‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 46 sur 196 · LIVRE II (&24-AS3). US · texte numérisé non relu

LIVRE II (&24-AS3). US

» ou préfères-tu qu^ils soient dépouillés de leur che- » Telure ? » Emue d'une profonde douleur: c Morts plutôt que dégradés ! » s'écria Chiolilde. Et Arcadius se hâtant , de peur que , par un retour de pitié , sa magnaniniité fléchît et se repentit , alla tout aussitôt redire celte réponse aux deux rois.

Eux.se hâtèrent aussi. L'enfance et le sang n'eurent pas le pouvoir de les arrêter ; le fratricide n'effraya point leur ambition. Ghlotaire , les paroles de sa mère entendues , saisit lui-même l'ainé de^ enfiuis , le ren« ver^a sur la terre» et d'un coup de poignard , le tua. Le second , témoin de ce meurtre, se précipita éperdu aux pieds de Childebert , l'implorant et lui criani : « Mon bon père , donne-moi secours, afin qu'il ne soit » pas fait de moi comme de mon frère. » Childebert , chose merveilleuse, se sentit ému, et s'adressant ^ Ghlotaire : « Accorde-moi celui-ci , lui dit-il ; je le ra- » chèterai au prix que tu régleras. » Mais Ghlotaire blasphémant, et le repoussant : « Éloigne-toi, s'écria- » t-il , ou tu mourras foi-même pour lui. Es-tu si • prompt à te d^ger de cette entreprise, toi lâche, qui » l'as préparée et qui m'y as entraîné? » Ghildebert ^ que ces reproches rappellent à lui , dépouille bientôt une pitié passagère. Il rejette l'enfant au roi de Soissons, qui d'un second coup de poignard achève aussi* tôt le second crime.

Les serviteurs à leur tour furent mis k mort. Il n'y eut que Ghlodoald, que des soldais dérobèrent et qui fut miraculeusement préservé. Apres quoi , ê'éUni coupé les cheveux de sa propre main, il renonç» i^éh

l^nnellement à son héritage, s'enferma dans un menastère, et y vécut saintement dans Texereice des œuvres de Dieu.

Ces. meurtres à peine accomplis » Childebert et Gfalotaire allèrent audacieusement se montrer au peuple à qui cette hardiesse imposa. Chlotilde cependant recueillit les jeunes cadavres , et portés ensemble sur le même char j elle les conduisit, malgré sa consternation et son immense douleur, jusqu'à l'église de Saint-Pierre où la même tombe les reçut.

Les deux rois partagèrent ensuite, et à parts égales, le royaume dont ils s'étaient faits héritiers (1).

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