LIVRE VI (600). 2S
tendaient affranchis, par la mort de Childebert, du traité conclu avec ce prince; elle maintint et renou* Tela le trailé. Des difQculiés étaient soulevées par l'empereur grec et par les Lombards pour les, limiter
du royaume de Bourgogne en Italie; elle provoqua l'intervention du pape Grégoire, et les didicuUés s'aplanirent. En même temps, elle formait d'utiles relations avecles Saxons de la Grande-Bretagne; la couversion de ce peuple au christianisme en fut le moyen et le fruit.
Ethelbert était alors roi de Kent (!)• II avait épousé Berlhe , laquelle était Glle de l'ancien roi de Paffs , Charibert , et de sa première femme Ingoberge (2), Bcrthe , animée d'un zèle persévérant pour sa foi , l'avait toujours fidèlement professée, et souhaitait ardemment d'y convertir Elhelberl. Elle était habilement secondée dans ce dessein par Liudhard^ évéque de Soissons, qu'elle avait amené avec elie.au pays de Kent. Après de longues années d'exhortations et de patience, un moment vint où l'esprit du roi leur parut, sinon changé, au moins ébranlé. Le pape Grégoire eut avis des favorables dispositions de ce prince; il en voulut profiter. Ayant donc pris quelques moines de l'ordre de Saint-Benoit, il les envoya prêcher l'Ëvan-
(i) II avait de plus le titre de Crctwalda, c'est-à-dire, de rhef supérieur de rUeptarcliie. Les Nortbunibres seuls s'étaient soustraits à Sa dépendance. ^
Le titre et Tautorité de Bretwalda cessèrent en C'^o^ k là mort d'Oswio, roi des Northumbres.
(a) Grégoire de Tours, liv* 4 *^ ^7* 9*
jgile aux Sa:&ons. A leur tête était Augustin , abbé du monastère de Saint- André, de Rome. Ces missionnaires -prirent leur chemin à travers la France' , et Brunehault , excitée par son propre zèle , par sa politique, par les sollicitations de Grégoire, leur fournit d'abondans secours et de courageux auxiliaires. L'entreprise eut un plein succès (1) , et le pape reconnaissant avoua* < qu'après Dieu, c'était à Brune- T> hault que les Saxons étaient redevables de ce » bonheur (2). » ....
, Lqs choses donc se maintinrent paisiblement durant les premières années. Mais il se préparait des orage^s. Le fatal génie de Frédegonde lui survivait, et agitait sourdement l'Austrasie. La faction qu'elle y avait si long-temps dirigée et entretenue reprenait par degrés sa vieille jalousie et sa première ambition. La lutte entre Brunehault et les grands &e renouvelait. Ceux-ci, qui avaient disputé et conservé pendant tant d'années la régence du roi Childebert, ne souffraient pas sans dépit que celle de son 6Is fût échue à leur ennçmie. Landry d'ailleurs , maire du palais de Soissons -et conseiller de Chiotaîre, comme il l'avait été de Frédegonde, ne pouvait guère changer de système, et ne négligeait pas vraisemblablement d'échauffer ces rivalités. Rien n'importait davantage à la sûreté
(i) Augastio fut Tapôtre des Saxons de Kent ; Mellitas, des Est- .^zoDs; Pauliaus, des Nortbum^res ^ Birious,desWcst-Sazoos; WHfrid, des Saxons méridionaux; Félix, des Est-Angles. Dans l'espace de soixante ans, toote l'Angleterre devint chrétienne*
(a) Lett. du pape Grégoire, 39. . .