‹ Histoire des Français des diverses états (volume 2)Chapitre 39 sur 96 · MARÉCHAUX · texte numérisé non relu

MARÉCHAUX

Un matin que je passais dans un village assez éloigné de la ville , je fus prié d'attester la vérité par un marchand qui, sur les pas de la boutique d'un maréchal-ferrant , disait : Je ne dois vous payer que suivant l'ordonnance : les fers de roussin et de palefroi , en fer d'Espagne , sont à dix deniers , et en fer de Bourgogne, à neuf; les plus grands fers des chevaux de harnois sont à sept deniers , et les autres à six '79. Le marchand avait de son côté la loi et la raison ; mais le maréchal avait du sien un grand marteau , un grand bras , et il était chez lui : force fut au marchand de payer.

À Bourges , les maréchaux-ferrans doivent donner tous les ans aux maréchaux de France , huit fers et huit clous ,8°.

Le maréchal des écuries royales dérogerait à son rang s'il ferrait les chevaux des équipages; il ne ferre que les chevaux montés par le roi ,8'.

Maréchal vient des deux mots allemands , mur , cheval, schatek, serviteur. En ce cas, les chevaux sont comme les hommes, ils sont quelquefois assez mal servis.

XIVe SIÈCLE. 75

MÉG1SSIERS.

L'art de mégisser les peaux de mouton ou d'agneau consiste à les débourrer au moyen de la fermentation ou confît l82 ; à les assouplir par diverses pâtes de farine et d'œufs c'est-à-dire à les habiller , ensuite à les teindre. Or, comme l'ouvrier est alors souvent obligé de plonger les peaux dans diverses eaux ou dans divers liquides préparés , on a donné à son art le nom de mégisserie; mergere, plonger.

La peau de mouton, avant d'être travaillée, se vend deux sous ,8\

Défense , de par le roi , aux mégissiers d'acheter des peaux sans avoir auparavant vu la bête ,84. L'ordonnance craint avec raison que la maladie se communique aux hommes par le contact d'un cuir originairement infecté.

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