‹ Histoire des Francs (volume 2)Chapitre 51 sur 196 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

» répétez à votre roi ma réponse : je suis , aussi bien » que lui , libre , maître et roi. »

A cette réponse , Théodoric slrrita , et , sans plus tarder, il fit marcher une armée. Trop faible pour combattre à découvert et livrer bataille ^ Mundéric s^en-* ferma dans le château de Vitry y qu'il fit diligemment munir et fortifier. Sept jours durant , se renouvelèrent les attaques, toujours avec une égale fureur. Lui, de son côté , vigilant et infatigable , les repoussait , toujours avec le même succès. On çn informa Théodoric qui, retournant à ses habitudes de ruse et de fourberie , envoya au camp Arégisile , Fun de ses plus artificieux serviteurs. Celui-ci eut une entrevue avec Mundéric, et lui dit : « Pourquoi t'obstines-tu comme » un insensé ? Tu ne peux surmonter les forces du » roi. Tout à Theure vaincu par la faim ^ il te faudra » te livrer toi-même^ et tu mourras misérablement. » Ecoute plutôt mes conseils. Fie-toi au roi , afin que » tu vives , toi et tes fils. » Mundéric , dgà ébranlé , répondit: « Je ne le puis point. Car si je me mets en la » main du roi , il me tuera , moi et mes fils , et ceux » qui nous- suivent. » Arégisile reprit, disant « quMI « ne craignît rien ; qu'il ne serait point tiré vengeance » de lui ; que , s'il en voulait son serment , il le lui » ferait. — Plût à Dieu , reprit à son tour Mundéric, » que j'en eusse bonne assurance ! » Arégisile , entendant , saisit avec habileté ce moment d'irrésolution et de faiblesse. Il entraîna Mundéric k l'église , et sans hésiter, les mains étendues sur l'autel de Dieu, il jura qu'il ne serait fait aucun tort à lui, ni aux siasis.

Miindéric, ayant reçu son serment , ne refusa plus de le suivre.

ArégisUe, avant d'entrer dans la ville, avait averti et instruit les siens. Tout était réglé pour ce qu'il avait résolu , roccasion , le lieu , le signal. Il marchait donc, tenant Mundéric par la main, en signe de bonne intelligence et de paix. Et pendant ce temps , des troupes de soldats se pressaient curieusement autour d'eux, comme excitées par le désir de voir de plus près. Au moment venu , Arégisile donna le signal. Mais Mundéric était attentif, et il comprit son des- /sein. « Parjure infâme, s'écria-t-il, tu leur commandes » ma mort; mais toi-même tu ne vivras plus. » Et ainsi fit-il ; car, plus prompt que lui, il le perça de sa lance« Et tout aussitôt , secondé de ses serviteurs , il se jeta au plus fort de ceux qui le voulaient assaillir, et de long-temps il ne se lassa de tuer. Le nombre enfin l'accabla : honteux succès d'une juste guerre ; glorieuse fin d'une injuste rébellion.

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