‹ Histoire des Francs (volume 3)Chapitre 119 sur 135 · LIVRE XX (806-8 1S). ftSlJ · texte numérisé non relu

LIVRE XX (806-8 1S). ftSlJ

pour les atteindre; pour empêcher d autres aggressions, plutôt que pour lés contraindre à les répéter.

Mais a?ec eu^ était Hadumar, duc de Glènes, impatient et téméraire soldat. Dédaignant ces conseils, irrité de cette prudence, lôeul entré tous les ehefis italiens, il aspirait au combat, ne pouvant plier son courage à se glorifier d'un succès acquis BBBs péril. Son vaisseau , plus agile bti moins retenu, était toujours le premier, prolongeant de plus eti plus rintervalle, cinglant audacieusetnent entre les deux flottes, pressant et défiant celle des Arabesé Un moment vint que le vent ôhâttgeant ou manquant^ il perdit tout-ÙK^oup la liberté même de dëlibérer, ne pouvant plus fuir, si son otgueîl savait s'y résoudre, ni se ménagerie secours des siens, si l'ennemi, profitant de son imprudence, le voulait obliger à combattre seul. Il eût été nouveau et éirange que les Arabes négligeassent tîne si favorable occasion. En peu de temps le duc, enveloppé^ n'eut plus d'espérance que d'eflGacer sa fente par l'opiniâtreté de saréisistance, et d'honorer sa défaite par une généreuse et constante mort. Ni 'S^es crain- IM, ni feon espérance ne ftirent trrtnpées. Il périt , et satnort au moins préserva sa gloire ; il fut accablé, et les Arabes , plus heuTeux qu^ils ne l'attendaient, retrouvèrent par lui la victoire jusque dans leur ftiite%

iil. Ces avantages , qtiotcfue biA^icés et d'um

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faible importiuicc^ n'étak^iil pîis tels, cependant, qu'ils pussent les décourager. Ils avaient dévaste ïa Corse, s'ils ne Tavaient pas conservée; ils avaietit reculé devant l'enoeini , mais lui-même il s'étaii

^ comme arrêté devant eux ^ et n'avait osé les combattre. Il fut facile de prcvoû- qu'ils tarderaient peu k renouveler leur expédition* Charles donc , cmgnant encore pour la Corse , et pressentant que les Arabes y mèneraient cette fois, une flotte assez forte pour ne plus redouter celle d'Italie , envoya

[ dans cette île ses propres vaisseaux et son connétable Burchard. Il avait jugé sagement : quelques mois s'étaient à peine écoulés qu'une flotte arabe reprenait de nouveau le même chemin. Mais au lieu delà Corse, ce fut en Sardaigne d'abord qu'elle alla tenter ses premiers essais d'îiTuplion, L'attaque antérieure avait rais toutes ces mers en alar* mes, et d'utiles préparatifs avaient été faits de toutes parts pour détourner ou surmonter le péril. Aussi, iquand les vaisseaux arabes eurent jeté l'anct^e, et 'que leurs soldats descendirent croyant la conquête infaillible et comme achevée par leur présence, les >Sardes » ou plus résolus ou mieux dirigés que ne H'avaient été les habitans de la Corse , bien loin de s'épouvanter et de fuir, se précipitèrent au contraiie gsur le rivage, annonçant la ferme volonté d'en empêcher Vaccès à ces dangereux aggresseurs.

L'effet répondit promptement à la menace ; on se mêla, on combattit, on se disputa résolument et longtemps Thonneur et les avantages de cette reo'

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contre. Cependant les Sardes ne se lassaient point» on eut dit plutôt que leurs forces cFoissaîent dans la lulte, et que leur confiance s'étendaient par sa durée. On ne les vit reculer, sur aucun point, ni se rompre; jamais raudacieuse impétuosité des Ara* bes ne put réussir à les ébranler. Ce furent ces derniers, au contraire, dont Fardeiir se ralentissant p*ar degrés, ne leur laissa plus à la fin d'autre pensée» ni d'antre ressource peut-être que la retraite. Ils se retirèrent, combattant encore^ mais toujours vaincus; ils purent regagner leurs vaisseaux, mais en fugitifs, et au prix des plus rcif:rettables perles* Trois mille des leurs, laissés mourants sur la plage, furent d'assez éclatans témoignages de la constance des Sardes et de leur triomphe.

IV. Mais plus irrités que découragés par cette défaite, les Arabes abandonnant fa Sar daigne, n'abandonnaient pas néanmoins leur principale délermînatîonp Remontés sur la mer, Timpatiencede venger leurs perles, leur fit dédaigner le soin de les réparer/ et sans retourner aux côtes d'Espagne, ils cinglèrent aussitôt vers celles de Corse. Mais Burchart les avait devancés, et se tenait prêt. Sitôt qu'ils parurent, donnant le signal, il quitta le port et fît voile pour les aller assaillir. Eux, de leur côté, s'empressèrent, disposant leurs vaisseaux, leurs armes, leurs troupes, pour rengagement qu'ils n'avaient point dessein d'éviter.

Les deux partis se cherchant, la distance en

tti mS^rOlBE DES FBAMCS.

était d'aixiant abiegée; ils se reocoDlrèrent bien' t^ôi,c^ aussitôt se choquèrent. En un instant, ces tumultueuses ligues de vaiâ£;eaux se confoadii'^iitt çt, des deux floues ennemies, l'uniforme et cou* traire fureur qui les rapprochait, u*en laissait plus Yoir qu'une seule. Elles se séparèrent pouriaut, tuais après de nombreux efforts et un long ca^ nage; elles se quittèrent quand la victoire nétaot plus douteuse^ Tune n'eut plus le pouvoir de Té- ^endj^e^ l'autre n'eut plus lespoir de la ressaisir. Treize uavires étaient déjà aux mains des victorieux: le reste des vaincus, déployait ses voiles, et se fiant aux vents plus qu'à sou eranage, il fuyait. Cetaieut les Arabes qui subissaient une seconde Cois ceUe honte; c^étaient Burclxard et ses Francs^ qui avaient vaincu. La Corse était préservée» comme la Sai'd£tigne, et Tou put espérer enBn qaavertis par de si fréquentes et si ruineuses défaites^ les Arabes suspendraient, ^u moins pour un temps, leu?s çoui:se^ de mer et leurs inutiles diversions.

Y* La vraie guerre était en effet loin de là^ et mi un plus ï'icbç théâtre ; celle-ci, quoique menaçautei n'en était qu'à peine un faible ei passager incideDi, C'était en Espagne, et say le territoiie même dts Arabes, que se poursuivait^ entre les deux peupies, leur plus sérieuse ^ plus vive lutte- H y avait déjà près d'un^ année que la Navarre et même Pampelue avaient secoué le joug du Calife. Deineut:6r paisibles et indépend^aas, aux limi-

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tes dfi« ¥vmcs et 4^ Ipur» riy»u?, p'était pftipt i^i^ espép^içp qu'Us pugspm gfirdpr. J| ae ye^fait g^'^ çtipij^jr pu 4@ la sujétion des Maures ^t de leq|i yei^ge$u|Ç0, AU lie ToM^sauce de Chyles pt de 4i| prQ|^ctio|i, lU fvéiéimm^ h pi^QtQgtîpQ aomqQie pp dey^U ie ppé^pir» f* ]ew FpfeeUiou, quels qu'w fu»i spn| U but pl }» CSU18P, Q« 1^ çQuduîi^it qu'A clmn^ gpr 4e uaaîtep. (> fiifi toulf^fpi» pour l^i» Francg, UR impprMiul. a.QpFpi$^|i»«n|; 4e puissance, ^m^ Ipuf| armes y syrien» «upen^^pwtf ef p'é|Wf«itpw 9)te«i surtout qu'ils aspiraient à s'étendre.

YI. EupQupagé par 1^ $uiscès déjà obtcaïus û%m h Gmhm^r le rpî l^ows méditait d'eu ajouter dé nouyp»m^- l^^mïm9 /conquise appelait pt promet? tait d*a*3tFef cpuqqôtes ; on ne les pouvait pa» négtigpp. I^Qmantdpuo de sou Aquitaine avec la plua no(ul)peu3p ann^lp qu'il putçéuair» ce jeune roi fi*anr chit fafHlem^nt lea fj^méea^ dont les Arii>es ue di»? putaieul plu«l«!»F»^3$ige9« 6sEçelpuel'atteudait,yille amie k cpt^p hpiare, Da»i8 pprès laqweUe il u'y a?ait plu^ qu^ de» €i!9u«mH ; p*4t^ d»M]im que wm^ meuçerait ^n effe^ Tes^it^moo* Bar^ane pa^sét, Louis prit h di»9eiion .de TarJi^poe; il aFauç^t leutemj^^e^ »y$c prudence, poussant et dîspemant devant lui tout ee qui ueer^igoaitpas deratteudJ^e* tout ce qui osait entreprendre de X^m^m^ De TiM^r ragone, il se pwta »ur TprU>se, vi^^i ej bi#ïtnt sur s^ rpufe, s«Jri^am ina?w*W««BWn|L à ^ sûreté tpitfesles pbiMs foMîA^a qtt'i} d^Vftilil^Miier derr

lîlSTOmE DKS FRANCS.

rîèi*e !uL II coiilinuail, mais arrivé à Sainle-Colomhe, il clianj^eï^ ou (iluioi découvrit mieux ses desseins; divis;mt en ce moment son arrée, il en prit |)our lui la plus fort^ part^ et poursuivit avec elle ses niomemens sur Tortose. L'autre, moins nombreuse mais plus rapide, plus faible peui-être mais formée de troupes choisies ^ fut mise sous le commandement d'Isambart, d'Adhémar, de Bera, de Burrel, chefs renommés, et dut remonter l^bre pour surprendre ou détourner l'armée ennemie.

VIL Ils partirent, marchant avec célérité, mais 'toujours la nuit, et s^arrêlant, dès qu'elle cessait, dans le plus profond des forêts qui couvraient le fleuve. Leur marche ftil de six jours; le septième entîn, parvenus ^u confluent de la Cînca et de la Sègre, ils passèrent ces deux rivières et TEbre luimême à la nage, et se jetèrent, sans plus se cacher, dans cette fertile contrée oii rien jusqu'alors n'avait fait prévoir leur présence* Les progrès furent lapides d*abord et le ravage facile; ils pénétrèrent jusqu'à Rubec, ville importante qu'ils ruinèrent^ et dont les Arabes surpris n'osèrent leur disputer la possession* L'alarme croissait cependant et se répandait; on cessait de fuir, et Ton commençait de combaurc. De toute part, accouraient des hommes armés, soldats inexpérimenlés^ mais hardis* que les chefs du pays assemblaient et disciplioaient-

Le moment était venu, on ne pouvait plus poursuivre sans témérité* Les Francs donc cherchant

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