PEPIN-LE-BREF
L II y a un enchaînement nécessaire dans les entreprises humaines, et comme une logique d'action; qui s'en voudrait écarter manquerait le but, de même que, dans le discours, les déviations du raisonne* ment éloignent de la conséquence. Toute domination qui se forme reçoit, à son origine, un caractère propre et fatal, qui la domine elle-même, et qu'elle ne peut plus dépouiHer . Ëlle^est et demeure la vive et invariable expression des temps qui l'ont vue éclore; l'instrument à la fois et le témoignage des intérêts, des vérités, des erreurs qui l'ont servie, et qu'elle est tenue de servir. Il faut qu'ils changent pour qu'elle puisse changer; car elle est liée à eux bien plus étroitement qu'eux à elle. Ainsi donc qu'elle fiit formée^ elle doit durer, et ainsi qu'elle s'établit, s'affermir.
Pépin le savait , et il en donna, après tant d'autres^ un nouvel exemple. La réintégration du clergé, la protection de Rome, l'abandon des Lombards, l'expulsion des Arabes, l'assujétissement des peuples
germains, la spoliation de Griffon, l'humiliation du duc d'Aquitaine, tels avaient été les moyens, telles étaient les conditions de sa puissance. On avait vu déjà tout son règne avant qu'il le commençât : c'était de la guerre qu'était venue son élévation ; c'était à la guerre, à la même guerre, de la protéger; c'était en Italie, en Saxe, en Bavière, en Aquitaine, en Espagne qu'il s'était fait roi; c'était aux mêmes champs de iataille qu'il irait chercher la confirmation de ce titre.
II. Griffon de son côté, quoique fugitif, dépossédé, réduit à lui-même et à son droit pour toute espérance,ne se montrait ni moins persévérant que Pépin, ni moins docile aux exîgeances de sa funeste fortune. Ennemi actif, mais impuissant, de son frère, il ne pouvait devenir puissant qu'en lui suscitant d'autres ennemis. L'appui, d'ailleurs incertain, du nouveau duc d'Aquitaine, ne suffisait qu'à peine à sa sûreté; bien moins encore suffisait-il à son ambition. Mais les Bretons, toujours difficiles au joug, n'acceptaient qu'avec répugnance et menace celui de ce roi nouveau, que ne ledr imposaient point leurs traités. Griffon, attentif, eut bientôt pénétré ces dispositions, et il s'appliqua, non sans fruit, à les entretenir et à les étendre. Les Saxons à leur tour, peuple inquiet et toujours prompt à la guerre, s'agitaient au souvenir de leur dernière défaite, et prenaient peu de soins pour dissimuler leurs ressentimens. Ils ne pardonnaient ni le ravage des Vénèdes, ni Vincxo-
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rable dureté de Pepiii, ni le funeste sort de leur dernier prince. Anciens alliés de GrifTon^il était naturel d'espérer que Tattrait de leur propre vengeance les exciterait aisément à servir la sienne. Enfin les Lonlbards, moins retenus par leurs vieux traités avec les rois francs, qu'entraînés par l'assistance accordée à Zacharie, ne pouvaient manquer d'être favorables à toute entreprise qui préparerait des embarras 4 Pépin. Ennemis du Pape* devenu l'ami dé I^epin, ils devenaient naturellement les amis deis enneidois de ce prince.
m. Mais ces intérêts ne pouvaient lui être cachés^ non plus que les sollicitations, les encourageinens, les promesses. 11 mesurait le péril, et n^était pais si imprévoyant qu'il lui voulût laisser le temps de s'à&croître. Avant qu'on tài en mesure d'agir, il agit luimême ; avant que la ligue fût convenue, il la déconcertait déjà et la prévenait. Commençant par lès ennemis les plus proches, il fit marcher précipilaiiâment une grosse armée sur la Loire. En même temps, répétant l'exemple donné par son père, après la victoire de Rheims, il fît partbpour l'Aquitaine des envoyés, chargés d'annoncer aujeune duc qu'il fallait choisir, ou la guerre, et certainement sa mine, ou son salut et la paix , en livrant Gri£Ebn, ainsi que Eudes avait autrefois livré Childèric. Wai£re (ainsi se nommait le duc) hésitait. Tout dépouillé et désarmé qu'il était, Griffon, avec sa témérité, ses trames secrètes et ses titres, n'était point, pour lui-
même, un si méprisable et si faible appui. Il n'oubliait pas d'ailleurs de quelprixavait été payée à son aïeul la trahison prescrite par Charles-Mai*tel, et il y avaitpeu d'appai'ence que Pépin se montrât plus reconnaissant. La peur toutefois combattait et arrêtait ses re&s ; l'inégalité de la lutte le décourageait ; le danger d'être dépouillé lui-même, après sa dé£ûte, effaçai à ses yeux jusqu'à la honte de cette odieuse infidélité. On a dit plus : on a dit que de folles affections de femme avaient eu part à celte grande détermination, et que commeGriffon,trop flatté de plaireà la femme de Waifre, avait imprudemment abusé de l'hospitalité qu'on lui accordait, Waifi'c à son tour eut d'autant moins de répugnance à la violer.
IV. Il se soumit donc, et consentit aux dures conditions de Pépin : l'armée des Francs rétrograderait; l'Aquitaine ne serait pas envahie; Waifre continuerait de la gouverner; seulement Griffon, gage malheureux de celle paix douteuse cl fragile, serait arraché du dernier asile que lui eût laissé l'ambition de son frère. Mais de telles négociations, où la menace se mêle aux promesses, et l'impatience du terme au désir de leluder ou de le changer, de telles négociations se déguisent mal, et se révèlent d'ordinaire assez promptement par leurs débats mêmes et par les passions qu'ils excitent. Griffon, moins conliant qu'on ne l'avait espéré, soupçonnait déjà, et découvrit bientôt ces mystères. En môme temps qu'on se préparait à l'envelopper ci à le surprendie, il se
préparait lui-même, avec une grande prudence, à tromper Fattenle de ceux qui lui seraient envoyés. Tellement que le traité convenu et Theure arrivée, quand on croyait l'exécution infaillible et Griffon déjà prisonnier, ce prince disparaissait subitement, et comme par un prodige, sous la main même de ses ennemis.
V. Waifipe, quelque soupçon qu'on en eût, n'avait point favorisé Févasion de son hôte, et n'était resté, au contraire, que trop fidèle à son infidélité. Pépin le crut, et quoique trompé dans sa principale espérance , satisfait d'avoir ôté l'alliance , l'armée les trésors de l'Aquitaine à son fi^ère, il consentit à épargner, au moins pour un temps , ces provinces , et porta ailleurs ses premiers efforts. Au lieu de franchir la Loire, il la descendit; et, tournant aussitôt vers le pays des Bretons, il alla , les armes en main , leur arracher ces soumissions et cette reconnaissance de son droit , qu'ils lui disputaient. Ce ne fut point une expédition glorieuse, ni même de longue durée : les Bretons , plus dangereux dans l'attaque, qu'habiles et persévérans dans la défense, résistèrent faiblement à cette irruption qu'ils n'attendaient pas. Vannes, assaillie parles Francs, fut emportée avec une étonnante promptitude. Le comte des Bretons s'eflfraya, et, désespérant de la guerre, il cessa bientôt de refuser à Pépin, et les hommages et les tributs promis aux rois de l'ancienne race.
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YL Pendant ce temps, d'autres succès, plusfadles encore et non moins heureux, attestaient et étendaient, vers les Pyrénées, la redoutable puisnnce de ce prince. Un homme de la nation des Goths, après que les Sarrasins eurent été défaits m la Bèze, avait conçu la généreuse espérance de râablir, aux confins du Languedoc et de la Provence, quelque simulacre de Tancien royaume de Rodéric. Relevant les ruines des villes brûlées pai* Charles-Martel, Agde, Béziers, Nîmes elle-même, semblèrent quelque temps, dans ses mains, destinées à recommencer en effet Tempire des Goths. Hais ces premières tentatives menées à fin, les obstacles se multiplièrent, et bien loin de multiplier ses progrès, Âusimonde (ainsi se nommait le chef de cette entreprise), fut enfin réduit à douter s'il pourrait défendre longtemps, contre les Arabes, Tétroit territoire qu'il leur avait d'abord enlevé. Trop faible pour un tel dessein, maintenant que les Francs, respectant la paix, cessaient de détourner Fattention de ce peuple, il délibéra, ne pouvant garder à la fois son indépendance et sa conquête, de sacrifier l'une à l'autre, et de prendre un maître de peur de tout perdre.
n n'avait de choix qu'entre les Sarrasins et les Francs, ou plutôt il n'y avait pour lui ni doute , ni àoix; car les Sarrasins offensés, ne lui eussent vraisemblablement pas laissé leurs dépouilles. Il se tourna donc, comme il était naturel , vers Pépin , et
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lui proposa, s'il lui voulait conserver la possession doses villes, de raccepter en échange pour souverain* Pépin consentit, et ne songea guère à disputer sur les conditions; car elles étaient peu rigouieuses pour une acquisition si considérable, et Ton eut difficilement trouvé pour cette frontière un duc plus intéressé à ne la pas laisser envahir par les Sarrasins*
YIL Ceux-ci menacèrent; mais pour toute réponse. Pépin envoya assiéger Narbonne, ville puissante, et qui fut réduite à chercher quelque gloire dans les retards de sa chute. La discorde d'ailleurs désolait cette valeureuse nation, et lui eût difficilement permis de tenter une si douteuse vengeance. Ses émirs, rivaux de puissance autant que de gloire, s'indignaient tous d'obéir, et se préparaient à l'envi des dominations séparées et indépendantes. Entre autres Soliman, qui commandait dans la Catalogne. Mais, trop faible pour réussir sans appui , et n'en voulant demander ni accepter chez les siens, cet émir, forcé de soufifrir une autorité supérieure, trouva moins fâcheux pour sou orgueil et moins dangereux pour son ambition , d'en accepter une éloignée, dont il obtiendrait la protection, sans avoir à craindre ses exigeanoes. Ce Sarrasin donc, chose prodigieuse, se fit sujet du roi franc, et sa trahison fut ménagée avec une telle prudence, qu'elle s'acheva sans opposition ; il avait suffi à Pépin de sa renommée : les Pyrénées s'é»
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taient abaissées devant lui; Barcelone lui obéis*
I sait.
Vin. Celte grandeur toutefois n'imposait point aux Saxons ;ragitation croissait au contraire , et do jour en jour, parmi eux. Les amas d'armes, lésassffiiblemcns dliommes, des incursions mêmes et des pillages avaient déjà trahi leurs desseins de guerret Gttrdeux intérêts graves et puissans se réunissaient poor les 7 porter : d'un côté la sujétion politique, qui révoltait leur courage; de l'autre un attachement obstiné pour l'idolâtrie, dont le zèle réfléchi dn Francs pi^tendait toujours leur persuader l'aiNoadon. L'esprit religieux s'aidait de l'intérêt politique, et la politique , des préjugés religieux; il y B&Biit pour les Saxons de deux libertés.
Pépin , qui retenu jusqu'alors par l'Aquitaine et par kl Bretagne, avait été dans l'impuissance de lès prévenir, délivré enfin des embarras qui le retardii^it, ne s'arrêta plus , et courut rapidement sur h Rhin , résolu, avant de tourner ses regards vers ritalie , d'assurer, par des triomphes nouveaux, la êéemité de «es provinces germaines. Il amva, mivi d'une puissante armée, et n'eut d'abord que pm de peine à refouler sur leurs terres les troupes saxones, qui s'étaient avancées au-delà^ Mais quand Si eut passé lui-même leur frantière, ce fut alors que les difficultés devinrent sérieuses, et la résis- Qmce digne du peuple vaillant qui la soutenait. U y eut de nombreux combats, tous acharnés, et où
la victoire, chèrement payée, laissait des regrets, même à ceux dont elle favorisait les efforts. Les Francs n'avançaient qu'affaiblis ; les Saxons ne reculaient qu'accablés ; on ne marchait que sur les cadavres et sur les ruines.
On marchait pourtant, et Pépin, que les périls ne rebutaient pas, atteignit enfin, à force de persévérance et de sacrifices, les bords du Weser.D avait vaincu, tué, ravagé , il entraînait avec lui un butin immense et d'innombrables troupes de captifs; le peuple saxon, après ces désastres, ne pouvait même j plus combattre, si ce n'est pour achever de périr, f n céda, et Pépin, que d'autres intérêts rappelaienti leur vendit la paix. Des sermons , des otages, des augmentations de tribut, l'engagement de souffrir les prédications du chiistianisme , en furent les conditions ; conditions pesantes pour eux, principalement la dernière , car leur éloignement pour le nouveau culte était resté si profond , que tout récemment encore, et presque à la vue de Pépin, ils avaient massacré l'évêque de Cologne, Hildegaire»
IX. Mais cette expédition, rendue si dangereuse par le courage désespéré des Saxons , avait eu encore d'autres dangers. Ni les Bretons, il est vrai, ni les Aquitains, n'avaient violé leurs promesses, et n'avaient osé profiter de l'éloignement de Pépin. Griffon toutefois, plus hardi, ne négligea point cette occasion, la seule peut-être qu'il dût encore espérer. D s'était jusque-là fort habilement dérobé aux
recherches du duc d'Aquitaine et du roi franc, ci quand on se mit en marche pour la Germanie, sa retraite, ses desseins, son sort , étaient toujours ignorés. Mais à peine l'armée se fût-elle engagée dans la Saxe, que tout aussitôt ce prince parut, et l'on ap-^ prit en un même jour, qu'il vivait, qu'il était libre, qu'il s'avançait en maître et en ennemi , qu'une assez forte troupe de soldats lui obéissait.
Pépin , quand ces nouvelles lui eurent été apportées, eut bientôt pénétré où tendait cette audacieuse entreprise. Il n'y avait plus d'appui pour son frère ni dans l'Austrasîe , ni dans la Bavière , ni dans l'Aquitaine, ni dans la Bretagne; il n'en pouvait attendre que des Lombards. Ce serait donc vers les Alpes qu'il voudrait aller; ce serait à leur passage, qu'il faudrait l'atteindre.
Ce plan arrêté. Pépin adressa promptement des instructions au comte Théodoin , qui commandait à Vienne, et au comte Frédérik, qui gouvernait la Bourgogne transjurane. Ceux-ci obéirent, levèrent des troupes, unirent leurs forces, et marchèrent sans délibérer, pour s'opposer à Griffon, Il en arriva ce qu'avait prévu le roi Franc; son frère cherchait en effet la frontière de la Lombardie ; mais , parvenu dans la Maurienne, il y trouva les deux comtes, campés aux bords de l'Arva. Il fallait vaincre; il n'y avait point d'autre chemin, ni d'autre espérance. Griffon le jugea sans peine et n'en fut point ébranlé; si la force et le succès lui manquèrent, aiu moins eut-il le courage. Il combattit, ainsi que
l'exigeait sa fortune, ainsi qu'il appartenait à ceu:ft de son sang. Triste dérision du sort; il put se «poire victorieux un instant, car Frédérik et Théoèeln étaient tous deux tombés morts ; mais ils ne ftirent que trop tôt et trop bien vengés : frappé à moM à son tour, le prince tomba, et eut au moins le boiir heur de n'avoir pas vu sa défaite. Exemple novir veau de ces désaccords si fréquens entre les ïaé&^ nations de l'homme et les fatalités de sa vie.
On doit des regrets à ce généreux fils de GharlM Martel, même des louanges. Esprit vigilant, péli^ trant, réfléchi; ame hautaine, à qui rien ne pouvait suffire, que le commandement et la puissance } prince jaloux de son droit, mais comme il est bîen^ séant à un prince; téméraire, parce que toute choM lui était devenue périlleuse; hasardant beaucoup « parce qu'il avait beaucoup à prétendre, et ne pouvait rien sans le donner au hasard ; qui eut att moins cette précieuse vertu, de ne pas désespéref de soi-même, et s'il ne put lasser sa malheuredië fortune, en retour ne se lassa jamais d'elle; qaè Pépin, pour tout dire, eût moins redouté, s'il n'eftt pas en effet mérité de l'être (1).
(1) Qaelqo'on a bien voulu remarquer que je me plaisais à réhabiliter les réputations sacriflées. Oui certes ; les répotadons sacrifiées injustement. Je ne juge point sur la foi d'aa^af ^ màki sur le témoignage des faite. Qui a fait condamner GriffiNij fi 49 il'est la mauvaise issue de ses tentatives ; que lui a-(-41 ipafffifé pour qu'on le louât » si ce n'est d'avoir réussi? Qa*on pèse m3 droit» et qu'on voie s'il n'était pas légitime de le
!• Ainsi se développaient et se dénouaient les éyénemens , selon les calculs et les espérances du PoL Tout se taisait maintenant dans ce vaste empre, et nulle crainte, si Fou en devait concevoir, ne pouvait plus venir que du dehors et de loin. A peine roi , Pépin était déjà en un plein repos. Son règne, pour ainsi parler, était dans ses nmins ; aucnn embarras ne le pouvait troubler désormais, qu'il ne l'eût en quelque sorte choisi. Lltalie , cependant, continuait de languir dans la situation incertaine où l'avaient jetée les imprudences de Léon et de Constantin Copronyme , les vues ambitieuses du roi Luitprand , le courage et les espérances des papes Grégoire et Zacharie. Des changemens étaient survenus à Rome et chez les Lombards : les princes avaient changé ; la politique même avait essayé, un instant, d'autres directions. ftiLombardie, Rachis, qui avait occupé le trône wpis Luitpi*and, et sous le règne duquel la guerre eontre Rome et contre les Grecs n'avait été entretenue qu'avec une grande tiédeur, Rachis, lassé de r^er, se faisait moine et s'allait enfermer dans
Qq'od réfléchisse â rioférîorîté de ses ressources, et qu'on dise il pendit plas qu'il ne fit? Qa'a-t-il omis, qu'il eût pu tenter? (ya441 perdu faute de vigilance et de courage? Il eut de Tam- Uion? qui le nie; mais c'était l'ambition du sien. Singulier juge* Beat, de blâmer Tesprit remuant d'un prince | qui ne s'agitait fnpovr rwMfiw eo qu'on lui uTait pris !
Fabbaye du Mont-Cassin, avec Carloman. A sa place, Astolphe , son frère , ceignait la couronne ; prince entreprenant, artificieux, doué de constance, prompt à céder devant le péril, lent toutefois à abandonna ses desseins. A Rome mourait Zacharie ; après lui passait et mourait Etienne II, pontife qui eut à peine le temps de l'être, et dont la mêmc^ semaine vît Télection et les fimérailles. Celui^^i mwt» Etienne 10 succédait, prêtre vieilli, timide, hésitant , n'osant vouloir, craignant de résoudre , bien moins affermi que Zacharie et Grégoire, dans le dessein de rejeter le joug des empereurs grecs; bien moins résolu à préférer l'appui des rois Irancs.
XI. Astolphe , sitôt l'abdication de Rachis consommée, délibéra peu, et commença comme il convenait à ses intérêts et à son génie. H courut aux armes , ainsi que les Lombards l'en solli^^L talent. Ravenne, que Luitprand s'était ouverte |oi^: trefois par sa promptitude et ses artifices, étjrfÈ^' retombée un instant , par les irrésolutions de sot^ successeur, sous la domination des empereurs grecs ; Astolphe, pour premier essai de ses forces, choisit cette ville : il s'y porta, Tenveloppa, la près* sa, et en peu de jours la contraignit de se rendre. Eutychius, qui y prenait encore le titre d'Exarque, se trouva heureux qu'on lui eût laissé les moyens de fiiir. Avec Ravenne, tombèrent presque aussitôt toutes les autres villes de la Pentapol^^ et Rome