‹ Histoire des Francs (volume 3)Chapitre 22 sur 135 · LIVRE XIV (7,v · texte numérisé non relu

LIVRE XIV (7,v

exceptée, TËxarchat imiWv subissait le joug des Lombards.

liais ceux-ci, à qui les circonstances étaient favora- Ues, méprisant Constantin, craignant peu Etienne, rassurés contre Pépin par ses autres guerres, n'enteDdaient point que leur triomphe restât incomplet, et vainqueur des Grecs, ils en voulaient recueillir toute la puissance. Le Pape, au contraire, indépendant des Grecs, depuis leur défaite à Ravenne; indépendant de Pépin , par la réserve où 11 se maintenait envers lui, aspirait d'une volonté bien plus vive à demeurer indépendant des Lombards. Des trois dominations qu'il pouvait être contraint de fiûufGrir, celle-là, plus voisine, eût été aussi plus humiliante et plus rigoureuse. Il résistait donc courageusement aux exigeances, aux sommations, aux menaces, se prétendant l'égal des plus puissans princes, n'avouant de supérieurs que les empereurs, foutenant même cette supériorité e£Pacée depuis gpe ritalie avait cessé d'obéir aux Grecs. h Le roi lombard ne pouvait manquer de condamner les prétentions et l'orgueil d'Etienne; il lui était trop &cile de reconnaître de quelle importance il lerait pour lui de posséder Rome, et d'avoir en sa dépendance le chef vénéré du Christianisme. Aussi diSéra-t-il peu de joindre les actions aux menaces, eatimant le temps précieux, et ne voulant pas encounger par ses hésitations cette résistance. Des troupes donc entrèrent , par son ordre, dans le territoire 4a,Boi|i(^^^ recommencèrent les rapines et les vio-

tti. 7

lences dont Zacharie et Grégoire avaient autrefois tant souffert. Etienne doutait et temporisait; il éûi Toulu se préserver par ses propres forces, et né pouvait se résoudre à chei*cher des appuis qu'on lui ferait trop chèrement acheter. Invoquer lès Green» c'était perdre le fruit de la sagesse passée; im{>Ioftl' les Francs, ce n'était guère que changer de miiltre. Etienne préférant, et avec raison , des soiurlissionij passagères, voulut essayer s'il ne pourrait pas, avëtf elles, désarmer Astolphe. Il lui envoya le diaci^ Paul, qui était son frère. Celui-ci, chargé de présent!, alla h Pavie^ émut et tenta la cupidité et la |nété dé^ Lombards; re{)résenta Rome libre et souveràidtf par la religion ; dit, avec chaleuf, quel crime ce serait que de l'abaisser, et, avec menace, quelle îtîiprudence que de la réduire à solliciter, comme on l'avait déjà vu, les secours des rois étrangers; if corrompit, séduisit, épouvanta, triompha. Une con^ vention fut arrachée à l'ambition et à l'avarice d'As« tolphe; il n'était question que d'une trêve, mais (ffà devait durer quarante ans ; on n'a pas dit de qud prix Etienne en paya la promesse.

XII. Il est à peine incertain si , lorsqu'Astolphef ht fit , il n'avait pas déjà résolu de la violer. Quatre mdiâ passèrent, au lieti des quarante ans convenus, et eé dérisoire délai expiré, les Lombards reprirent i comme auparavant , leurs hicursions et leurs pA« lages.

Os ne reftisaieQt point la pàit t»pèn4iùt; biM

• lJAi\fe XiV (752-768). 9Î)

loin de là, i\i la proposaient : ils accepteràieiit uii irlbilt; ce tribut serait d'uii sDu d'or pour chaque habitadi ; lé territdîi'ë de Home et Rome elle-mêrfie se soumettaient à Fautorîté des princes lombards, à eë& coiidîtiotiS, setil but de la guerre, la guerre cessèrsiît ; ilome paierait docilement le prix d'uiie victoire ^1 n'aurait pas été remportée.

Cbéf d'un peuple riche et industrieux, mais trop peu noitibreux et itial exercé à la guerre, Etienne, irëduît aux seules arnles des faibles , se remit à négéciëi* et à supplier. Il adressa d'autres envoyés à Âdtoïpiie ; maïs ce prince, dédaignant leurs supplications, ne leur perinit même pas de rentrer à Rome. Tôlit âë perdait, et Etienne, ébranlé enfin dans ses espérances, commençait à voir qu'on n'avait point thaùdué dé IJrudèiice avait lui, comme il l'avait cru. t'Offce de revenir au système qu'il avait d'abord côndatiîiné, il rie le reprit toutefois qti'avefc défiance, et iie IsdsSa paiâ de à*eh ëfcarter, hiême en le suivant. (|u*îl ûé pât vaincre hî apaiser les Lombards, il fen iivâît M là péùîblé épreuve; que là nécessité l'oblî- ^i S sriblr lès dégoûts et Ite darigers d'une proiétûdù^ il né f osait plui^ mettre en doute. Mais celle Aèk France, ^lus puissante, lui paraissait aussi plus dangereuse; fl à'én eflBrayàit. Il s'eflBrayait des chari- ^lùèàs trop étendus et trop durables qu'amènejidt ajî][iàrèminent lecTr intervention. D aima mieux ilètdtiriier àùl Grecs, et se flatta un instant que ce ^)teii|fle, ëmbarràsisé de sa guerre avec les Bulgares, késérë ziHët tfàsèttidant pué: iïtipt^et à

im lliSlVlM. UES FUANCS.

rambition ii'Astoli>he, sans qu'il eût loutefuis assez de forces réelles pour reprendre dans Romerauto rite qu il y exerçait avant l'hérésie de Léon,

XIILCe fui donc àConstantinopIe, autant qu'on le peut entrevoir, qu'il fit porter ses premières plain^ tes. L'empereur satisfait ne négligea point l'occasion; mais au lieu des soldats qu'eût voulus Etienne, le secours qu'on lui accorda ne fut que d'un envoyé, qui ne portait lui-même que des ordres, Constantin faisait ordonner au Pape de n'agir désormais que selon ses conseils et sa volonic ; de ne plus rien prétendre d*Astolphe, si ce n'est que ce prince envoyât im ambassadeur à Conslantinople , où se conciBe^ raient tous les différends,

Etienne obéit, et ce qui étonnerait davantage, si

les délais que faisaient prévoir ces propositions

^eussent moins favorisé ses desseins^ le roi lombard

résista cette fois assez faiblement. Deux envoyés

[<s'en allèrent vers l'empereur : l'un poui* flatter ce

Lprînce et pour le tromper ; l'autre pour le désabuser,

[js'il était possible, et pour Fexciter à de promptes et

^décisives résolutions ; le premier, instrument actif

les artifices d'Astolphe ; le second , organe impuis^

sant des vœux et de la détresse du vieux Pape,

Il arriva ce qu'il était si facile de pressentir : les Grecs, qui n'avaient pas pu secourir Ravenne, poujvaient encore moins armer une Hotte pour l'envoyer au secours de Rome. Le temps s'écoulait , et nul événement favorable ne justifiait les hasardeuses

combinaisons d'Etienne. Sa position, déjà si embarrassée, devenait, au contraire, plus difficile et plus désastreuse; car Astolphe, pour qui les négodations de Constantinople étaient un moyen plutôt qu'un.obstacle , au lieu d'interrompre ou de ralentir ses attaques ne les poursuivait qu'avec plus de vivacité. Tl eût voulu que Rome cédât avant que les Grecs, s'ils en devaient embrasser la résolution , passent marcher à sa délivrance.

XIY. Éfîenne enfin vit dans quel péril il était , et de quelle illusion il s'était laissé abuser. Pressé des Lombards, négligé des Grecs, s'il ne voulait pas que le chef du christianisme, et avec lui le christianisme lui-même, devinssent sujets et comme esdaves d' Astolphe, il n'y avait qu'un nioyen, déjà révélé 9 déjà éprouvé par Zacharie et Grégoire, il fiHait renoncer à d'injurieuses répugnances, et se résigner à l'appui des Francs. La nécessité l'y condanmait; le pape vaincu se soumit : il écrivit à Pépin, lui peignit les malheurs de Rome, les dangers de la Religion, l'ambition des Lombards, les graves inconvéniens qu'il y aurait à souffinr que cette puissance, déjà si grande depuis la conquête de Rtyenne, s'étendit encore et enveloppât toute l'Ita- Be. n invoquait la commisération du roi franc, sa piélé, son intérêt même; et pour achever, rien ne pressant plus que de lui épargner le malheur de toniber au pouvoir de son ennemi, il demandait un

m HIS7OIBE pbS FU^DipS.

asile en France, et que pe princjS intervînt t^^n ç^^*^

y pût aller avec sûreté.

Pépin se félicjta, et Ton peut croire sans témérité qu'attentif aux événeipens d'Italie, pjus qu'il m consentait à le laisser voir, cette déiparche tardive ne prévenait point ses espérances. Sans perdre u^ «jeiil jour, il prit ouvertement des miespres lou^ co^fom^es aux désirs d'Ëtiepne. Un évêque ^ 1^]^ d'abord envoyé, chargé 4^ rafifer^^ir 4ai^ ?^ fé" centes résolutions, et de lui garantir l'aide et raffeôtion de Pépin. Bientôt suivit un message plus fayo^ r^ble encore et plus dédsif : c'était un jfpnde, cette fois, un militaire, et non plus un olerc, |eqj|e|i avait l'expresse mission de préparer le ^épaa^ du pape^ de le protéger, de rompre, sans ménagement, les obstacles que les Lombards lui susciteraient.

Quand les envoyés arrivèi*ent, Ronie é^it hkt qué^; cai* Astolphe, bien loin de se rsdentir 4^ ses desseins , s'y précipitait. Etienne s'était remibf ^ délibérer, embarrassé même pour sprtir de sa yijî^ Mais au même temps , et comme pour comjiMpmf encore plus les difficultés, revinrent de Constaf^ nople l'ancien négociateur de l'empereur g^ec, ^ )es deux agens de Pavie et de Rome, qui l'ayafea^ suiyi. Jîlien n'était conclu ; les derniers pressiesatjr mens du pontife se justifiaient : aucun secçur^ ^ cordé, aucune expédition préparée; ni prpteptigfi actuelle, ni foi*ce promise; il ne venait plus dejG((mstantinople, que des paroles et 4es volpnté^. Gp|UbB fois encore, comme la première, à ce pgpe m f^*

uyftpxjv (76.3-768). m

rïï et &U)leiQem ^ti^hé à Tobéissance des Grecs » à ce roi des Lombards, victorieux, menaçant, mal disposé à souffrii* des maîtres , Forgueil de Constantbi intimait ses ordres et notifiait ses résolutions, n était enjoint à Etienne d'aller lui-même, et ioicoQtinent, vers Âstolphe; d'annoncer à ce prince les conditions que prescrivait l'empereur; d'exiger de lui , sans plus de retard, l'abandon de Ra venue et des ;^utres villes de l'Ëxarcbat. A quel danger exposei*ait le refiis? point d'armée pour le faire craindre et prévoir; à peine ces vagues menaces (jonl on avait si bien éprouvé déjà l'impuissance.

JjG pape toutefois voulut obéir, soit qu'il se crût obligé à co dernier acte de condescendance envers les anciens maîtres de Rome, soit plutôt qu'il y trouvât un favorable prétexte pour se dérober à faiqcn.ée qui l'enveloppait, et se rapprocher des frontières de l'empire franc. Il fît (donc informer AstQlplji^ de son dessein d'avoir une entrevue avec lui. I^ prince lombard ne refusa point ; mais en même temps, donnant conseil pour conseil et ordre pour ordre, il envoya vers Etienne , le faisant exhorter à s'abstenir de son message, et à laisser en oubli les d^spires sommatiops de l'empereur grec. Le j^ipe s'inquiéta peu de ces conditions ou de ces menaces ;U partit, et arrivé à Pavie, £aiisant ainsi qn'fl Tavait résolu, il réduisit le roi des Lombards à qateodre publiquement de sa bouche l'impérieuse dédanitioB que lui adressait Constantin. A la vérité, tef envoyés d^ Pépin ne s'étaient pas séparés

d'Etienne, non plus que Fenvoyé grec. Excité par Fun, protégé des autres, il lui était moins dangereux d'exécuter sa promesse» et plus difficile delà négliger,

XV. Les ressentimens d'Astolphe n'en furent peut-être que plus violens : aussi rejetta-t-il avec une dédaigneuse hauteur toutes les prières du pape, aussi bien celles qu'il lui faisait pour lui-même, que celles qu'il lui faisait par Fordre des Grecs. < Raven- 1^ ne lui demeurait, FExarchat n'aurait point d'autre 3 mattre que lui; Rome savait à quelles conditions 3 elle pouvait s'épargner les malheurs du siège qui 3 la menaçait» Il ne restait plus qu'à dévoiler lé dessein mis en réserve jusqu'à ce moment, et tenu secret. Cette dernière tentative échouant, il n'y avait certainement qu'à choisir, ou de rentrer dans Rome et de tomber sous la domination des Lombards, ou de chei'cher un asile en France pour demeurer libre. Etienne n'hésita point cette fois; il ne prît conseil que de sa dignité et de l'intérêt de l'Église : renonçant aux Grecs, repoussant Astolphe, il se donna à Pépin.

Astolphe, quand cette résolution lui eut été déclarée, se laissa d'abord emporter à de grands éclats de colère. Mieux conseillé ensuite , par la réflexion, il essaya de capter les envoyés de Pépin , et de fléchir même les répugnances d'Etienne. « Les Lom- )» bards étaient de vieux alliés des Francs? En quelle D» occasion, depuis le temps de Contran, avaient-ils

> manqué aux traités? quand avaient-ils mis obsta- >cle aux guerres de Pépin et à ses conquêtes?

> Regrettait-il que les Grecs n'opprimassent plus

> lllalie? Disputerait-il à ceux qui les avaient expul-

> ses leur conquête? Maître de l'Exarchat, devaient-

> ils soufiTrir qu'on leur ôtât Rome, qui en dépen-

> dait? D'où venait la résistance d'Etienne? de son

> ambition? serait-elle mieux satisfaite sous la domi-

> nation des rois francs? De sa piété? la protection » d'un prince orthodoxe lui serait-elle plus fâcheuse

> que celle du prince hérétique auquel il obéissait?»

XVI. Il n'était plus temps : Etienne ne voulut rien écouter, et les envoyés de Pépin ne l'auraient pas pu. Qu'allait faire Astolphe? retenir le pape; Eure violence au chef de l'Église; attenter à sa liberté dans Pavie, au mépris de son rang, de son caractère, du droit des nations, de la sauve-garde accordée? Quel motif au ressentiment de Pépin, quel prétexte à son ambition! SouflFrir l'exécution du projet? quelle humiliation , quel tort éprouvé, quel danger prochain! Quand le roi franc, négligeant une occasion si heureuse, réviserait la gueiTC aux sollicitations de son hôte, de combien, le chef de l'Église absent, la possession de Rome n'en serait-elle pas amoindrie; de combien, le chef de l'Élise en ses mains , l'ascendant de ce roi n'en serait-il pas augmenté? Qui pourrait d'ailleurs le détourner de la guerre, lui qui la sait ei qui Taime, lui qui aime cl sait exercer la puissance ?

10^ HISTlQiap DES FRA^f^ .

I)e ^px j^évm d'égale nature, le p)uus; êl^iffd e§t toujours le moindre : AstolphjB, enferqaé 4ans eçtta alternative fâcheuse, s'attacha, comme le cop90ijr' hiUhi prudence, au parti qui rejetait dans uniaYQpif* moins prochain , les chances d'injterYi^ntîoiï et de guerre. Interrogé une dernière fois, par ËUe^iiiÇy is'il laissait au chef de l'Eglise la ^berté d'agir ^\on ses desseins : c Qu'il aille et qu'il f£t3se, répondit 1§ prince^ je ne retranche rien à sa liberté, et n'ai ui^jspuci de l'usage qu'il en voudra faii*et > jUs pgp^ entendant, s'applaudit, et Die laissa point à ce rojt le loisir de révoquer son consentement. Ses prépara^i^ l'arrêtèrent peu; il partit, et précipitant sa n^arche encore plus qu il n'avait hâté son dép^, soit qu'on ne lui eût point préparé d'emhi^cheSi comme il le craignait, soit qu'il les eût trompés par s^ dil^ence, il arriva bientôt et heureusement ait laç de Genève, dans le monastère de Saim-Maur rice,

XYII. A peine y était-il parvenu, Fulrad, a]bj>é de Saint-Denis, et le duc Rothald y coururent, envoyés par Pépin pour se réjouir avec lui de sa délivrance ; ensuite , et sitôt qu'il le sut par^i de ce monastère, ce fîit son fîls même que le roi franc fi^ aller au-devant de lui. La première entrevue d'Etienne et de Pépin fut à Pont-Yon, Ce prince « jaloux d'augmenter plus que d'affaiblir l'ipiportance (J'un événement si favorable , entoura d'uû éc|iat inusité la réception du pontife : il yipt à sa i*en*

LJVPJE Xiy (752-768)- \0'^

contre et 8'ayança plus i^'une lieue; ses fils, h peine eUe-même, un grand cortège de leudas le suivaient. <jiidques-uns ajoutent qu'au moment qu'ili? se furei^t joints, le roi descendit prdcipitammept de che- \al, sans vouloir spuffrir qu'Elienpe Tiniijât et répondit à sa courtoisie. Ils marchèrent ainsi, c^tron, le ^i to^jo^/'8 à pied, et le pape toujours empêcjié ^ $'y mettre. ]Pepin, dans ces témoignages ex^*|^ ms ^e respect ou de dé^pence, se proposait k Ift &i» 4e dissiper les derniers nuages qui troublai^n|l encore l'esprit incertain d']£tienqe, et de rehaii^sser aux yeux de ses Francs la puissance qui l'avait faî^

mil)'

Pe Pont^Yon on vint à Paris, et le pape, passant Q0ijr*e, alla s'établir dans labbaye de Saint-Denis, qui {pi avait été assignée pour résidence. Malheureiufement, il y fiit pris presque aiissitôt d'une maladie £[>rt grave, qui mit longtemps sa vie en 4^ger, et suspendit les délibérations déjàcommeiicées. Mais rhiver fini et la maladie cédant, le pape eiU bieptôt replis {es pensées qui {'avaient e^^cité à soii rpjage de France. U vint à Ghiersi, où Pépin était Vacp ^nips, et bii^ntôt s'ouvrit limportai^t consteU

(1) Cela est évident par les faits; mais il n'est pas iodifférent 4é mw c«pune«t on fen parlait dans ce temps. ¥tfy^ jdtMic èe |B'eif dit I^iohard , dans sa Vie de Gliarlemagne : < peiHBf|iiî'^ ^ mure du palais, avait été fait roi, par V autorité du pontife 'f&mnin, mbarat à Paris, etc .. Jusqu'à Childéric, déposa rasé, *et confiné dans un monastère , par l'ordre du pon^fis h» *main.»

OÙ devaient se résoudre de si nombreuses et si difficiles questions. Pépin romprait-il avec les Lom« bards , et s'engagerait-il dans une guerre d'Italie T Quel serait le sort de l'Exarchat après la victoire T Si les Francs l'occupaient, en quoi la condition du Pape serait-elle devenue meilleure? S'ils y renonçaient, à qui l'accorder? S'ils délaissaient leur conquête, quel prix auraient-ils pour tant de dangers et de sacrifices ? S'ils entraient seulement en Italie pour s'en retirer, que servirait au Pape une protection passagère, qui l'abandonnerait dès le lendemain au ressentiment du même ennemi?

Les embarras étaient de tous côtés fort considérables ; car, outre les difficultés naturelles de cette grande transaction, il en était survenu d'autres encore qui gênaient la volonté de Pépin , et l'obligeaient à beaucoup de ménagemens. Au premier bruit des projets de guerre, plusieurs des plus puissans d'entre les leudes avaient ouvertement déclaré leur improbation ; ils avaient même poussé les choses à ce point de menacer qu'ils se sépareraient du roi s'il persévérait, et ne le serviraient point dans cette entreprise. Les artifices et l'or du prince lombard n'avaient-ils eu aucune part à ces répugnances de guerre , si nouvelles pour les chefs des Francs T On le peut soupçonner; on ne peut le dire. L'exemple donné par Âgilulph, au temps de Chlotaire , avait peut^tre tenté l'émulation et les espérances d'Àstolphe.

LIVUE XIV t752.76tt). 109

XVIII. D'un autre eôtë Carlomân , reparaissant une dernière fois sur le théâtre du monde, était venu tout-à-coup prêter à cette résistance imprévue Fappui non moins imprévu de ses sollicitations et de ses conseils. Le roi lombard, effrayé de l'orage qui le menaçait, multipliait ses efforts pour le détourner. Gomme le monastère où s'était enfermé Garloman était sur les terres de sa dépendance, il en avait appelé l'abbé, et soit séduction ou menace , il ë1;ait parvenu à lui persuader d'enjoindre au prince devenu moine d'allgr coipbattre, auprès de son frère, les intérêts de Rome et de l'Église. L'abbé exécuta sa promesse ; le moine obéit à ses ordres : mais si ce fiit avec répugnance, comme le dînent quelques chroniqueurs, ou , comme d'autres l'affirment, avec empressement et conviction, il est malaisé de le découvrir; on ne sait bien exactement que le ifésnltat.

Toutes ces tentatives échouèrent; aussi bien celles des leudes ligués contre les desseins du roi franc, que celle du moine envoyé contre les volontés et les espérances du Pape. Garloman repartit, laissant Pépin mécontent, et montrant lui-même quelques déplaisirs. Parvenu à Vienne , il s'arrêta , ou on le retint dans l'abbaye de Sain^Benoît : lequel des deux? Je n'oserais prononcer entre tant de té- •moignages contraires. Mais six semaines à peine passées, il mourut, et l'on trouve chez quelques lûstoriens, que cette mort si soudaine avait été

1^0 Histomr DES francs.

hâtée par le poison. Si leurs suppositions étaient véritables, elles autoriseraient à penser que le bon accord des deux frères n'avait plus été si par&it depuis Tabdication du duc d'Austrasie^ et Ton serait promptement excité à chercher la cause de cçttç mésintelligence plutôt dans les intérêts offensés des enfans du duc, que dans la sûreté menacée du fqî des Lombards. Alors se lèverait le voile qui cou^ vr^it encore, sinon les motifs, au moins le but de l'abdication, lorsqu'elle se fit, et l'on se défendrait difficilement du soupçon que Pépin en étendait les effets plus loin qu'il n'avait été dans le dessein àe son frère. On raconte au reste, et le doute s'accrotl par cette équivoque coïncidence, que ce fut alor^, en ce même temps, aussitôt la mort de Carlomaa annoncée, qu'on vit ses fils, libres jusque-là, contraints de renoncer à la vie du monde, et de s'ensevelir dans un cloître. On prétend même qae le pape eut cette déférence pour l'ambition du roi franc, de présider lui-même au sacrifice des jeunes princes, comme pour le rendre plus irrévocable.

XIX. Etienne accordait parce qu'il avait obt^i^ Ses conférences de Chiersi étaient terminées; l'assemblée des Francs, convoquée selon l'usage de Pépin, dans les premiers jours du mois de mars3y avait consenti à la guerre; tout se préparait : squr^ lement, et comme pour remplir l'intervalle des préparatifs, on envoyait des ambassadeu|*s à À^ tolphe. Mais que lui allaient-ils apporter? Des me«

Page 1