LIVRE X
lëbreraîent par des meurtres. Cet homme , en qui le courage n^excluail pas toute prudence , la nécessité qui le pressait étant reconnue , s^humilia généreusement et se résigna. Il se sépara de son église, il quitta la ville , il essaya , pour seule vengeance , di'épargner à ses ennemis des dangers , des profanations et des homicides. Mais sa prévoyance et sa charité furent trompées. Son absence ne sudBsait pas pour le repos de ceux qu'il avait cru désarmer. Dès qu^ils eurent appris qu'il s^éloignait , ils le poursuivirent. Victor était sorti d'Autun comme lui, ils se mirent aussi sur ses traces. Bientôt ils l'eurent atteint, et il ne lui resta plus de ressource que dans son courage. Il l'épuisa , cette ressource extrême et désespérée ; il combattit valeureusement jusqu'à ce qu'accablé par le nombre il tomba, ainsi qu'avaient fait déjà la plupart des siens. Ceux qui allaient à la recherche de l'évéque ne manquèrent pas non plus à le rencontrer.. Us le ramenaient à Autun , lorsqu'un ordre leur fut apporté, qui leur prescrivait de le conduire, chose étrange, dans ce même monastère de Luxeuil où ses conseils avaient fait reléguer Ebrôïn. Quelques-uns essayèrent d'inspirer à Childéric le dessein de Ten retirer, de l'accuser solennellement devant un synode, de solliciter sa déposition , et même sa mort. Le roi , que ses penchans naturels n'inclinaient que trop à la violence , n'en repoussait point la proposition. Heureusement de plus sages avis prévalurent. L'abbé Hermenaire , a qui était confiée, depuis l'éloignement de l'évéque , l'administration de la ville et de l'église II. t7
d^Âutun , s^alla jeter aux pieds de ce prince « et le détourna de Timprudente entrepvise où on rengageait. Ainsi tombait h son tour la puissance dé la faction qui avait appelé Cbildéric en Neuslrie. Une troisième fac^ tion^ soumise aux leudes d'Austrasie, allait désormais dominer le gouvernement.