‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 45 sur 196 · LIVRE II (624-433). 1!S · texte numérisé non relu

LIVRE II (624-433). 1!S

reine , que Chlotaire , soit politique , ou séduclion de sa beauté , épousa. 11 laissait aussi trois enfans » Thibault, Gonthaire, Chlodoald.

La reine remariée , Ghlotilde les prit en sa protection et en sa tutelle . Neuf ans s'écoulèrent. Comment fut gouverné le royaume d^rléans , dans cet intervalle? Agathias dit que les frères de Chlodomir , sitôt qu^il fut mort , s'en partagèrent entre eux les provinces. Grégoire de Tours au contraire ne met le partage qu'après la mort des enfans , et en exclut le roi d'Austrasie.

J'incline à croire le dernier récit préférable. Grégoire de Tours doit être mieux instruit de ces faits , et si les frères de Chlodomir se fussent déjà saisis de son héritage, on peut douter qu'ils eussent tardé si long-temps à dépouiller leurs neveux des marques de la royauté. On peut douter aussi qu'une possession si ancienne et acquise sans meurtres , eût eu besoin de meurtres pour se conserver. Il y a d'ailleurs une circonstance décisive : on a la preuve que les évêques de ce royaume n'étaient nommés ni par Chlotaire ni par Chadebert(l).

Chlotilde était venue à Paris. Les jeunes princes y étaient aussi avec elle. Childebert, profitant de cette occasion , envoya secrètement vers Chlotaire , lui faisant représenter la prédilection de leur mère pour ses pupilles ; sa persévérance à les vouloir garder et main-

(i) «Après la mort de Léon, les évéqaes Théodore etProcule, nommés rn/mr Chlotilde ^ gouycrnèrent trois ans TégliM de Tours.» — Grég. de Touii, Ut. 3.

tenir roi^ ; la oépessite qu'il vînt promptement à Paris, <$t qu'ils layisiissènt ensemble, comment ils disposeraient d'eux ; s'ils les dégraderaient, s'ils les £&raiei^t mour^; de quelle façon ils partageraient ensuite leroyauinie()).

Chlotaire ayant reçu ce message, ne délibéra point et partit^ En même temps, ChiLdebert répandait le bruit que l^ i^ésolution était prise , et que les fils de leur frère gUatent être proclamés. Le peuple en accueillit fapilement re$pérance ; ChloUlde elle-même se laissa séduire et persuader.

Les dioç^ donc ainsi préparées , les deux rois lui firent demander les jeunes princes , disant : « Qu'elle » les envoie afin que nous les élevions sur le trône. » Chlotilde , pli9in.e de joie , ne résista point , et dit : « Qu'ils aillent, ^t s'ils succèdent à mon fils« je croirai » W ravoir pas p^du. »

Les enfans furent amenés. Mais au même instant on les enferma , et on les sépara de leurs serviteurs. On enferma les serviteurs aussi , mais à part et dans un lieu âoigné. Les deux rois alors envoyèrent de nouveau vers leur mère. Ils avaient fait choix , pour ce message , d'Arcadius , sénateur d'Auvergne , éprouvé déj^ en d'autres trahisons. Arcadius se présenta donc à Chlotilde , portant des ciseaux et une épée nue en sa main. « Glorieuse reine, dit-il, dé- » cide et choisis. Qu'ordonnes-tu des fils du roi » d'Orléans? Ta volonté est-elle qu'ils périssent,

(i) Grégoire de Tours, liv. 3.

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