‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 28 sur 200 · LIVRB VI, CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRB VI, CHAPITRE XVI

Les autres donations faites par des ingenui franci à saint Willibrord, ne sont pas moins importantes. Un clerc nommé Héribald lui a aussi fait don d'une église, située vers l'embouchure de la Meuse, avec ses appendices, comme celle d'Anvers, et, en outre, d'un lac poissonneux. Angibald lui a donné la terre de Wadradoch, sur le Dommele, près de Boisle-Duc. Ansbald lui a donné sa part de la terre de Busloth, dans la Campine. Berethinde, religieuse, lui a donné sa part de la terre de Boeschot, également dans la Campine. Un ingenuus, nommé Henri, lui a donné la terre de Poppel. Engelbert lui a donné sa part de la terre d'Hinesloten, dans la Campine ; le même lui a, en outre, fait don de la terre d'Alphen, près d'Anvers. Ansbal, prêtre, lui a donné la terre de Diesen, près de Bois-le-Duc. Thietbald lui a donné une église, toujours avec ses appendices, dans la villa de Mulnehem. Enfin l'illustre Heden lui a donné toute sa part dans la villu Aimistadi *.

La somme des donations faites à saint Willibrord est cependant peu considérable, si on la compare à celle des dons qui furent recueillis par saint Boniface. Celui-ci mettait tant de zèle dans l'accomplissement de sa mission, l'esprit de conquête l'animait à tel point, qu'il luttait même contre ses collègues, quand ils voulaient lui faire concurrence. Ce fut ainsi

« Mir. Op, diplom,, 1. 1«, p. ii.

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qu'après la mort de Willibrord, l'évêque de Cologne s'étant emparé du siège épiscopal d'Utrecht, Boniface, qui était évêque dp Hayence et par conséquent beaucoup plus éloigné, le dénonça au pape dans une lettre assez connue ^, et, aidé par Carloman, parvint à écarter le concurrent. Il exploita alors le pays des Frisons, et y obtînt des résultats merveilleux : tous les grands propriétaires, sans doute pour se concilier les bonnes grâces du prince, s'empressèrent de lui donner une partie de leurs biens. Ébirhard, moine de Tabbaye de Foulde, a recueilli ces anciennes chartes de donation dans un registre qui fut publié pour la première fois en 1724 par Schannat, dans son Corpus traditionum Fuldensium. Nous croyons inutile d'en faire ici l'énumération détaillée : qu'il nous suf&se de dire qu'elles sont au nombre de soixante-quatorze .

Qu'on ne soit pas étonné de nous voir revenir si souvent sur le même sujet. Cette accumulation de biens continua, sous Charles Martel comme avant lui, d'être systématiquement pratiquée par l'Église, et le terrain sur lequel fonctionnaient les institutions germaniques ne cessa point de se rétrécir, à mesure qu'une nouvelle fraction du sol fut ainsi arrachée au domaine des Francs.

* Mir. Op. diplom., 1. 1«', p. 13.

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