ASSOCIATION DE LOUIS A L'EMPIRE
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I. Charles venait de mettre à fin une grande et difficile entreprise, quel en devait être le fruit? D avait embrassé, réglé, prescrit Tavenir; l'avenir rëpondrait^il docilement à sa prévoyance? Qu'en adviendrait-il de tant de ménagemens et de soins; de ces sages et laborieuses combinaisons, qu'en resterait-il? Le génie humain s'applaudissait de son œuvre; œuvre imposante en effet, mais fondée sur des espérances. Elle admettait, en la limitant, l'infaillible intervention de la* mort, qui mépriserait peut-être ces limites ; elle distribuait des royaumes, qui peut-être manqueraient de rois. Trompeuse prudence de rhomme, réduite à se reposer sur des vraisemblances, et qui n'a pour mesure des temps futurs, que les temps présens et passés !
La guerre se perpétuait cependant, et ne se laissait point effacer par ces pacifiques et fragiles délibérations de la politique. Qui eût persuadé aux Arabes de renoncer à la guerre? Élevés par elle, quel autre moyen avaient-ils de se conserver et de
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s'affeiTOÎt'? Toujours menacés, souveni vaincus sur les bords de TEbre , ils avaient résolu enfin de dk viser leurs efforts, el de chercher eu d'autres con-: U^es de plus glorieux et plus profitables combats. Un premier essai de ce système de diversion ne leur avait été cependant que peu favorable à Majorque, Victorieux un instant, quand on ne prévoyait pas leur attaque, une sanglante défaite avait sévèrement châtié le succès passager de cette surprise.
II. Mais il avait passé des années, le souvenir de ces malheurs se perdait, et le souhait d'un plus durable triomphe encourageait à l'espérer et à le tenter. Une flotte donc sortit inopinément des ports soumis au calife, et laissant les côtes de TAquîlaine et et des Gaules, mieux pourvues sans doute et moins faciles à surprendre, elle alla menacer les mers d'Italie et leurs îles* Pépin , prévenu mais non effrayé, se prépara courageusement à la défense, et fit armer et rassembler ses vaisseaux. Mais, quelque diligence qu'il fît, la mer pendant ce temps restait libre, et les Arabes la parcouraient sans obstacle. Où s'arrêteraieut-'ils, et sur quelle- ;• terre irait retomber leur venj^eance? La Corse était la proie qu'ils avaient choisie, proie facile (l) et
(1) Là Corse étiit bien déchue de sonancieane spleadeur. Qui le croirait ? ou y comptait Irânle-lroîâ villes » au temps de Pline. Ma Ligustico mari, est Corska, quamGra*c|GyrooûappeUaYere.<^^
â38 HISTOIRE DES F1VANCS.
qui ne lui fut que faiblement disputée. Ils vinrent , et ils descendirent ; un vain simulacre de combat leur ouvrit, du premier effort, File entière. Ils là désolèretit comme s'ils n'avaient pas eu dësseifl diEl la retenir, et s'y établirent cependant cOttitnë s'ils ne l'avaient pas désolée.
Enfin arriva la flotte d'Italie, nombreuse, ptds-^ santé, formidable. Fuir ou côtnbattre, il n'y aviat point d'autre alternative pour les Arabes : qui Fcût prévu? Ils préférèrent la faite. Trop faibles, àéè qu'il leur parut, pour disputer à Pépin la possession de sop île, ils remontèrent sur leurs vaiftseattx précipitattiment^ quoique sans désordre^ JHgeam leur expédition asseiS fructueuse par le butin enbvé, et par le dommage fait à l'ennemi. LéS Italiens à leur tour, satis&its que la Corse fût délivrée, et ses oppresseurs réduits à la fuite, doutaient qu'il fit sage de rechercher un combat dont le principal avantage était déjà obtenu. Us suivaient les Arabes sans les poursuivre; pour les menacer, plutôt que
civitates habet \xxiti. (Nat. hist., lib. 3.) Elle s'était peuplée toar â toar de Phocéens, d'Italiens, et d' Ibères : Ut antiqaiora , qu» vetustas obdaxit, transeam. Phocide relicta, Graii qaî nnae Massîliam coloBt, prias in hac insula consederunt... Transieinot deinde Ligures in eam, transierunt et Hispani , quod ex simiiitudine fitus apparet. Ëadcm enim teguraenta capitum, idemqoe genus calceamenti , quod Gantabris est , et verba quœdam; nam totus sermo conversatione Grœcorum Ligurumque a patrio descivit. Deductœ deinde sunt duâB, civium romanorum colonis, altéra d Mario , altéra a Sylla. fSénèque » coùsol. ad Helviam» cap. S.)