LIVRE II
qui se repent, ne méritent guère que du mépris ou de la pitié.
Il eut cependant un grand zèle pour la religion. On a de lui une charte (1) pour faire abattre les idoles qui se conservaient encore dans les champs, vieux reste d^idolâtrie que protégeait Thabitude. Quatre conciles furent assemblés sous son règne i et celui d'Orléans publia des canons pour abolir quelques cérémonies payennes que le peuple continuait d^observer dans les baptêmes et dans les sermens. En6n ce prince étouffa le schisme que la querelle des trois chapitres avait été sur le point de faire éclater.
On appelait de ce nom de certains écrits composés par Théodoret , par Ibas et par Théodore ; le premier évéque de Cyr; le second, d^Edesse ; le dernier enfin , de Mopsueste.
De ces écrits, ceux de Théodoret et d'ibas étaient dirigés contre saint Cyrille d'Alexandrie ; ceux de Théodore passaient pour avoir* inspiré à Nestorius ses principales erreurs.
Ils avaient déjà plus d'un siècle, et outre cela , ceux de Théodoret et d^Ibas ayant été examinés au concile de Calcédoine , y avaient été solennellement déclarés orthodoxes.
(i) Quia necesse est ut plebs quœ sacerdotis pneceptum non ità ut opportet custodit, nostro etiam corpigatur iroperio, kanc chartam generatiter pcr omnia loca decrevimus mittendam, prœcipientes ut qoicumque admonitus de agro suo, ubicunque fuerint simulacra constructa, vei idola dsmoni dedicata, factuni non statim abjeceriut, vel sacerdotibusJiaec destruentibus prohibuerint, datis fidejussoribus, non aliter discedant nisi in nostris obtutibus praBsententur.— (CAi^e^erfi régis Conttitutio.)
Mais Ëutichès avait été anathématisé au même concile , et ses partisans , que l'impératrice Théodora protégeait; poursuivaient avec ardeur la condamnation des écrits, voulant par là faire condamner les conciles qui les avaient eux-mêmes condamnés.
Les Nestoriens aussi prenaienti quoiqu'en sens contraire, un vif intérêt à cette poursuite. Car la.condamnation des écrits ne pourrait rien ajouter à la leur; mais l'absolution , si elle était obtenue , serait comme une sorte d'approbation de leur doctrine , que justifiaient ces écrits.
Les évêques de France avaient condamné les deux hérésies de Nestorius et d'Eutichès. Néanmoins le concile de Calcédoine étant en grande autorité parmi eux , le respect qu'ils avaient pour ses décisions ne . leur permettait pas d'adhérer [k la condamnation des écrits qu'elles avaient jugés irréprochables.
Le pape Vigile était dans les mêmes dispositions. Mais Justinien, excité par Théodora , convoqua , malgré ce pontife , un nouveau concile à Constantinople , et là condamnation qu'il sollicitait lui fut accordée.
Vigile, persistant dans sa résistance, refusa de souscrire à la décision. L'empereur s'en irrita , et l'envoya en exil. Rappelé l'année suivante, pendant qu'il retournait à Rome , il mourut.
Pelage fut son successeur, qui, dévoué aux volontés de Justinien, ne différa point de souscrire à la condamnation des trois chapitres. Cette faiblesse souleva toute l'Italie. La plupart des évêques se séparèrent de