LIVRE NEUVIÈME
I. — Après avoir assisté à la formation de Tempire, nous avons hâte de revenir à un autre ordre de faits, à celui qui concerne plus particulièrement les destinées des peuples germains. Il ne suffisait pas que le régime établi par la conquête dans la Gaule eût gagné les pays primitivement habités par les Francs; il fallait que la réaction s'étendit sur toute la Germanie et qu'elle se fît sentir jusqu'aux rives de l'Elbe. C'est dans ce but que Gharlemagne dirigea ses armes contre les Saxons. La guerre que ce peuple eut à soutenir a un caractère tout particulier : c'est la lutte du germanisme contre la société mixte des Gallo-Francs. Ceux-ci avaient la prétention de civiliser un peuple barbare, c'est-à-dire qu'ils voulaient lui imposer leurs croyances et leurs institutions.
On désignait sous le nom de Saxons toutes les peu-