LIVRE XI (716). m
qu'on obéissait. ; on ^'encourageait contre cette femm^ hautaine, qui prétendait, »ans sa gloire, recoin*' •mencer sa domination. H y eut d'abord de faible^ complots, des essais timides^ des efforts impuissant et prématurés. Pleclrude, qui ne manquait ni de ré* solution ni de vigilance, triompha ^ans peine de ces premières agressions. Mais des leçons qu^ Pepim lui avait laissées, elle n'avait recueil!! que les dernièrest La trace des plus profitables s'était elîacée. Au lieu de punir seulement , elle se vengea ; au lieu de frapper avec discernement et modération, elle poursuivit in«» distinctement, et sans relâche comme sans merci} quand il lui fallait, ainsi qu'à tout pouvoir douteux et nouveau, dissimuler, concilier, apaiser, elle osa plus que n'eût dû tenter le pouvoir le mieux aflfermi et le plus juste. Elle força, comme malgré eus, ses en« nemis à comprendre que leur salut n'était que dans sa ruine.
Les haines s'aigrirent ; jes craintes se propagèrent ; le mécontentement devint général. Bientôt on vit se lever une armée contre Pleclrude, Elle résista d'aj-» bord, et sans trop de désavantage, avec les seuls se<eours de la Neusirie. Mais la révplie s'étendant lou-* jours, il fallut presqu'aqssitôt chercher autre pari d^ plus fidèles et plus désintéressés protecteurs. Des troupes nombreuses furent mandées de TÂustrasie, ' et l'on crut les temps revenus , de la première lutte d'Ebroïn et de Léodgar. Les Austrasjens ne rcncon^ Irèrent au commencement que de rares et faiblen objitaeles. Us avançaient, et en peu de temps ils cain"
paient déjà à Compicgne. Mais au même lieucaûapait aussi Tarmée des leudes soulevés contre la veuve de Pépin. Il n^y avait plus de progrès ni de retour possibles sans combattre. On combattit donc^ et avec la plus généreuse opiniâlreléi dans la forêt même de Cuise. Théodoald, malgré sa grande jeunesse, était au rang où sa dignité 1 appelait, et quoique inhabile encore aux devoirs du commandement, il remplissait du moins tous ceux du soldat. Le succès, vivemeiit disputé, fut long- temps douteux; le nombre des morts n'attestait que trop Tardeur et la durée des efforts contraires. Les Neustiûens toutefois, qu'un intérêt plus puissant animait à cette querelle, corn* battant pour eux-mêmes, combattirent aussi d'un courage plus ferme et plus soutenu. Il y eût eu pour eux, dans une défaite, d'autres malheurs que la honte. Ils s'en préservèrent à force de persévérance, et la victoire à la (in, lasse d'hésiter, se donna à eux. Quand le moment fut venu, tout changea soudainement dans celte valeureuse armée d'Austrasie. Plus de commandement, ni d'obéissance; plus de prévoyance, ni de jugement. JNuUe autre pensée que de fuir; aucun autre sentiment que la peur; d'inutiles troupes d'hommes timides, et pas un guerrier. Dans cette inexplicable confusion^ on ne songeait pas même à Théodoald. Oublié, délaissé, séparé des siens, il erra long-temps au hasard, ne sachant ni quels lieux seraient exempts de |)érils, ni quels amis laideraient à s'y dérober. 11 y réussit néanmoins; mais pour peu de temps ei sans fruit. Car la mort, qui Tépargoa