‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 104 sur 200 · LIVRE IX, CHAPITRE IV. S · texte numérisé non relu

LIVRE IX, CHAPITRE IV. S

IV. — Au printemps de l'année suivante (777), il convoqua le Heerban à Nimëgue, et résolut d'aller tenir une assemblée générale à Paderborn. Il s*y rendit» à la tête d*une armée considérable, et y trouva réunis, conformément à ses ordres, le sénat et le peuple saxons. Seul, le principal chef des Westfaliens, Witikind, manquait au rendez-vous général ; il était allé chercher un refuge auprès de Sigefrid, roi des Danois. Tous les autres reconnurent l'autorité du roi des Francs; un grand nombre furent baptisés, et selon leur usage, ils déclarèrent vouloir renoncer à leur qualité d'hommes libres et à leurs alleux, s'il leur arrivait encore de manquer à leur serment de fidélité et d'abandonner la foi chrétienne ^ .

Ce nouveau traité de paix eut, comme tous les autres, la valeur d'une trêve, et rien de plus. Quelques mois après, les Saxons apprenaient que Charlemagne était allé guerroyer en Espagne, et qu'il avait essuyé une défaite à Roncevaux. Aussitôt leurs bandes se forment, se réunissent ; elles avancent jusqu'au Rhin, et se mettent à ravager par le fer et le feu toutes les habitations et surtout les églises que

ipse in Galliam reversus, in villa Haristallio hiemavit. (Ëinh., vinnales, 776.)

1 Ibique muititudo Saxonum baptizati sunt et secundum morem illorum omnem ingenuitatem et alodem manibus dulgtum fecerunt, si amplius inmutassent secundum malam consuetudinem eorum, nisi conservarent in omnibus christianitatem vel fidelitatem... d. Caroli régis et filiorum ejus et Francorum. (Atm. Laur.maj.ymJ)^

flO HISTOIRE DES FRANCS D'AUSTRASIB.

les Francs avaient construites sur la rive droite de ce fleuve, depuis Deutz jusque vis-à-vis de Coblence. Éginhard dit que, dans leur fureur, ils n'épargnèrent ni Fdge ni le sexe, voulant montrer par là quils avaient envahi le territoire des Francs, non pour piller, mais pour se venger *.

Gharlemagne, qui se trouvait alors dans le midi de la Gaule, envoya Tordre aux Francs orientaux * et aux ÂUemans de marcher en toute hâte pour réprimer ces actes de sauvagerie. Mais les Saxons avaient satisfait leur vengeance, et déjà ils avaient repris la route de leurs pagi. Les troupes envoyées par le roi se mirent à leur poursuite, et les atteignirent au milieu de leur marche dans la Hesse, près de TAdern. Elles les attaquèrent aussitôt, commells passaient le fleuve à gué, et en firent un tel carnage, que de cette immense multitude il resta, dit Éginhard, à peine quelques fuyards qui purent regagner leurs foyers '.

1 Nullum œtatis atque sexus discrimen ira hostis fecerat, ut liquido appareret, eos non pnedandi, aed ultionem exeroendi gratia Francorom terminosintroisse. (Einh., Annales, 778.)

s n s*agit ici des Francs qui s'étaient établis dans cette partie de TÂllexnagne à laquelle ils donnèrent le nom de Franconie. Éginhard nous dit ce qu'il faut entendre par Francs Orientaux : c Pan Oermani» qu» inter Saxoniam et Danubium, Hrenumque ac Salam fluTium, qui Turingos et Sonbos ditidit, posîta, a Francis qui orientales dieuntor incditur. » {Vita JBsr. imp., c. 45.)

* Quorum testigia sequuti qui :t rege misai fuenmt, in pagoHassiorum saper flutium Ademam iter agentes invenemnt, eosque statim in ipso fluminis lado adorti, tanta strage «ecidenmt, ut ex ingenti multitadiiM

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