‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 184 sur 196 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

, le lerritoire de Nantes, en occupa les vignobles, en recueillit la vendange, et traînant avec lui ces riches et abondantes quantités de vin , il rentra à Vannes. Contran fut profondément irrité ; il rappela son armée. Il annonçait la résolution de châtier avec une grande rigueur l'insolence et rinSdélité de Waroch. Mais préoccupé en ce temps d^intérêts plus graves, sa colère tarda peu à se refroidir, et de nouvelles soumissions achevèrent de le désarmer, s^

Elles n'étaient pas plus sincères que les précédentes. Après quelques mois de repos, les Bretons rentrèrent sur le territoire de Nantes , et y recommencèrent leurs dévastations. Ils se répandirent aussi dans la campagne de Rennes , qu'ils ravagèrent avec une égale fureur* Ce fut impunément cette fois. Le roi de Bourgogne ne pouvant sufQre à tant d'ennemis, affecta de dédaigner cette nouvelle agression, et remit à d'autres temps le châtiment qu'il avait dessein de lui infliger.

Mais l'année suivante , les Bretons , rendus plus confians par sa patience, sortirent une quatrième fois de leur pays , et voulurent tenter de nouveaux pillages. Contran, plus libre alors et moins menacé » cessa de dissimuler et d'attendre. Il fît marcher une armée dont il donna le commandement à Ebrachaire et à B'eppolène.

L'armée approchait déjà de la Bretagne. Mais une vive mésintelligence avait éclaté entre les deux chefs. Ebrachaire , plein de jalousie , craignait de* contribuer aux succès de son rival. Plusieurs fois il avait essuyé

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et rendu de sanglans reproches. C'était deux ennemis , en un même camp. D'un autre côté, Frédeg^onde,. toujours plus animée contre Gontran , toujours plus obs^ tinée dans son aversion contre Beppolène, ayant fondé quelques espérances sur cette expédition de Bretagne, avait lié de secrètes intelligences avec Waroeh, peutêtre même avec Ebrachaîre. Ce fut à ce point qu'elle envoya à Waroeh une assez nombreuse troupe de ses . Saxons de Bayeux.

Cependant on traversa la Vilaine sans obstacle. Le passage dé l'Ourde ne fut pas non plus disputé. Arrivés en ce lieu, il vint un prêtre breton qui, s'offrant pour guide à Beppolène, lui promit de lui montrer les chemins et de le conduire au camp de Waroeh* Beppolène, trompé par le caractère du prêtre, n'eut aucun soupçon de sa fourberie, et il n^hésita point à le suivre. Mais quand il donna l'ordre de se mettre en marche, Ebraehaire sépara ses troupes des siennes, et n'avança qu'avec une extrême lenteur. Beppolène ne • laissa pas de persévérer. Pendant deux jours, tout répondit h son espérance. De faibles troupes d'ennemis se montraient par intervalles sur la route, engageaient quelque temps le combat, et puis s'enfuyaient , n'omettant rien pour animer les Francs à leur poursuite, et les attirer toujours plus avant. Beppolène, prenant ces succès trompeurs pour de réelles victoires , s'enorgueillisait , et s'affermissait de plus en plus dans son imprudente sécurité. Mais enfin, le troisième jour arrivant, il se trouva tout-à-coup enfermé dans des marais profonds et bourbeux* où ne

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