II
D'abord il lui écrivil , sollicitant, ses secours , retraçant les violences commises par le roi lombard^ justifiant les deux fugitifs , priant qu'une prompte el éclatante intervention délivrât les taures romaines des troupes qui les désolaient. Charles hésita». L'alliance avec les Lombards était profitable; il y avait d'anciens traités avec eux; il en avait même foroié de nouveaux; son fils Pépin avait été adopté par Luitprand; ré« cemment encore, lorsqu'après avoir soumis Avignon, il délibérait de tenter Texpédition de Narbonne , ce prince lui avait envoyé de ses troupes qui combatti-* rent avec lui dans la dernière bataille contre les Arabes. Charles d'ailleurs n'avait jamais embrassé qu'avec discrétion les intérêts de TEglise, et itavail peu de penchant à leur sacrifier l'affection d'un roi puissant et voisin.
Ces irrésolutions troublèrent . et déconcertèrent Grégoire. Mais voulant les vaincre, et nulle difficulté ne décourageant cet esprit patient et ferme, il fit voir ce qui ne s'était jamais vu , une solennelle ambassade envoyée de Rome avec appareil , pour négocier et solliciter chez les princes francs. C'était peu toutefois de cette démarche, de cette pompe, des présens mêmes , quoique abondans et précieux , qu'ajoutait Grégoire : les satisfactions de l'orgueil devaient avoir perdu de leur empire sur l'esprit dç Charles. Grégoire fit bien davantage : embrassant d'un même des • sein les deux intérêts de sa défense contre Luitprand. et contre Léon , confondant dsms une seule pensée Tex pulsion des Lombards et la grande révolution