Ratpert (Casus S. Galli, Ibid., t. II, p. 67) font allusion à l'importance et à l’acharnement de la bataille qui fut meurtrière.
Nithard. 7
78 DE FONTANETICA PUGNA (25 jun. 841)
vicus quidem ac Lodharius! in loco qui Brittas? dicitur strenue confligunt ; quo superatus, Lodharius terga vertit. Pars autem exercitus quam Karolus in loco qui Fagitÿ vulgo dicitur excepit protinus fugit ; pars vero que in Solemnat*+ Ahelardum* ceterosque, quibus haud modicum supplementum Domino auxiliante prebuif, appetit strenue conflixit ; quo” et utrique vicerunt, sed novissime omnes a parte Lodharii fugerunt.
Qua finem primi certaminis dedit Lodharius terminetur liber secundus.