‹ Histoire des FrancsChapitre 40 sur 214 · LIVRÉ VI · texte numérisé non relu

LIVRÉ VI

bert et de ses frères , afiermi d^ailleurs dans son am-^ bitîon par le nombre toujours croissant dés leudea qui la secondaient : « Allez , leur dit-il, et rapportez » ceci à la reine : elle ne veut pas la guerre? J'y rc- » nonce. Elle prétend que je retourne à Soissons? J'y » consens. Si les chefs des Francs l'ordonnent ainsi, » j'y consens. Qu'ils se rassemblent et qu'ils jugent. » Quelle que soit leur décision , je fais serment de » l'exécuter. »

• Chlolaire ne se laissait pas abuser par les artifices de Brunehault; elle , à son tour, ne cédait pas à ceux de Chlotaire.. Au lieu du plaid, auquel il la conviait , elle assembla une armée. Tout ce qui lui restait de soldats en Austrasiç, elle l'appela, et l'entraîna avec elle dans l'ancien royaume de Théodoric. Ce fut là qu'elle réunit toutes ses ressources , n'osant plus se fier à la foi douteuse des peuples conquis, et s'abandonnant , pour dernière espérance , à la vieille fidélité de ses Bourguignons.

Mais Warnachaire revenait déjà de la Thuringe avec Sîgebert, et il rentrait en Bourgogne en même temps que la reine. A peine y était -il arrivé, les trames coupables s'étendirent et se fortifièrent. Il y eut d'activés correspondances et de mystérieuses réunions. On en vint au point de délibérer, dans un conseil de leudes et d'évéques , comment on ferait périr Brunehault et ses fils , et comment on livrerait la Bourgogne au roi de Soîssons. Pour dépouiller la race de Théodoric , Une fallait rien moins que l'e;s:terminer. Mais, dans ces grands trafics de royaumes.

uii meurtre n'arrête guère , et le marché ue i)e rompt pas pour un peu de sapg.

Les conditions étaient déjà faites. Chaque trahison aurait sa garantie et son prii^. Le patrice Aléthée , le 4uc Sigoald , le duc Roccon , le duc Ëudelân , le conr nétable Herpon , le comte (Vadon , et d^autres encore. On accédait au parti, mais en stipulant son salaire. Il se fai3aît un scrupuleux échange d'infâmes sermons; les uns jurant le parjure ; les autres , de Thonôrer et de le payer. On distribuait les richesses , les dignités, les cpmmandemens. Herpon serait duc, et gouverne* rait les provinces transjuranes, Radpn administrerait TAustraMCi et serait maire du palais. Warnachaire» plus utile encore , mais aussi plus ambitieux et plus prévoyant , aurait la Bourgogne, et la dignité de maire du palais deviendrait pour lui viagère et Irrévocable } concession funeste et où se marque et s'anppnce le déclin de Fautorité des rois frapc^.

Cependant Tarmée achevait de se réunir» et sjil en fallait juger par le nombre, e{le pouvait maintenant combattre et vaincre. Sigebert» ou plutôt Warnachaire , en prit le commandement. Ils se dirigèrent vers la Champagne, entrèrent sur le territoire de Châ* lops, et arrivèrent jusqu'aux bords de TAispe. Chlo<» t^ire , au premier bruit de ces mouvement 1 1^ îcni^a et se mit en marche. Beaucoup d'entre les leudes d^Austrasie avaient déjà passé dans son camp. Bientôt les armées se rencontrèrent, et Ton se prépara comme pour une sérieuse bataille, Les lignes se formaient ; 1^ colonnes s'ébranlaient et se déployaient ; les postos

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