LIVRE VI
de Paul Diacre (1). Belleforest adopte et développe ce récit {2). Nicolas Gilles enfin explique comment avait été préparé le poison (3). Ce fut dans leur bain , selon lui, que Childebert et Faileube trouvèrent la mort.
Si le crime est vrai , tout semble accuser Frédegonde. Son caractère , son intérêt , ses tentatives antérieures y n'autorisent que trop les soupçons ; le témoignage de Du Tillel (4) et de Mézerat leur donne à son tour quelque poids.
Cependant on a accusé aussi Brunehault ; mais ses accusateurs n'ont évidemment consulté que leurs prévention?. Ce sont Nicolas Gilles et Belleforest; le premier, qui se contente d'aflSrmer le crime ; le second, /qui en recherche et en combine les motifs. Selon lui , Childebert éloignait Brunehault des affaires; elle s'en vengea par le parricide : Faileube aurait eu la régence de ses jeunes fils ; elle y obvia par sa mort. Mais sur quels documens fondait son ré-, cit cet historien postérieur de neuf siècles à Févénement? Quelles traces a-t-il découvertes de cette profonde mésintelligence entre Brunehault et son fils (5)?
(1) Lib. 3) cap. 84-
(2} Grandes annales et Histoire générale de France, Belleforest écrivait dans le seizième siècle. Cet écrivain mérite peu de confiance.
(3) chroniques de France. Gilles était secrétaire de Louis XII ; il écri* vait dans le tfuinzième siècle. C'est encore un écrivain fort crédule, et qu'on ne peut suivre .
(4) Chronique abrégée des rois de France. Jean Du Tillet était évoque de IVleaux. Il écrivait dans le .seizième siècle.
(5} Belleforest cite pour preuve^ et c'est la seule^ les conseils que Gon-
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On sait au contraire , par les lettres du pape Gré<» goire, que Childebert montrait, jusque dans les temps les plus voisins de sa mort , une extrême déférence pour sa mère(l). Quel doute d ailleurs peut«on eon-» server, quand on se souvient que Chlotaire , qui fit mourir BrunehauU, et qui, dans Texcès de sa haide, lui imputa ealomnieusement plusieurs crimes dont elle était innocente, s'est abstenu cependant de lui attribuer celui-ci?
A mon avis, BrunehauU n^est point coupable , et il B^est pas certain que Frédegonde le soit. Tenons-nous en au simple récit de Frédegaire : Childebert mou* rut (2).
Le règne de Childebert fut heureux. Commencé sous les plus funestes auspices, il finit, après de nombreuses vicissitudes , par une étonnante prospérité. L'Auslrasîe accublée se releva, et, d*un extrême abaissement, atteignit à une extrême puissance. Chîlpéric bravé, Contran réconcilié, les Wisigoths désar-
tna <!oonft à CbîMebert, pend.mt In guerre contre GondoTald. l\ ne fait pas attention qu il sV<t écoulé onze années entre ces conseils et le crime dont il cherche rcxpitcation.
(i) «Saint Grégoire, pape, qncique pea auparavant le décès du fi's, » leur congratulait de la prospérité de leur royaume , provenant de To- » béissance que le fils portait à sa mère. . . Je ne vis jamais une igno- » rance si lourde, ni mcnterie si effrontée que cette cy eu une histoire.* (P«isqurer, Heehtrc,^ liv. lo, cfaap. ii.)
(a) Le silence de Fréde<^ire mérite d'autant plos (iMire itimarqué qa« ce chroniqueur est en général lrès>déf.ivoral»ie à Bruuehau!t.
J'ajouterai Topinion de Valois : Cùin vitham Piulum et ^imonum 8olos h^c scriberey et de veneho dubUare^ de veneficd autem nil di^ ttrty facile Brunichildem absoltfo.