LIVRE V (586). 44î
par rinflexibililë de ces châlimens,^une plus profonde idée de son droit* et de sa force. Non content des condamnations dé]k portées contre les évêquesi il 6t imposer de rigoureuses amendes à tous ceux qui, convoqués pour cette guerre , avaient évité ou refusé de prendre les armes. Méprisant même la protection que lui accordait Brunehanlt , il fit rechercher vivement Waddon, et quand on l'eut découvert , il le fit traîner devant lui chargé de chaînes. 11 fallut de longs efforts à l'évêque de Bayeux, Leudovald, pour ar-« racher ce malheureux au funeste sort q[ui le menaçait.
Mais c'était surtout de Gontran-Boson que le roi de Bourgogne souhaitait la perte. Il n'avait servi de rien à ce duc d'enlever Théodore, ni de trahir et de tuer Gondovald. Ses perfidies, qu'il croyait réparer l'une par l'autre , s'étaient multipliées sans s'effacer, et chacune d'elles trouvait maintenant un vengeur impatient d'en demander compte. On n'oubliait point en Bourgogne le voyage de Constantinople, et les exhortations qui avaient provoqué la tentative de Gondovald. En Austrasie, on n'oubliait pas davantage Mérovée livré, Théodore surpris, Gondovald attiré dans de lâches embûches. Les causes étaient différentes ; la haine ^ale et commune.
Déjà avait été fait un premier essai de justice. Une parente de la femme de Gontran-Boson venait de mourir. Elle ne laissait point d'enfans et était fort riche. On l'ensevelit dans une église de Metz , toute parée de beaux vêtemens et de joyaux précieux. On jeta même dans son cercueil beaucoup d'or. À quel- I. 29
qoes jours de là venait la fête de saint Kémt, cpiî se célébrait hors de la ville. . L'évêque , le duc, le plus grand nombre des habitans étaient à la fête. Prc^tant de Toccasion, quelques hommes s'Inlrodutsirent dans F^lise, rompirent le sépulcre, et dàrobèrent toutes les choses précieuses qui y étaient enfermées. Ces hommes étaient des serviteurs de Gontran-Boson. Us s'enfuireAt. Mais comme on s'était mis promptement à leur poursuite, désespérant d'échapper, ils prirent J'étrsmge résolution de retourner k la basilique, de déposer sur l'autel tout ce qu'ils avaient enlevé , et de demeurer obstinément dans cet asile. Ce fut ainsi, et par leur propre déclaration, qu'on apprit quel était le principal auteur de leur crime. C'était Gontran-Boson, dirent-ils, qui les avait envoyés.
Le synode de Mâcon était assemblé en ce temps; les évéques y Brent éclater leur douleur. De son côté, Ghildêbert avait convoqué un plaid dans une maison qu'il avait au milieu des Ardennes. Le plaid ouvert, la profanation de Metz y fut rapportée, et Gontran- Boson se vit tout-à-coup accusé et interpellé. N'osant ou ne pouvant répondre, il s'enfuit, et le plaid décida qu'il serait privé des nombreuses teires qu'il avait obtenues de la munificence du roi.
Cette sentence ne satisfaisait ni Brunehault, ni le roi Contran. Le duc lui-même eut l'imprudence de s'en plaindre et d'en solliciter trop promptement la révocation. Il excitait les grands; il impcMtunait les évéques : Childebert irrité, au lieu de la grâce qu'il en attendait , ordonna de le poursuivre et de le tuer.Le