LA BANNIÈRE DE SAINT-FRANÇOIS
La broderie est une peinture à l'aiguille : la tapisserie est une peinture à la navette, ou plutôt aux navettes ou broches; elle a encore plus avancé ; elle est plus près de la peinture au pinceau qu'elle imite jusque dans ses filets d'or et d'argent 4o5. Quels plus beaux, quels plus grands tableaux de laine que ceux qui couvrent les murailles de l'église de Sainl-Remi de Reims, de l'église cathédrale, de plusieurs autres églises! Ce sont des représentations où viennent s'offrir nos pontifes, nos rois, nos héros, ce sont d'immenses feuillets de l'histoire de France. Chaque scène, chaque groupe a au-dessous une inscription explicative 4o6 ; mais dans ces tapisseries si artistement tissées , si vive-
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ment colorées, qu'ai-je besoin de lire, lorsque tous les personnages parlent? Maintenant qu'on soit de bonne foi, et qu'on me réponde : Quand on regarde ce beau travail , songe-t-on à la peine de l'ouvrier ? On n'y songe pas : Et à son habileté , à sa science ? pas davantage.
La tapisserie a même avancé pour les restaurations. 11 fallait qu'autrefois dans les rentrait lires on employât grossièrement le noir sur le blanc, le rouge sur le bleu, puisque les règlemensd u milieu de ce siècle ordonnent qu'elles soient faites des mêmes couleurs, des mêmes nuances, puisqu'ils ordonnent qu'elles soient bien filées et nouées aux visages , aux mains, aux armoiries, escussons et autres choses dangereuses *»7. Le tapissier est obligé de faire pater, garnir de toile les chambres 4o8 ou tapisseries de serge, à tous les endroits fixés par les règlemens 4°9. Aujourd'hui on paie beaucoup plus cher les tapisseries garnies de rubans calandres; c'est que les règlemens les interdisent "°. On ne se plaint pas des tapissiers, au contraire, on les plaint.