FIN DU REGNE DE CONTRAN
Cependa^it les inimitiés ne s'apaisaient point , et; par intervalles, se renouvelaient les essais de trahison et de meurtre. Contran avait bâti, dans le faubourg de Châlons, une vaste et somptueuse basilique. Il y avait même ajouté un monastère, et tous deux avaient été mis, par un sypode d'évêques, sous l'invocation de saint Marcel. Le prince aimait cette église, qui était son ouvrage, et il y venait prier fréquemment. Un jour qu'on y célébrait la fête du saint, il avait voulu assister aux ofQces. Le moment de la communion arrivé, il s'avançait avec recueillement vers l'autel pour la recevoir, quand tout-à-coup, saisissant cette occasion, un homme s'approcha humblement de lui comme
pour implorer une grâce. Mais, dans le trouble oii était cet homme, un couteau glissa de sa main et tomba avec bruit sur la pierre. Avertis ainsi par le plus favorable hasard, les serviteurs du roi accounrrent; on saisit Thomme, et on le trouva encore armé d'un second couteau ôté de sa gaine. Arraché aussitôt de la basilique, il fut mis à la torture et interroge. Il avoua son dessein. « Il était venu, disait-il, pour tuer y» le roi. Ainsi le voulaient ceux qui Tavaienl envoyé. » Pressé de révéler leur nom, il y consentit. Plusieurs furent découverts et punis de mort. Pour lui, chose remarquable, comme on l-avait enlevé violemment et contre sa volonté de Téglise, on ne jugea pas qu'il fût permis de lui ôter la vie.
Après Contran ce fut Childebert. Ce prince était dans sa maison de Marlheim. Il allait entrer dans l'oratoire de cette maison quand ses serviteurs aperçurent un homme inconnu qui s'était glissé dans un lieu obscur et y demeurait immobile. Etonnés, ils allèrent à lui et l'interrogèrent : « Qui es-tu ; d'où viens- » tu Psque veux-tu? — Je suis l'un de vous, » leur répondit-il. Mais le mensonge ayant été bientôt reconnu, les soupçons s'en accrurent. On Tarrêla, on le tortura, et l'on apprit de lui : « Qu'il était envoyé par Fré- »degonde; qu'ils étaient douze complices; que la » moitié s'était arrêtée à Soissons dans l'espoir de » surprendre Théodoric ; que le reste était venu avec » lui dans le dessein de faire mourir Childebert. » Parmi ceux qu'il avait nommés quelques-uns se donnci'ent eux-mcmes la mort ; plusieurs la reçurent