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une entreprise déjà condamnée, et qui avait commencé par le meurtre et le sacrilège.
Tout s'acheva donc ainsi que Pepîn l'avait préparé. Le maire imposé, de sa volonté seule et sans le concours des leudes, à Dagobert et à la Meustrie, resta possesseur de ce grand pouvoir. Le droit d'hérédité y demeura substitué au droit d'élection. Une famille d'Auslrasie garda et sel* transmit, comme un patrimoine, ladministralion d'un Etat où elle était étrangère. Le roi continua de ne pas régner; le maire, impuissant encore à gouverner, ne gouverna point; Plectrude seule, les représentant tous deux, commanda. Un prince enfant, un maire enfant, pour chef réel une femme ; on vit cet étonnant spectacle chez le peuple franc ; on souffrit quelque temps ces étranges choses parmi les leudes, si fiers et si ambitieux, de la Neustrie.
L'Austrasîe elle-même n'y résista point. Car Plectrude, h qui la dignité restreinte de son pupille semblait prescrire des limites, ne les voulut point reconnaître. Maire seulement dans la Neustrie et dans la Bourgogne, on n'eût pas cru que l'autorité de Théodoald put être étendue au-delà; ni que l'ambition de celle qui n'avait de pouvoir que par lui, se dût trouver à lelroît dans ces deux royaumes. Ce fut néanmoins ce qui arriva. Les voeux immodérés, quoique réfléchis pourtant, de Plectrude, embrassaient toute la puissance que Pépin avait eue. Elle en jugeait l'union nécessaire à sa durée.
Son projet fut donc que Théodoald, succédant à la
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domination de son aïeul en Neustrie, par la di^nile de maire du palais, succédât aussi| avec son titre de duc, h la souveraineté qu'il avait usurpée en Austrasie. Les difficultés étaient graves; car Théodoald, pctil- ^Is seulement de Pépin, n*en était pas le seul héritier* Il y avait de plus Charles-Martei, et un frère de Charles, nommé Chiidebrand ; il y avait un fils de Drogon, qu'on nommait Ar^nould. Mais Arnould et Chiidebrand étaient en bas âge, et Plectrude, femme et prçsque reine, eut sacrifié malaisément ses ressentimens et sa politique aux droits du fils d'AIpaïde. Ces droits, cependant, quelque doute qu'on pût alléguer touchant la régularité du second mariage de Pépin, n'étaient pas tellement équivoques qu'il suffit d'en nier la force pour les effacer. Charles, d'ailleurs, parvenu k rage où le courage acquiert le plus d'énergie et d'activité, laissait entrevoir des inclinations peu favorables à l'oisiveté où l'on prétendait le réduire. Plectrude obvia à toutes ces difficultés par un acte prompt et hardi d'oppression et de prévoyancei Pendant qu'Alpâïde allait humblement cacher sa vieillesse dans un monastère, son fils, enlevé par spn inflexible ri<r vale, était conduit à Cologne, et y restait prisonnier.
Mais les temps les plus favorables passaient. Ces temps d'une élévation récente, où toutes chosea»lui sont rendues faciles par sa nouveauté, s'éloignaient insensiblement. Le souvenir des vieilles traditions se renouvelait chez les Francs et sollicitait leur orgueil. On s'apercevait enfin que ce n'était plus à Pépin