‹ Histoire des FrancsChapitre 142 sur 214 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

Austrasie. On voulait fonder des races de maires , comme on avait des races des. rois. Ansflède était de naissance noble ; elle possédait de grandes richesses ; son esprit avait de la force et de retendue ; la dignité de son âge ajoutait encore à Finfluence que lui donnait sa dextérité. £Ue n'avait parmi les siens que Ber-< thaire qu'elle pût proposer au roi et aux leudes. Elle ressaya, et , quoiqu'il s^y fut rencontré de nombreux obstacles , elle réussit.

Mais Berthaire , gendre d'Ansflédé , n'en avait ni la sagacité , ni la prudence. Il n'écouta pas long-temps les conseils de celle qui avait fait cependant son élévation. C'était un esprit sans intelligence et sans gravité , sans modération et sans modestie ; léger, présomptueux , irritable. Son élection avait été vivement disputée dans rassemblée des leudes ; il n'eut pas la sagesse de l'oublier. Ceux qui l'avaient le mieux secondé dans cette difGcite lutte, quand ils lui apportaient d'utiles avis , il ne savait ni les entendre , ni même le feindre. H arriva, chose rare, qu'après le succès le nombre (Je ses ennemis fut plus grand qu'avant de l'avoir obtenu.

Malheureusement Timprobation n'était pas oisive ; il se forma une imposante faction. Par une autre fatalité non moins déplorable , celte faction , quoique puissante, doutait d'elle-même et manquait de chef. L'exemple qu'avait donné Léodgar fut mal compris , et trop fidèlement imité.MIs tournèrent leurs regards vers l'Austrâsie, el quoi(|u'ils ne pussent plus deman^ der à ce royaume un prince de la vieille el royale race^

ils ne laissèrent pas d'y chercher des auxiliaires et des protecteurs. Audéramne et Reule , et beaucoup d'autres encore , sollicitèrent Fappui de Pépin , et en même temps lui apportèrent le leur. L'heureux duc n avait nul besoin^ de provoquer la fortune ; c^était elle qui le provoquait. .Un traité se .fit; des engagemens furent pris ; les leudes armés contre Berthaire donnèrent ' et reçurent des otages ; quelques parties du peuple même se soulevèrent; tout se préparait pour la prochaine domination de Pépin.

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