‹ Histoire des FrancsChapitre 153 sur 214 · LIVRE XI C71i · texte numérisé non relu

LIVRE XI C71i

Grimoald, préoccupé de la même crai'nle, accourul. Ses eoDcmis y. attentifs h toutes ses actions, sm*ent bientôt ce qu^il avait résolu ; les meurtriers furent envoyés sur sa trace. La cité de Liég;e était voisine de la maison de Jupil. II y avait dans cette cité une basilique renommée , où se conservaient les précieuses reliques de saint Lambert, et où Tespôir d'obtenir la favorable protection du martyr attirait assidûment uo grand concours de fidèles. Grimoald , dont la foi religieuse était vive, allait- aussi prier au tombeau du saint , afin quil détournât de lui le malheur dont il se croyait menacé. Ce fut le lieu où lattcndirent ceux qui étaiept chargés de sa mort. Pendant que, prosterné sur lepavédeTéglise, il demandait, avec une pieuse ardeur, des jours plus nombreux pour son père, les siens s'achevaient. Ratilgaire , fidèle instrument de la trahison, le frappa de son épée, et le malheureux, priant encore , expira.

Mais les conjurés s'étaient trop fiés à la mort. Elle ne servit qu'à moitié leurs projets ; et , en les servant de la sorte, elle les ruina. Pépin, dont on avait cru l'heure venue, trompa ces calculs, et surmonta le mal dangereux où il devait succomber. Il se ranima pour sa vengeance , et pour des dispositions péiilleuses où la prudence fut moins écoutée que d'aveugles et téméraires passions. Tous ceux qu'il soupçonna d'avoir eu part au complot fatal qui l'avait privé de son fils furent poursuivis sans pitié. II le pouvait comme père; il le devait comme prince : on ne saurait

condamner ni ses ressenliaiens , ni sa justice. Mais il II. SI

ut HISTOIRE DES FHiLNCS.

y eut dd l'excès } et le désir trop iaifutiént de dittipei^ le paiii qui s^élevait contre sa famille Tentrauia h Aeê Violences mal justifiées , qui fortifièrent ce parti au lieu de Tanéantir*

En même temps ^ ne voulant rten céder même à 1* néc&ssité) même à la mort , il prétendit que ses pre^ mières résolutions subsistassent ^ comme s'il e^t eu encore Grimoald pour les accomplir. Il refusait d'ac-^ corder au crime commis , qu^il eût pu changer quel-: que chose à sa volonté et à sa puissance. M lavait ar-f rété, son successeur serait de son sang;. Celui que son affection appelait, et que Tâge et Texpérience avaient mûri) n'était plus : il importait peu. Il leur imposerait un enfant , ])ui!$qu'ils avaient osé Ty réduire; iis obéir raient au fils de son fils. Et Théodoaldy en effet , fui constitué maire du palais de Neustrie j et pour que rien de vulgaire ne se rencontrât dans cet étrange dessein , ce fut à une femme , à Taîeule de Tenfant , à PleetrUde, qu'il commit le soin d'exercer pour lui le périlleux pouvoir qu'il lui assignait^ Tout lui sein^ blait légitime et sage> pourvu que son autorité se per* pé tuât chez les sieniS',,et qu'il ne perdit pas le fruit de sa vie*

Il se voyait aisément, par le caractère hasardeux de cette entreprise , que si Torgueil de Pépin ne fiéchis* sait pas 9 quelques-unes au moins des plus nobles fa-* cuUés de son esprit perdaiient de leur force. Ce n'était plus sa modération d'autrefois, ni cette sagacité si habile à pénétrer l'avenir. On reconnaissait les pro^ grès de l'âge et la préoccupation de la mort. Sa mort^

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