‹ Histoire des FrancsChapitre 187 sur 214 · II · texte numérisé non relu

II

succédaient, de peur quHls ne s^obstinassent à mam* tenir son ouvrage. Ce furent, ainsi qu'il en avait été après Dagobert, des visions, des révélations ^ de merveilleux et lamentables récils. Seulement, comme Charles avait beaucoup pris sans rien accorder, et que Dagobert, après avoir pris à beaucoup, avait donné cependant h plusieurs , les fables s'étaient ai*rêtées pour celui-ci à une menace de damnation; mais pour l'autre elles allaient à la damnation même.

Qn racontait que Tévêque d'Orléans, Eucher, avait eu une vision. Un jour qu'il s'était mis en prières , et qu'il méditait , de toute l'attention de son esprit , les mystérieuses vérités de la loi chrétienne , un ange lui était apparu, qui, l'enlevant de la terre, l'avait conduit au plus profond des enfers. Charles était déjà, dans ce triste lieu, condamné à d'éternelles tortures. Et comme l'évèque eut demandé pourquoi de si terribles tourmens, l'ange répondit : « Parce qu'il a envahi la terre des Saints. » Euchçr , ajoutait-on, en avait fait le récit à Tévéque Boniface, et à Fuh ad qui était abbé de Saint-Denis et chapelain dje Pépin, proposant qu'on ouvrit le tombeau de 'Charles, et prophétisant qu'on n'y trouverait plus ses restes. On l'avait cru; on avait rompu les liens de fer qui scellaient le sépulcre, et il ne s'y était trouvé en effet qu'un serpent, avec de profondes traces de feu (1).

Cent seize ans après, l'impression de ces récits

(i) Frodoard, Hist. de V Eglise de Meims, liv. 3, ch. is.

Page 1