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CHAPITRE VII

BATAILLE DE TESTRI (687).

Ce que les desseins de ce duc avaient d excessif et de téméraire , il le corrigeait dans l'exécution à force de tempéramens et d^habilelé. Le but , qui eût passe sa puissance , s'abaissait devant sa sagesse. Les progrès étaient mesurés ; le terme seul était douteux et lointain. Déterminé à saisir Toccasion qui s'offrait à lui , Pépin cependant ne se laissa pas emporter à Pimpatience des ennemis de Berthaire. Il commença, mais discrètement et sans violence ; il ne refusa ni ne différa sa médiation, mais il n'y voulut employer d^abord que les conseils et la plainte. 11 attendait, avant d'exiger et de menacer ; avant de prendre les armes , il souhaitait d'y cHrc contraint.

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. Sa première démarche fut donc d'envoyer des. ambassadeurs en Neustrie, Leur langage n'élail que de conciliation et de démence. « Qu'on souffrît le re- » tour des réfugiés ; que leur sûreté fût garantie ; qu'ils » recouvrassent leurs biens , injustement retenus. » Mais Berthaire n'avait garde d'accueillir ces propositions : son orgueil eût suffi pour l'en détourner ; son intérêt le lui conseillait encore plus. Le temps en était passé ; il lui était plus facile désormais de pardonner que de l'être, « Que Pépin soit plus patient , » leur dit-il ; le temps n'est pas loin qu'il sera délivré » de ses hôtes. Il nous les veut renvoyer. C'est trop « de soin ; nous les irons prendre. »

Pépin , cette réponse entendue , s'en félicita. Nulle autre n'eût mieux répondu à ses vues. C'était maintenant que , menacé et bravé , il pourrait braver à son tour et frapper. On Teût blâmé et mal soutenu peutêtre pour l'agression ; pour la défense , il ne manquerait ni d'appuis , ni d'approbateurs. Jugeant donc le prétexte heureux pour engager les Austrasiens dans son entreprise , il convoqua leurs chefs et leur dit : « Avisez à ce qui convieut. Voici que Berthaire mar- » che sur les traces d'Ebroin et de Gislemar. Son op- » pression pèse à la Neustrie. Le peuple se lasse ; les » leudes s'indignent et nous sollicitent. A nous, qui » ne lui envoyions que des paroles de paix, il ne nous » répond que par des dédains et par des menaces, o N'approuve^-vous pas , puisqu'il nous promet la » guerre, qu'au lieu de l'attendre, nous allions la lui » apporter? » Les suffrages furent unanimes ; aucune

ils ne laissèrent pas d'y chercher des auxiliaires et des protecteurs. Audéramne et Reule , et beaucoup d^autres encore , sollicitèrent Fappui de Pépin , et en même temps lui apportèrent le leur. L'heureux duc n avait nul besoin^ de provoquer la fortune ; c'était elle qui le provoquait. .Un traité se .fit; des engagemens furent pris ; les leudes armés contre Berthaire donnèrent et reçurent des otages; quelques parties du peuple même se soulevèrent; tout se préparait pour la prochaine domination de Pépin.

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