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par Tappûi qu'ils lui apportaient, et pqir les forces qu'ils retiraient à son ennemi. C'étaient à la fois les leudes de Bourgogne et ceux d'Austrasie : ceux-ci, dont Tancienne haine contre Brunehault s'était aigrie par lé dépit de leur dernière défaite ; ceux-là, qu'animait la crainte d'une plus longue . oppression , e( qui , fatigués de l'abaissement où les avait retenus cette reine pendant le régne de Théodoric, aspiraient impatiemment à recoilvrer leur indépendance et leur pouvoir.
Avec ces ressentimens divers, et en quelque sorte privés, des intérêts communs et des scrupules de même nature. D'un côté, le désir toujours contraire à celui des princes, de conserver la division des royaumes, a Serait-il satisfait avec Brunehault? Son insas tiable ardeur de domination s'y réduirait-elle? » Qu'en pouvaient-ils attendre de plus? Qu'une de 9 ces couronnes fût mise sur la tète du second fils de 9 Thcodoric. Mais Brunehault en déposerait-elle la » régence, et les deux royaumes cesseraient-ils d'être v réunis sous sa dure et inflexible domination? De » plus favorables conditions seraient acceptées par 9 Cblotaire, sinon pour diviser la souveraineté, au » moins pour séparer les gouvernemens. »
D'un autre côté, la naissance illégitime de Sigebert et de ses frères. Autrefois on se serait fait scrupule de leur contester l'héritage ; maintenant onVen faisait de le leur laisser. Le changement était déjà presque . complet dans les opinions; il ne restait plus qu'à le faire entrer dans la politique et dans le droit positif.
J^es évoques le favorisaient avec zèle; les grands » avçQ toute Tardeur de leur haine et de leur ambilion«
Il en était un en Bourgogne, à qui son office çt soii caractère donnaient un dangereux ascendant* On 1q nommail Warnachaire, et il était ipaire dq palais dans pç royaume. Ferme et habile, c'étaient ses vertus i perfide et ambitieux, c'étaient ses vices* En Au^trasie^ prédQtpinaien^ Arnould et Pepiq ; Pepip , Iç premier que nomme Tbistoire dans cette race destinée k upe ^\ baut^ fortune; tous deux puisssins, tous deu^ ^nl)§mis de Brunehault , et accrédités p^rmi les jeudis* La rçine toutefois ne montrait x\\ découragement , ni iQCçrtitude^ Tout ce qqi pouvait sq prévoir ftit prévu j tout ce qui pouvait être eptrepris fut çxéçuté^ • Son activité croissait à l'égal de se^ embarras e( de ses périls. A peine les preuiiére^ dispositions étaient-relles prises à Metz , qu'elle, se bâtait dVcourir à Wprms îtyeç Sigeberl, Placée m ce lleq aii centre des deux Au^lrasies gaulpise ^t germaine , ell^ y caquipapdîiit fivçc pliis dp promptitude^ et dç liberté , et plus r^p» procbée de^ provinces de l'autre riy§ du flbip t il lui était aussi plus facile de les retenir d^ns la somoisr sion. Poussant plus |oin li( prudence, elle résolut de ^'assurer encorp và\m^ la fidélité et l'appui dçs. Tburingiens. Elle leur eqvoya Siigebert. l^ais il fallait desi guides et ties conseiller^ à ce jeuQe prince, Qa Iqî donpa Alboin , serviteur fidèle , et Warnacbaire , qui déjà prepait des epgagepiiens avec le roi de Soissons. Aussi ce yqyage, %\ epporjuq en appi^reuce et si nécest
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saire, eut-il des résultais tout contraires h ceux qu'^n espérait Brunehault. Les peuples embrassaiept déj^ 9^ querelle, quoique faiblement et avec froideur, Les secrètes machinations de War^achaire les - eu eurçnl bientôt détachés.
On dit, pour excuser cettQ trahison , qu'elle ne fut qp'une sorte de rétribt^tion et de représailles Bruqer hault, s'il faut ajouter foi à un récit que les vrai-: semblances dérpentent, avait découvert les iptellir gences pratiquées entre le maire de Bourgogne ^\ Cblolaire. Irritée en même temps et épouvantée , ellç envoya à Âlboin une lettre où, racontant les coupable^ desseins de \Yarnachaire, e]}e ordonnait de le saisif à riqstant et de le tuer. Alboin, soit que ^^ fidéltié fO( déjà ipoins sûre ;. soit qu'il eût des doutes sur \^ Binr cérité des révélations faites à la reiqe; soit qu'il jugeâ| piqs sage de dissimuler, et trop dangereiix, dans l'état présent des affaire^ 1 de hasarder upe violence qui fournirait de qouveaiix prétextes aux mécontente? fnens des seigneurs; soit en6n que Warnachàire, rendu déSapt par son crime n^ême , évitât trop dilit gemment les embûches auxquelles il se sentait exposé, Alboin, ou ne put pas, ou ne voulut pas exécuter l'ordre décisif qu'on lui apportait. C'eût été peu \m^is par pue inconséquepce biizarre, voulant détruire la fatale lettre, il se contepta de la déchirer et d'en jeter négligemment les lambeaux. Up serviteur de Warnar chaire l'observait. Etopné de celle action d'Alboin, il recueillit les lambeaux, les rapprocha , et découvrit loul, Warpaçhaire alors , inforpié du sort que Ipi ré?
servait Brunehault, chercha son salut dans la' ruine de ceux qui avaient résota la sienne.
N'acceptons qu'avec déGance ces explications équîvoques que ne manquent guère de donner les traîtres après le succès de leurs trahisons. Le crime ne leur . suffît pas, profitable; ils le*veulent encore légitime et justifié. Ils crient au parjure en manquant de foi , et au meurtre les mains dégouttantes de sang. Fraude méprisable et vulgaire ! Warnachaire conserva jusqu'à la fin sa puissance ; on lui laissa le commandement dé l'armée ; il ne cessa pas un instant d'avoir en ses mains la fortune et la vie même de la race de Théodoric. Est-ce ainsi qu'eût fait Brunehault si, instruite de ses perfidies ; elle çût déjà porté contre lui un arrêt de mort ? Warnachaire a vendu ses maîtres : il a mérité l'infamie, et je l'y dévoue.
Déjà se révélaient les desseins et les espérances des factieux. Chlotaire, que sollicitaient Arnould et Pépin, se déterminait enfin à la guerre. Laissant la Bourgogne, où l'esprit de révolte se développait avec moins de rapidité , il marcha en Austrasie , et n'y trouvant que des auxiliaires au lieu d'ennemis, il arriva en peu de jours sur le territoire d'Andernach. Brunehault, voulant retarder ses progrès , essaya , à défaut d'armée, de l'arrêter par des négociations. Elle lui envoya deux ambassadeurs, le comte Herpon et Chadoin. Ceux-ci. donc lui vinrent demander la paix, lui représentant que ces terres étaient Thérilage des fils de Théodoric, et Texhortant avec de vives instances à s'en éloigner. Mais le prince niant les droits de Sige-