‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 50 sur 196 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

RÉVOLTÉ D^AOVÉRGNE (531-532).

Dans le temps que Ghfldebept marchait contre Amalaric , le bruit courut par toute FAnvergne ^ que

(i) Pasquiér dit que ce fat Ghildebert loi-méme qui ioa Amtâêric, — Liv. 1, ehap; 7. Pasquiér a pris à la lettre h léfeode de U WÊéâÊÊâê qm^ fut frappée y dit-on, au retour de Ghildebert. — *Cjtfo A«iUMMce##i

profligatis Arùuus.

(a) Par Theudis qui lui succéda.

Théodoric était mort dans sa guerre avec Hermanfroi* Les peuples de cette province étaîient indociles et entreprenans. Fatigués d'obéir au roi d'Austrasie , ils se soulevèrent. Un de leurs sénateurs, ce même Arcadius que j'ai déjà eu occasion de nommer, alla trouver le roi de Paris , le sollicitant de faire trêve un ins* tant à 3on . entreprise , et de recevoir en passant la nouvelle conquête qui s'offrait à lui.

Ghildebert accepta , et se porta rapidement sur Clermont^ La ville était fermée ; mais Arcadins qui l'y avait devancé en brisa les portes et la lui livra, fresque au même instant, fut apportée la nouvelle que Théodoric revenait vainqueur d'Hermanfroi. Regrettant aussitôt sa précipitation et son imprudence , Ghildebert se hâta de quitter l'Auvéï^ne, et il reprit son premier dessein.

Mais Théodoric vint diâtier la révolte. Toute la contrée fut mise à sang et à pillage. A peine' si Cler* mont dont la destruction était résolue , réussit à désarmer l'aveugle colère du roi.

Quelques châteaux résistaient. Théodoric assi^ea d'abord celui de YoUare.On s'y défendait vaillamment, quand le roi , qui s'y était ménagé des intelligences , feignit de lever le siège, et partit. Les assiégés, trahis par leur joie , ne firent plus alors si fidèle garde. Ge« pendant la nuit survenue, le roi d'Austrasie revint. Il y avait dans la place un prêtre nommé Procule , qui était trésorier de l'église d'Auvergne , et que de vives contestations avec son évéque avaient mis en crédit chez les révoltés. Un serviteur de ce prêtre entreprit

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d'introduire secrètement les soldats du roi, et la trahison réussit. Tous ceux que Tépée épargna furent Baiits esclaves. Procule lui-même, qui s'était réfugié dans l'élise,. fut tué au pied de FauteL

Une autre ruse livra à Théodoric un autre château. On le nommait M.erliac. C'était une place étendue , et cependant facile à défendre. De hauts et inabordables rochars l'entouraient. On y comptait plusieurs fontaines d'eau vive , un étang , des jardins , des champs cultivés; utiles ressources durant un long siège. Fiers de leur nombre et d'une position qu'ils tenaient pour inexpugnable , les rebelles quittaient quelquefois leurs remparts , et allaient au dehors assaillir les Francs. Mais une fois qu'ils s'étaient engagés trop avant, cernés et rudement chairs au retour, ils ne rentrèrent qu'à grand'peine dans leur citadelle , et laissèrent cinquante des leurs prisonniers. Théodoric, profitant aussitôt de cet avantage , fît conduire ces malheureux au pied du rempart , dépouillés de leurs habits et les mains liées comme s'ils allaient au supplice. Des soldats suivaient , leur épée nue , qui criaient à ceux de la ville que c'en était fait , et qu'à moins qu'ils ne se rendissent sur l'heure , toutes ces victimes allaiait mourir à leurs yeux. Les habitans s^émurent à ce spectacle et se résignèrent. La ville ouvrit ses portes au roi, et racheta chaque prisonnier d'une l'ançon de quatre onces d'or.

Jugeant alors l'Auvergne soumise , Théodoric s'éloigna. Il avait laissé Sigewald pour y commander. Sigewald, qui était de la famille du roi, avait l'humeur

rade , haiHakie el avare. Au Kéti d'étouffer la révolte, il la ranima. C'étaient ^chaque jour de nouvelles ra- |Hnes et de nouveaux meurtres. Des terres mêmes qui étaiept consacrées aux églises , il y en eut qu'il cod^ voita et qu'il envahit. Ces violences furent si nombreuses et leurs effets si pernicieux , qu'à la fin s'é^ veillèrent la politique et la justice du roi. Il fit mourir S^wald; même il voulait que son fils Giwald mourût avec lui. Mais celui-K» pritla fuite : l'amitié de Théôdobert le protégea et le prés^va.

Mais , dans l'intervalle , d^aulres événemeas édacèrent. Mundéric (l)* qui était aussi de k ùmille dii roi , sachant la lassitude du peuple ^ jn^a le moment opportun pout le soulever. « Pourquoi, di^fiait-il dans » son ot^ueil , souffrirais^je un makre ? A; quel tkre » Théodoric serait-*il mon roi ? Quel droit a*t-il spr » cette province aeieilleur que lé mien ?» 11 assembla done le peuple , et lui dit : « Yovez de quelle race je » sors , et que je suis prince. Venez avec DK)i ; cfest » votre salait. » La multitude crut , et suivit. Elle lui jura Qdélité ^ et le prit pour roi.

Ces choses étant rapportées à Théodoric, U ne vonjiut point d'abord avoir recours à la forée, c Qui^on > parie à Mundéric , prescrivit-il. Qu'il s^assure en y^ moi , et qu'il vienne. Les terres qti'il demandera lui p seront données , s'il les demande à hon droite » Mais Mundéric évita le pîége , et refusa de s'alkr remettra au pouvoir de son ennemi c Retournez , dit-il , et

(i) M. de Foncemtgne a conjecturé qu^il était &ls naturel de GhIovU. .— Mém. dePAcad. des Inscr. Tom. la, p. i56.

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