‹ Histoire des Francs d'AustrasieChapitre 82 sur 200 · LIVRE VIII, CHAPITRE X. l'K · texte numérisé non relu

LIVRE VIII, CHAPITRE X. l'K

francs, et revint d'Italie aussi vite qu'il y était allé K

Dans Tautomne de 780, Charlemagne retourna en Italie avec sa femme Hildegarde et les enfants qu'il avait d'elle, Charles, Carloman, et Louis. Déjà le duc de Spolète, effrayé du résultat qu'avaient eu les tentatives de Rodgaud, avait fait sa soumission. Le roi passa l'hiver à Pavie, et y tint une assemblée générale. Aux approches de Pâques, il se rendit à Rome, oïl il fut reçu avec les mém es honneurs que la première fois. Le pape procéda le dimanche de Pâques à une cérémonie qui paraît avoir été un des principaux motifs du voyage. Il baptisa le second des fils du roi, qui jusque-là avait été appelé Carloman, et lui donna le nom de Pépin. Il donna ensuite l'onction royale à Pépin et à Louis, et les couronna tous deux, l'aîné comme roi de Lombardie, le plus jeune comme roi d'Aquitaine *. Celui-ci avait un peu plus que trois ans; son frère n'en avait pas encore six.

Les résultats de la guerre contre les Lombards furent donc la soumission d'une grande partie de l'Italie, l'exil perpétuel du roi Didier, l'expulsion de

* Ad quos motus comprimendos cum sibi festinandum judicaret, strenuissimum quemque suorum secum ducens, raptîm Italiam proficiscitur, Hruodgaudoque qui regnum adfectabat interfecto, civitatibus quoque, quse ad eum defecerant, sine dilatione receptis, et in eis Francorum comitibus constitutis, eadem qua yenerat velocitate reversus est (Einh. Ànn. 776.)

* Baptizavit idem pontifex filium eius Pippinum, unxitque eum in regem. Unxit etiam et Hludowicum fratrem eius, quibus et coronam inposuit Quorum maior, id est Pippinus, in Langobardia, minor yero, id est Hludowicus, in Aquitania rex constitutus est. (Einh. Annales, 781.

son fils Adalgise, rélévaiion de Pépin, fils de Charles, sur le trône de Lombardie, la création du royaume d'Aquitaine en faveur de Louis, et le rétablissement d'Adrien, chef de TËglise romaine dans toutes les possessions dont il avait été dépouillé.

XL — Les ducs de Bavière et de Bénévent avaient l'un et l'autre épousé des filles de Didier, ancien roi des Lombards; peut-être est-ce cette alliance qui leur valut la haine de Charlemagne. Nous avons déjà vu avec quelle cruauté le duc de Frioul avait été puni, pour avoir osé s'insurger contre le roi dés Francs, et comment le duc de Spolète, effrayé par cet exemple, s'était empressé de faire sa soumission. Aréghis, duc de Bénévent, n'en persista pas moins à vouloir conserver son indépendance. Son duché formait un État assez puissant, rempli de grandes villes ; il comprenait les trois quarts du royaume de Naples ; l'autre quart appartenait encore à l'empire grec. Charlemagne était persuadé que son titre de roi des Lombards lui donnait un droit de souveraineté sur tous les duchés autrefois dépendants de la couronne de Lombardie. Aréghis, au contraire, se regardait comme affranchi de cette dépendance depuis la chute de son beau-père; au lieu du titre de duc qu'il avait porté jusqu'alors, il prit celui de prince ; il se mit une couronne sur la tète, porta un sceptre et fit tous les actes qu'on croyait n'appartenir qu'à un prince souverain.

Charlemagne regarda cette conduite comme une

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