‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 181 sur 196 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

linuer leur voyage , quand tout-à-coup un de leurs serviteurs ayant eu querelle, avec un marchand , le tua. Le peuple, irrité, s^émut et vint assaillir leur maison.^ Evance et Bodégésîle , croyant l'apaiser y sortirent sans armes. Mais à leur vue la fureur du peuple s'accrut, et ils périrent. Grippon , resté seul , avait armé tous sies Francs , et préparait une vigoureuse résistance. Elle ne fut pas nécessaire. Le peuple satisfait , ou peut-être effrayé de ses deux meurtres, tarda peu à se disperser. Grippon alors se hâta ; il vint à Constantinople , et fit à Pempereur grec de libres et menaçantes plaintes. Maurice fut profondément affligé , et voulant à tout prix éviter une rupture avec Childebert, non content d'accéder aux propositions qui lui étaient faites pour renouveler ta guerre d'Italie , il wvoya à ce prince douze des principaux habitans de Carthage , chargés de chaînes , lui offrant le choix , ou de les faire mourir, ou de recevoir pour chacun trois cents pièces d'or de rançon. Childebert dédaigna l'up et l'autre, et les délivra. Cependant son armée se réunissait. Vingt ducs avaient été choisis pour la conduire , et h leur tête étaient Audovald , OUon et Cédiq. Les Alpes franchies , Cédin se dirigea vers la gauche , et remonta à Plaisance. OUon et Audovald se jetèrent sur la droite, et allèrent camper à Milan. A peine arrivé, OUon , voulant reconnaître le château de Bellinzone , fut frappé d'une flèche à la tête , et mourut. Non loin de Milan est un lac d'où sort une rivière étroite et profonde ; c'était en ce lieu que s'étaient arrêtés les

iTG HISTOIRE DES FRANCS.

tivité. Il soumit aussi File de Saint-Julien , où commandait un duc Minulphe , à qui bientôt après les Lombards coupèrent la tète , pour prix de sa lâcheté. Il força enfin le château de Ferrage , dont la population se racheta au prix d'un sou d'or pour chaque habitant.

Trois mois écoulés , la situation d'Autharfs devenant de plus en plus dangereuse , il engagea de secrètes négociations ayec les généraux francs. Elles eurent une bonne issue. On convint d'une trêve , à qui l'on assigna dix mois de durée. Les Francs , conservant tout leur butin et tous leurs catptifs , sortaient d'Italie ; mais les places qui avaient appartenu à Sigebert leur étaient laissées ou rendues , et les habitans juraient fidélité à son fils. Cette convention s'exécuta religieusement. Les Francs toutefois , à qui les vivres manquèrent , firent encore de fâcheuses pertes dans leur retraite.

La trêve devait conduire k la paix. Autharîs en effet envoya deux ambassadeurs à Contran , pour solliciter sa médiation, a Roi très -pieux, lui di- 0 rent les ambassadeurs , nos pères avaient fait ser- » ment à toi et à la race; nous ne l'avons point » violé. Pourquoi donc nous accablez- vous ? Notre » volonté est de vous rester soumis ebfidèles. Rece- » vez-nous de nouveau en votre amitié. Cette union, » qui garantira notre sûreté, ne sera pas inutile à » la vôtre. Que nos discordes , qui font maintenant » la joie de nos ennemis, réveillent en s'éleignant » leurs anciennes craintes.. »

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