NOUVELLE GUERRE DE BRETAGNE
Les Bretons, contenus par la terreur que leur imprimait Chilpéric, n'avaient rien osé depuis la délivrance de révèque Eone. Mais quand ils virent la mort de ce roi et les embarras qu'elle faisait naître , affranchis de leurs craintes , ils eussent voulu s^affranchir aussi du tribut. Ils prirent donc de nouveau les armes, et se jetèrent sur le territoire de Nantes ,
(i) Frédegaire.
conduits par Waroch, el par Widimael, qui avait succédé à Tbéodoric.
Leur invasion eut d'abord un succès facile. Ils rayagèrent toute la contrée, amassèrent beaucoup de butin, et emmenèrent un nombre prodigieux de captifs. Contran, ces nouvelles reçues, fit marcher précipitamment une forte armée, et en même temps leur fit annoncer que, s'ils ne payaient sans délai une juste composition pour leurs violences et pour leurs pillages , ils passeraient tous , sans miséricorde , par le tranchant de Fépée.
Les Bretons n'avaient prévu ni cette résolution de Contran , ni ses efforts , ni sa promptitude^ Ils s'en effrayèrent , et voulant au moins ralentir l'ardeur de leur ennemi, ils lui accordèrent la promesse qu'il prescrivait. Contran alors leur envoya Bertrand et Numatius, celui-ci évêque d'Orléans, l'autre du Mans. Avec eux partirent aussi quelques seigneurs des deux royaumes de Soissons et de Bourgogne. Widimael et Waroch , quand ces envoyés eurent expliqué les ordres qu'ils leur apportaient , n'osèrent nier qu'ils ne fussent sujets des rois francs , ni que les villes dont ils avaient envahi le territoire ne fussent du domaine de ces rois. Aussi se soumirent-ils. Chacun d'eux promit une composition de mille sous d'or ; chacun promit de ne plus violer le territoire des Francs; chacun donna des otages.
Contran, satisfait, congédia son armée. C'était l'espérance de Waroch. L'automne venue, peu soucieux de ses obligations et de ses sermens , il retourna sur