LIVRE XII (751-752). 4n
Pépin donc s'assit enfin sur le trône,' et ne craignît* plus, lui qui l'y avait élevé, d'ordonner à Childéric d'en descendre. Il n'y eut point d'obstacle, ni de résistance. Avec la même docilité qu'il avait autrefois reçu la couronne, ce malheureux prince accepta sa dégradation. Il se laissa consacrer au cloître, ainsi qu'il s'était laissé consacrer à la royauté. On lui coupa. sa chevelure de roi ; on lui ôla ses riches habits et ses armes ; on le couvrit de l'humble vêtement des moines ; on Feur ferma dans l'abbaye de Sithieu , où il ne tarda guère
à mourir. Quel autre sort pouyait espérer son fils?
On dégrada aussi cet enfant ; on dépouilla cette jeune
tête de la chevelure qui promettait les couronnes ;
il alla languir en Normandie , dans le monastère de
Fontenelle ; prince, pourtant , mais un jour à peine ,
et moine au berceau.
C'en était fait. La race de Mérovée avait disparu ;
celte grande et glorieuse destinée s'achevait. D'autres
V soone, et la rendre plus respectable aux peuple^ , etc. » (Dissertation sur V ancienne forme des sermer^s.)
Le testament de saint Rémi que Frodoard nous a conservé , et que l'abbé de Vertot croit authentique lui-même, puiqu'il s'en prévaut dans sa dissertation sur la Sainte- Ampoule, prouve l'inexactitude de cette assertion. Voyez la note de la page ^o du tome premier.
Daniel, qui est du même sentiment que Vertot, dit à son tour « que » c'est le premier sacre de roi , qui soit marqué dans noire histoire , par » des écrivains dignes de ioï.^^Hist. deuxième race^ Pépin.)
Grégoire de Tours cependant dit, comme saint Rémi et Frodoard, « que Ghlovis fut oint du Saint-Chrême.» (Liv. a.) Il le dit même de Brunehauit. (Liv. 4)
Pépin se fit sacrer de nouveau par le pape Etienne ; mais cet éviénenient qui eut lieu en 764 appartient à l'histoire de la seconde race.
races étaient suscitées pour faire fleurir à leur tour VEtat puissant que celle-ci Tenait de fonder. Le temps eût peut'-être moins hâté sa perte; mais il était trop bien secondé dans son œuTre, par les deux vices qui minaient profondément celte monarchie : la loi du partagée , et le fatal établissement des maires du palsds. Les chroniqueurs , adulateurs insensés des rois de leur temps , ont flétri du nom de Fain^ansles princes que ceux-ci avaient renversés. Repoussons cette méprisable flatterie. Op ne peut dire ce qu^eussent fkit les derniers descendans de Chlovts, eux qui depuis que Chilpéric eût été livré par Eudes à Charles^Martel^ n'eurent pas un seul joqr de vraie puissance et de liberté (1). Ils furent oisifs en effet , mais par oppression.
Ce qui doit le plus étonner dans cette race , n'est pas qu'elle soit tombée si tôt, mais si tard. Céqull faut admirer, c'est le long temps, les efforts pénibles, rétrange succession d'hommes habiles , qui ont été nécessaires pour étouffer dans le cœur des Francs Tamour de leurs premiers rois.
(i) Voyez la dissertatioo de Tabbé de Vertot, au sujet de noi derniers Toîs de la première race.
riN DB LA DEUXIÈME ÎSpOQUE ET OD DEDXI]È;MR VOLUME.
SSSSSfi