LIVRE X (G
ceux qui y étaient envoyés. La défense n elail plus possible. Le feu même , lancé par les assaillans , s^attachait déjà à quelques parties de la ville, et menaçait de la dévorer. Elle allait périr, et tout ce peuple avec elle. En ce moment , prenant une résolution telle que Tavaient fait prévoir ses paroles, l'intrépide évêque se dévoua. Il ordonne qu'on ouvre les portes ; il va , il sort , il avance ; il se remet au pouvoir de ses ennemis. Ils ne démentirent point leurs menaces; les barbares lui arrachèrent les yeux. On ditqu!ils ne purent lasser son courage, et que , pendant le supplice , au lieu de gémissemens et de plaintes, il chantait les psaumes , et gloriGait Dieu.
Depuis ce jour, qui l'aurait pu croire? les projets d'Ëbroïn parurent changer. Maintenant que l'évêque était dans ses niains,qui pourrait empêcher queThéodoric y tombât? Quel besoin avait-il, tout-puissant désormais, d'une révolution plus complète? Pourquoi en courir les hasards ? Pour quel motif s'obstiner à cette inutile substitution de prince, où il n^y avait plus que des périls? Que lui importait, pourvu qu'il fût maitre, au nom de quel roi? Abandonner Chlovis III lui étaitil plus difficile que de l'élever? N "était-il pas assuré de Taveugle docilité de sa faction? Ne serait-ce pas un moyen de conciliation avec les débris de la faction ennemie, s'il consentait à la conservation de Théodoric?
Telles furent les nouvelles combinaisons d'Ëbroïn , et telle fut aussi la nouvelle direction que prirent les événemens. Le faux Chlovis disparut; Théodoric, resté sans appui , racheta son trône au prix qu'y mit
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Ebroîn ; celui-ci , resté sans rival , accorda le trône au prince qui lui promettait le plus d'avantage et de sûreté. Pour la seconde fois , il devenait maire du palais ; mais sans autre élection maintenant que celle de sa volonté, de ses succès, de ses crimes.