LIVRE IX, GHAl»rmB Y
V. — Les campagnes de 779 et 780 semMent indiquer Fadoption d'un système plus clément. Gharlemagne parcourt encore le pays, mais ce n'est plus, pour le ravager, c'est pour y installer l'Église. Il établit partout des évéques, des prêtres de paroisse et des mmiastëres ^ La première année de cette espèce de mission, il part de Duren, où il avait tenu une assemblée générale, traverse le Rhin et descend avec son armée le long de la rive droite jusqu'au confluent de la Lippe. Il ne rencontra quelque résistance qu'à l'endroit appelé encore aujourd'hui Bocholt, sur l'Aa ; mais les Saxons qui essayèrent de l'arrêter furent culbutés et mis en fuite ^. Il reçut ensuite la soumission des Westfaliens et s'avança jusqu'au Weser; il établit son camp dans un lieu nommé Widfull, aujourd'hui inconnu. Les Angrariens et les Ostfaliens vinrent l'y trouver pour jurer fidélité, donner des otages, etc., comme de coutume '. L'année suivante, il passe par Eresburg, et arrive aux sources de la Lippe, oii il établit son camp et s'arrête quel-
ipsorum yix pauci domnm fùgiendo pervenîsse dicantur. (Einh., Annales, 778.)
> Et Saxones omnes tradideront se illi et omnium |accepit obsîdes, tam ingénues quam et lidos; diyisitque ipsam profinciam inter episcopos «t presbytères seu et abbates, ut in ea baptizarent et pnedicarent. {Annales Lauresh., a. 780.)
* Gui cum Saxones in quodam loco qui Buocbolt Tocatur, rana spe
ducti resistere temptarent, pulsi fugatique sunt. (Einh., Ann., 779,)
* Inde ad Visuram yeniens, castris positis in loco nomine MidufuUi stativa per aliquot dies babuit.Ibi Ângrarii et Ostfalii yenientes, et obsides dederunt et sacramenta jurayerunt. Quibus peraetis, rex trans Rhenum Wormaciam ciyitatem in hiberna se recepit. (Einb., Ann,, 779.)
fil HISTOIRE DES FRANCS D'AUSTRASIE.
ques jours. II tourne ensuite vers Test et gagne les bords de l'Ocker. Il y rencontra les habitants de la Saxe orientale, qui s*y étaient rendus pour obéir à ses ordres. La plupart d'entre eux se firent baptiser dans le lieu nommé Orheim ^. Enfin il se dirige vers l'Elbe et pose son camp à l'endroit où l'Ohr se jette dans ce fleuve, près de Wolmirstadt, au nord de Magdebourg. Là, il s'occupe de régler les affaires des Saxons, qui habitaient sur la rive citérieure de l'Elbe, et celles des Slaves, qui habitaient sur la rive ultérieure *.
Le travail d'organisation politique commencé en 779, semble marcher assez régulièrement jusqu'en 782. On remarque même que les Saxons ne sont pas exclus des fonctions de comte ', ce qui est un indice de conciliation. Suivant un auteur contemporain, Gharlemagne ne dédaignait pas d'employer les moyens de corruption pour s'assurer le concours des grands, de ceux qui exerçaient le plus d'influence dans le pays, et qui représentaient la nation dans les
* Gui cum ibi omnes orientalium partium Saxones, ut iusserat, occurissent, maxima eoram multitudo in loco qui Orheim appellatur, solita simulatione baptizata est. (Einh., Ann., 780.)
* Profectus inde ad Albiam, castrisque in eo loco, ubi Ora et Albia confluunt, ad habenda stitiva collocatis, tam ad res Saxonum qui citeriorem, quam et Sclayorum qui ulteriorem fluminis ripam incolunt, componendas oporam intendit. (Ibidem,)
s Habuit Carolus rex conventum magnum exercitus sui in Saxonia apud Lippenbninnen, et constituit super eam ex nobilissimis saxones génère comités. (Ann. Lauresh, a. 782.)