CHAPITRE PREMIER
ment provisoire. — La République proclan au travail. Stations. — La peine de mo bon de la République. — Les morts de Févrie
1 rouge. — sions. — Inaue
L — Le Gouvenxewexr rrovisome. — La Révolution de février ht réellement une « surprise » que pour les amis, volontaire ent aveugles, du gouvernement royal qui ne voulurent pas voir Les menait la politique outrageusement « conservatrice » de Buirot. L'élection des membres du gouvernement provisoire ne Upas aussi rapidement improvisée qu'il plut aux mêmes permes de le dire et de le faire croire. Au palais Bourbon, chacun Bons proposés, et c'était naturellement les noms de députés Mplas notoirement acquis à la cause démocratique, fut soumis smiction de la foule qui emplissait la salle et des membres dé Bssemiblée restés en séance, Les uns furent acclumés tout d'une Rx; les autres acceptés, avec plus où moins d'empressement, par
Ca NP « :
Mosève-névumique. — 1848. 5 té, l'égalitét laraternité pour principes, de peuple emo d'ordre; voilà le gouvernement démotratique ce sé doit à elle-même ct que ses efforls sauront Jui
proclamation remercia la girde nationale de sont con ippel au zèle ebau dévouement de cette. milice dont fens allaient mnintenant fhire partie.
LE d'assurer Japrompté et complète exécution des me. mdiées par les'eirconstances, détermina le gouverné mtrer dûns ses moins les pouvoirs qui; dns unotat. ent rester séparés : lé Jégislatif et l'exécutif. Les mi nt done répartis entre les meribres du gouvernement. -e du conseil, sans portefeuille, fut unanimement dént (de l'Eure); Lamartine éut les Affaires étrangères ; Justice ; Ledru-Rollin l'Intérieur ; Arago Marine; le san la Guerre; Carnot l'instruction publique; Beth= imerce; Marie les Travaux publics; Goudchaux les Fiaier-Pagès fut nommé maire de Paris avec MM. Guion adjoints. Le colonel Courtais reçut le commandement nationale et le général Cavaignac fut nommé gouver- 1 de l'Algérie.
es décrets, la Chambre des députés fut dissoute, déüte à la Chambre des pairs de se réunir, la garde ut licenciée et le palais des Tuileries affecté à un Hôtel 3 civils: les objets engagés au Mont-de-piété pour une ieure à dix francs furent restitués aux emprunteurs. nations furent adressées à l'armée, l’une pour l'inviter 1 la révolution, l'autre pour arrêter la désorganisation sorps dont les soldats se dispersaient, se croyant désés du service militaire.
Rérosuique. — Ces premières et impérieuses mesures le gouvernement reprit une discussion déjà entamée ia première proclamation : Fallait-il décrèter immédiaépublique? Tous les membres étaient d'accord pour publique, la proclamation le constatait. Mais il y avait ‘ur le droit de la proclamer avant que la souveraineté fût prononcée. Toutefois, le danger de laisser les esincertitude sur la nature du gouvernement et de donaverture aux entreprises des parlis finit par rallier ’inions et le décret suivant fut adopté :
u pendant plusieurs sièclés, le dira C'était vrais mais, quand l'orateur roce dé Is couleur blanche, lé dra-
i de la force militaire, n'avait paru catastrophe du 47 juillet 470.
PL deshonaré que lé dix ans. de
ravis erutque ls démons dra unelentalive pour exercer sur ses membres ou, une inlidätion el le soumettre à la domination | wiolente du parti démocratique. J résolut de résister repoussa le drapeau rouge et se présenta tout entier pour annoncer cette résolution. Ce fut Lamartine et il le fit en un langage qui entraîna (ous tes nement rendit un décret qui maintint le drapeau ordonnant que les couleurs en seraient disposées
première république.
comme signe de ralliement, la rosette rouge serait du drapeau et portée à la boutonnière par les
dont Les causes et la portée ont été, alors et depuis, se termina aux cris de Vire la République! Vive le
æmavas. — Reprenant son œuvre interrompue, Luléerèta a réorganisation des gardes nationales royauté, Ls mise en liberté des détenus politiques, que, ln création de vingt-quatre batailmobile avec solde de 4 fr. 50 par jour, et
bpour assurer l'approvisionnement de Paris.
», le gouvernement fat détourné de sa tâche pour
n autrement grave que celle du dra-
ee
6 Deux RÉPUBLIQUE. — mms cm vu:
Tandis qu'une masse d'ouvriers armés ag répendelt sn de Grève, un ouvrier, fusil-en main, que besucgm d'u valent, entre à l'Hôtel-de-Ville, pénêtre jusqu'à le salle-d nement et, faisant retentir son arme sur le = périensement la reconnaissance du droit au
Pendant le règne de Louis-Philippe, ni le roi, néfles ni les Chambres, ni les chefs d'industriene s'étaient occap vement.qui se faisait dans l'esprit de la population ouvriè de celle-ci avait attiré l'altention de plusieurs pablieistes: sgité le problème de l'amélioration matérielle et morale dilion. Différentes théories avaient été proposées dont subit l'épreuve de la pratique. D'autre part, ceux que, appela des socialistes, imaginèrent des plans, plus où piques, de rénovation subite et absolue de l'état social, : ne sachant pes que la Constituante de 1784 a transformé gime de la société française, en donnant à tous la libert: blir une vaine distinction entre la révolution politique tion sociale. Toutes ces publications furent lues par : nombre d'ouvriers qui en propagérent plus ou moins im les doctrines. Si la hberté de réunion eût existé, la dise blique de ces doctrines arrivée à démontrer ce qu ticable et ce qui était chimérique. Si l'on avait eu la lil sociation, des expériences auraient pu ètre lentées au qui auraient fait discerner le vrai du faux. En l'absence libertés, des esprits mal éclairés, des imaginations que ne réglait pas, surexcilés par des souffrances trop réell rent d'idées dont la re ganisation du travail ét:
imandant qu'à « vivre en travaillant », ce qui valait mm «mourir en combattant » croyaient, de três-bonne foi, « vernement et particulièrement la République, avait le créer de l'occupation pour ceux qui en manqueraient : voir supposé, ils concluaient au devoir effectif et réclamaie une chose juste et possible, le droit au travail, C'est là que préconisait le livre de Louis Blanc.
Le gouvernement provisoire ne partageait pas cette en !, il rendit un décret par lequel il s'eng louvrier par le travail, à garantir à tous les ouvriers, et reconnut à ceux-ci le druit de s'ass eux pour jouir du bénéfice de leur production (25 févrit
di la :solution; toutefois, sa session n'a pas êté
eoneilié bien des confits entre patrons et ouvriers, gr qui, comme celle des boulangers, auraient pu
femént du combat peut expliquer, sans les
main et les jours suivants, les châteaux deN u reft saccagés et pillés, en de Rollischild fut pillé et brûlé ; des gares{des ponts de de fer furent incendiés, les voies détruites-10es,
une pensée, émise, la veille, par Lamartine, proposa la peine de mort en matière politique. Après quelques juridiques, le gouvernement adopla la proposition et Ia en un décret dont il voulut aller, en corps, donner led foule qui stationnait toujours sur la place de Grève. proclama dans une allocution qui se terminait ainsi le gouvernement provisoire a voulu yous apporter dernier décret qu'il vient de délibérer et de signer dans mémorable : l'abolition de la peine de mort en matière ‘est le plus beau décret qui soit jamais sorti de la bou peuple, le lendemain de sa victoire.
« C'est le caractère de la nation française qui échappe spontané de l'âme de son gouvernement. Nous vous l'ap il n'y a pas de plus digne hommage au peuple que le sp sa propre magnanimilé, »
même où s'élaitsi souvent dressé l'échafaud iobtique.
En 1850, les ministres de Charles X avaient été arrètés (en! jugés, condamnés ; les non-contumaces subirent part leur peine. En 1848, le gouvernement ne fit rien pour # des ministres de Louis-Philippe. Le procureur général présl d'appél de Paris crut devoir requérir, et la Cour ordonus def suites contre ces fonctionnaires; mais on n'alla pas an gouvernement dédaigna ces ministres qui, d'ailleurs, mnel démission donnée, ne s'étaient plus mis en peine du sort mouarchie perdue par leurs fautes.
se des services en l'honneur des citoyens tombés
des Le a familles des morts et des 1 d'offrir leurs églises pour y établir, « alors même que l'office du dimanche
à un acte isolé. Partoat le clergé se hâta de sub= salam fac Rempublicam au Domine salvuns fac messes pour Les morts du 24. On le rit bientôt
arieur à la plantation des arbres de la Liberté, Er rer l'Univers proclamait la une «nolification de la Providence, » — « Qui, aujourd'hui, en France, à défendre la monarchie ? #2 La France eroyait être monarchique, et elle était étonnait hier, elle n'en est plus surprise
ë Anvinciblement à se donner des instie les doctrines qu'elle a depuis longtemps DSL féuis salle, organe presque offi- “finissait en déclarant : « La monarchie
222 fr
eussent désirée pour Jui
ur plut de La comme le terme ion: commencée en 1189. « C'est la Rée, dit M. de Falloux dans un eoncilia=
ous done de prolonger son agonie par
40° peur néruntiQuEe — PE 7,
des démonstrations qui ne seraient pas moîns habiles. »
Ce ne fut pas seulement par des dresses de.
torités, de corps ofliciels.que la République fut meveptéeel. Pendant deux mois, il ne cessa d'arriver à VHôtel.de-ille, putations venant apporter des adhésions, des félicitations à honneur de « voir le gouvernement provisoire, « Les du gourernement recevaienf tour à tour les délégués de et les renvoyaient contents avec quelques paroles
Au moment de la Révolution, le duc d'Aumale était général de l'Algérie et le prince de Joinville, son frère, se! avec lui. Ni l'un ni l'autre n'eurent la pensée d'essayer vement de l'armée contre la volonté nationale. Le due, nant la nominalion du général Cavaignae, rernit, que gouvernement de l'Algérie au général Changarnier, pris À à la population civile et à l'armée des proclamations où sait avec dignité ses adieu Les deux princes quiltérent ensnile la colonie pour aller ver leur père et leur famille en Angleterre.
Le gouvernement provisoire reçut aussi une adhésion, fut pas la moins inattendue, formulée en ces termes :
« Messieurs, le peuple de Paris ayant détruit, par son hà « les derniers vestiges de l'invasion étrangère, j'accours, « pour me ranger sous le drapeau de la République que I « de proclamer.
« Sans autre ambition que celle de servir mon pays, jé « noncer mon arrivée aux membres du gouvernement pi « les assurer de mon dévouement à la cause qu'ils < comme de ma sympathie pour leurs personnes. Récere « sieurs, l'assurance de mes sentiments.
à Signé : Louis-Napoléon Boxaranre. #
C'était le conspirateur de Strasbourg et de Boulogne qui és cette lettre où le prétendant perçait encore sous une appareil républicanisme, Le gouvernement avait amnistié tous les délits politiques ; il ne pouvait donc fire réintégrer M Boulogne dans la prison de Ham; il venait d'abolir ka peine dt en matière politique, et ne voulut pas appliquer aux Hiks d'Heett
PoouèMe nteouuique,— 1848. “1 ts Harloï pôriée par la Restauration contre les membres lle Bonaparte, Trop indulgent envers cet homme, malgré Us antécédents, le gouvernement républicain se contenta là se retirer; Louis Bonaparte retourna en Angleterre. = bavcusarion ve La Révuscique. — Pas un acte hostile, otestation n'avait accueilli en France l'établissement de lue. Le gourernement provisoire regardait, à bon droit, Mn comme approuvée par toute la nation. Le 26 février, pour le lendemain, 27, l'inauguration officielle et solen= République.
n effet, les bataillons de la garde nationale et toute la armée éténdaient leurs lignes depuis la place de la Bas= 1 la Madeleine ; derrière elles se pressait une innombra- 2e, vériüe non-seulement de tous les quartiers de la ville, mvirons dé Paris. Le gouvernement provisoire, réuni Ya colonne de Juillet, proclama publiquement li Répumilieu d'acclamations enthousiastes. Puis, if parcourut, 1 l'autre, les boulevards, salué partout des mêmes acclamais gouvernement nouveau n'avait rencontré une aussi et aussi complète adhésion; c'était une de ces heures e nation reprend confiance en elle-mème, et en fait éclatrainement le témvignage spontané.
Les sorts pe Février — Avec un caractère différent, sentiments se manifestèrent, le #4 mars, à la cérémonie ébrée en l'honneur des cioyens frappès dans les comrnées de Février. Le gouvernement provisoire y assista, a Madeleine où eut lieu le service, jusqu'à la colonne de dans les caveaux de laquelle les cercueils furent dépode ceux des morts de Juillet 1850, le gouvernement remêmes témoignages de sympathie et de respect, que seulement moins bruyants les sentiments de réserve r la circonstance.
d néruntique. — 1848. 45
ire plus? U suffira de rappeler que, sans parler des financières, l'effectif disponible de l'armée léguée par ie n'était que de cent mille hommes.
Bdouie, l'exemple et l'influence morale,de la France devaient he grande ressource. Ou verra plus lard, quand des soulèvet en Europe et surtout en Italie, avec quel soin patrioles el peuples repousseront l'offre de l'épée
de Lamartine apaisa l'inquiétude qu'avaient pu avoir que la République ne se lançät dons les hasards de propagande révolutionnaire. lls s'empressérent de leurs intentions pacifiques, et la République put s'or- Se préparer en paix pour les chances de l'avenir
Avpames wréteunes, — Ce n'était pas seulement dans militaires fque l'administration royale laissait le désorfinances étaient encore plus en désarroi que l'armée, et peut-être le plus sérieux péril. La Révolution n'avait pas fause de la crise, mais seulement la circonstance occasion- Qui avait déterminé l'explosion d'un mal préparé depuis long- ÉDès le courant de 4847, le marché financier ployait sous 1 d'une énorme accumulation de valeurs fiduciaires ; l'État Hu obéré et le budget de 1848, celui que présenta le
ministère royal, se soldait en déficit. La catastrophe finannt inévitablement produite sans la Révolution politique. ue fit que mettre à nu la plaie latente. Les petites bourses chômage mettait à clamer leurs économies Mes à la Caisse d'épargne, et la caisse était vide. Les porteurs Vis de banque allaient venir réclamer le remboursement en És, et la Banque était hors d'état d'y satisfaire; les services avaient des.besoins urgents, impérieux, et le Trésor pu Nait à peu pi sec. De tous côtés, on voyait en perspective Wqueroute. Un financier la conseilla cyniquement au gouverfat, un autre lui présenta la liste des principaux banquiers le chiffre de la contribution forcée qu'on pourrait frapper sur in. Le gouvernement repoussa l'un et l'autre. Il consolida en Bles dépôts de la Caisse d” ne, paya par anticipation le Bétre de la dette publique éant au 1* avril, donna cours Baux billets de la Banque, créa les coupures de 200 et de fnes. 1 institua le Comptoir national d'escompte à Paris, et, ls principales villes de France, un grand nombre d'établisse-