‹ Histoire des FrancsChapitre 154 sur 214 · UVRE XI (7U · texte numérisé non relu

UVRE XI (7U

ed efiet ^ ne se fit pas attendre long-lenrps. II ne sur- Técut à son fils que ce qu'fl fallut pour achever sa vengeance , et pour élever, en faveur des siens , les fragiles commencemens d'un ouvrage qui devait être changé de leurs propres mains.

11 mourait toutefois plein de jours, et de puissance, et de gloire. Son administration , ou plutôt son règne en Reiistrie , n'avait pas duré moins de vingt-sept ans, ât pas moins de trente-quatre en Austrasie. Quelles choses il avait tentées; quels obstacles il avait su* aplanir ; de quels combats il était revenu vainqueur ! 11 eut de faibles et imprudens ennemis; mais il en rencontra aussi d^actifs et d'habiles. Il abusa Warandon, et; défit Berthaire ; facile triomphe. Mais il ne céda , quoique vaincu , ni à Ebroïn , ni à Gislemar, et il subjugua les Suèves, les Allemands, les Frisons. Il se fit maître de F Austrasie malgré la Ncustrie, et de la Neustrie, à son tour, par TAuslrasie. Avec lui s^accomplit cette première occupation du puissant royaume de Metz, commencée vingt-six ans auparavant par le fils de Pepin-le-Vieux; avec lui commença, dans les deux autres royaumes, la seconde spoliation, achevée cinquante-cinq ans après par Pepin-le-Bref : puissante et colossale figure, placée entre les deux Toies de ces événemens extraordinaires* coitame pOùr ' les protéger Tune et Tautre et marquer le point o6 * elles s'unissent* C'est par lui que furent jetés les Yi^is fondemens de la grandeur de sa race ; par lui que se fit ce pas décisif et prodigieux d'une usurpation comme il ne s'en était jamais vu, lente et progressive, et pour

le succès de laquelle il fut besoin de trois générations de grands hommes et du laps d'un siècle. Ainsi fut le second des Pépin : heureux, il est vrai, mais de ce bonheur infaillible, que donne Thabilelé plus que le hasard ; patient , mais dé cette patience active dans son inertie , qui attend pour mieux recueillir, et diffère sans abandonner; courageux, mais de ce courage réfléchi et intelligent , qjii ose beaucoup parce qu'il comprend tout ce qui se peut. Sa fortune , que les conjonctures favorisèrent, le fut encore plus par sa profonde prudence. Il n'en a manqué quune fois , et quand la vie elle-même allait lui manquer.

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