LIVRE X, CHAPITRE VIU. «H
afin que si Ton va vous voir pour invoquer le nom du Seigneur, ou admirer la noblesse de la vie religieuse, on s'édifie en vous voyant, on s'instruise en vous entendant parler ou chanter, et qu'on retourne chez soi en rendant grâce au Seigneur toutpuissant. Ne manque pas, si tu veux obtenir notre faveur, d'envoyer un exemplaire de cette lettre à tous les suifragants et à tous les monastères, et qu'aucun moine, hors de son monastère, ne rende des jugements et n'aille dans les assemblées et dans les placites. Adieu *. »
Ce document prouve très-bien l'ignorance des moines et le désir qu'avait Gharlemagne de les voir s'occuper d'études littéraires; mais il ne contient pas un mot duquel on puisse inférer qu'il eût l'intention de propager l'instruction hors des limites de l'Église. Le clergé étant son principal instrument de domination, on conçoit qu'il le voulût instruit et capable d'exercer le plus d'influence possible sur un peuple ignare. Cette pensée se manifeste clairement dans la Constitution de emendatione librorum et offlciorum ecclesiasticorum, qu'il adressa en 788 aux églises avec l'homéliaire que Paul diacre avait corrigé. Voici la traduction qu'en a donné M. Guizot :
« Charles, avec l'aide de Dieu, roi des Francs et des Lombards, patrice des Romains, aux tecteurs religieux soumis à notre domination Ayant à
« Baluz., 1. 1, col. 2ai~204.