‹ Histoire des Français des diverses étatsChapitre 28 sur 36 · LA BANNIÈRE DE SAINT-CLAIR · texte numérisé non relu

LA BANNIÈRE DE SAINT-CLAIR

On n'est pas surpris des grands progrès de la peinture; on est surpris des progrès de la broderie : mais cet art n'est qu'une peinture à l'aiguille.

Cette jolie confrérie de brodeurs, de brodeuses qui brodent les collets d'habits 4o° , les manches, les robes, les ceintures, les meubles, les tabourets, les chaises, les bancs <°', les lits 4o% les tableaux °3, attire bien du monde sous la bannière du saint; mais quelle peine ! quelle continuité de peine ! Voyez le trait fait au pinceau , le trait fait à l'aiguille; quelle rapidité ! quelle lenteur !

Au jour actuel, les hommes et les chevaux sont couverts d'argent et d'or ouvrés en broderie. Tel grand seigneur porte souvent sur sa manche 40/t, le travail de six mois, d'un an, d'une brodeuse : il y

porte quelquefois la vie des plus jeunes ou des plus

délicates.

J'aurais mieux aimé entendre dire à un vieux laboureur qu'à un vieux brodeur irrité d'être obligé, faute de pouvoir trouver des aides, à broder jour et nuit, pendant les deux ou trois premiers mois qui précédèrent la joyeuse entrée du roi, qu'alors seulement le monde serait bien réglé, quand il n'y aurait plus de milliers ou des millions de fainéans dans les châteaux ou dans les maisons des riches , quand tout homme pourrait répondre : Je prie Dieu, je combats, je travaille.

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