GUERRES CIVILES
Jusqu'ici c'était Chilpéric que ses ressentimens excitaient contre Sigebert. C'est Sigebert , maintenant , contre Chilpéric. A la mort si prompte et si imprévue de Galsuinlhe, d'unanimes regrets avaient éclaté. Comme cette princesse avait récemment abjuré l'arianisme , aucun sujet de mé6ance et de désaccord n^atfaiblissait». dans le cœur des Francs , la juste compassion que leur inspirait son malheur. On répandit même, et Popinion en fut générale, qu'il s'était fait sur son tombeau des miracles. A leur tour les soupçons survinrent, qui ne se propagèrent pas moins rapidement. EnBn, quand Frédegonde eut monté au trône , cette indiscrète élévation déchirant jusqu'au dernier voile, on ne soupçonna plus, on fut convaincu. Le crime sortait manifeste et certain de l'obscurité où Chilpéric croyait l'avoir enfoui. Mais des soucis qu'^avait Frédegonde , celui-là n'était pas le plus iifaportun. Ainsi qu'elle n'avait eu de refuge que dans la mort de la reine contre sa vengeance, elle n'en avait maintenant que sur le trône contre cette mort.
Brunehault déplorait amèrement le sort de sa sœur, et s'en imputait même la cause. Pendant qu'on délibérait à Tolède sur les offres du roi de Soissons , et que Galsuinthe, comme avertie d'en haut, ne se mon-