‹ Histoire des Français des diverses étatsChapitre 25 sur 36 · LA BANNIÈRE DE SAINT MAURICE · texte numérisé non relu

LA BANNIÈRE DE SAINT MAURICE

Avant-hier, j'avais chez moi assez nombreuse compagnie. On parla de divers métiers, d'abord de ceux qui ne plaisent pas. Je dis que si j'étais à prendre un métier, ce ne serait pas celui des teinturiers que je prendrais : Eh! pourquoi cela? me répondit-on ; leur art depuis que l'on distingue le grand du petit tein379 , s'élever, ne cesse de s'élève vers la perfection : de plus, le parlement a pris, il y a longtemps, les teinturiers sous sa protection spéciale; il

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a , sur ses vénérables sièges , plusieurs fois grondé les tondeurs de tondre trop bas ou trop haut , de faire brûler le drap par la couleur , ou d'empêcher que la couleur pénètre380 : N'importe, dis-je, une autre bannière que celle de saint Maurice serait la mienne. On voulut savoir pourquoi : Ce n'est pas , répondis-je, parce que je serais actuellement forcé à teindre en laine la trame et en fil la chaîne381; ce n'est pas non plus parce qu'on ne peut actuellement teindre en noir de chaudière que la chaîne des étoffes de vil prix \ et que la chaîne des belles étoffes doit être teinte en guesde et reteinte en garance382; mais c'est parce qu'un règlement renouvelé depuis peu 383 permet aux tisserands d'avoir chez eux des valets teinturiers, qu'il leur donne l'a-

vantage de pouvoir teindre avec toute sorte de matières, excepté avec la guesde; c'est surtout parce que ce règlement est du siècle dernier, en outre d'une femme, en outre vieille, en outre veuve, car c'était la reine Blanche38*.

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